24 heures du Mans 1970
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Les 24 heures du Mans 1970 furent la 38ème édition de la classique sarthoise. Elles se sont déroulées les 13 et 14 juin 1970 sur le tracé de 13 469 m.
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Contexte
Battu dans un "sprint final" l'année précédente, Porsche rêve d'une revanche qui se doit d'être incontestable.
Avec le retour officiel de Ferrari qui a décidé d'affronter Porsche dans la catégorie des sports (5 000 cm3), mais aussi une belle bataille en prototypes (3 000 cm3) opposant Matra, Alfa Romeo et Porsche (avec la 908), le championnat du monde s'est refait une belle santé.
Porsche a déjà remporté les 24 heures de Daytona en février avec le trio Pedro Rodriguez - Leo Kinnunen - Brian Redman. Ferrari a répliqué en mars avec la victoire de Ignazio Giunti - Nino Vaccarella lors des 12 heures de Sebring.
Porsche (avec ses 917 ou ses 908) remporte les cinq épreuves suivantes : 1000km de Brands-Hatch et de Monza, Targa Florio, puis les 1000km de Spa et du Nürburgring.
L'équipe Gulf-Wyer aligne ses deux équipages habituels (Siffert - Redman et Rodriguez - Kinnunen) sur des 917 à carrosserie courte avec, en soutien, une troisième (à moteur 4 500 cm3) pour Hobbs - Hailwood. Porsche Salzburg a choisi une version longue à pour son équipage de pointe (Elford - Ahrens) et une classique "courte" pour Herrmann - Attwood. Une autre 917L (4.5 l) arborant une décoration psychédélique, bien qu'engagée sous la bannière du Martini Racing Team pour Larrousse - Kauhsen bénéficie de toute l'attention de l'usine. Il n'en va pas de même pour la "K" (4,5 l) de Piper - van Lennep qui est elle une véritable 917 "privée". Annoncé un temps, l'équipage vedette Jackie Stewart-Steve McQueen sur une 917 brillera par son absence. Les assureurs de l'acteur étatsunien (2ème à Sebring avec Peter Revson) lui ont refusé l'autorisation de courir au Mans. On note d'ailleurs une Porsche 908/02 engagée pour les besoins du tournage du film Le Mans.
Ferrari effacerait ses défaites avec une victoire au Mans. Face à Porsche, elle possède l'avantage du nombre avec 11 modèles de 512S (V12 de 5 l). La Scuderia présente quatre voitures, dotées d'un capot arrière long pour Ickx - Schetty, Giunti - Vaccarella, Merzario - Regazzoni et Bell - Peterson. Elle peuvent bénéficier, en outre, du soutien de ses fidèles clients, comme la Scuderia Filipinetti qui aligne deux 512S "longues" pour Bonnier - Wisell et Parkes - Müller et une "courte" pour Giampiero Moretti - Corrado Manfredini. Le NART engage une "longue" pour Posey - Bucknum et l'Ecurie Francorchamps une autre pour de Hugues de Fierlandt - Alistair Walker.
Autre engagée en S5000, la Lola T70 du team VDS à moteur Chevrolet (Teddy Pilette - Gustave Gosselin) semble bien seule face à ces armadas.
En P3000, Matra présente sa nouvelle 660 pour Beltoise - Pescarolo et deux 650 pour Brabham - Cevert et Jabouille - Depailler animées par le V12 de F1 "dégonflé".
Alfa Romeo aligne quatre 33 à moteur V8 et carrosserie longue pour Courage - de Adamich, Stommelen - Galli, Gregory - Hezemans et Facetti - Zeccoli.
La catégorie prototype est riche aussi d'une Porsche 908 à carrosserie longue du Martini Racing (Linz - Marko), de la seule Ferrari 312P du NART (Parsons - Adamowicz), de deux Chevron B16 officielles (à moteur Cosworth ou BMW de 2 000cm3) et une, privée, à moteur rotatif Mazda, de la nouvelle Ligier JS1 (Ligier - Andruet) et d'anciennes Porsche (deux 910 et une 907).
En GT, les deux Chevrolet Corvette font face à une douzaine de Porsche 911 et une 914 à moteur 6 cylindres engagée par Sonauto pour Guy Chasseuil - Claude Ballot-Léna avec un soutien discret de l'usine.
Pour cette édition et dans un souci de sécurité, le circuit est équipé de rails de sécurité sur toute sa longueur. Les S du Tertre Rouge sont réaménagés et la procédure de départ est modifiée : si les voitures partent toujours en épi, elles le font désormais avec le pilote assis et sanglé à bord.
Les essais
Sans surprise, Vic Elford s'empare de la pole position en 3'19"08 (242,685 km/h), soit 3" de moins que la pole réalisé par Rolf Stommelen (sur une 917) en 1969. Derrière, la Ferrari d'Ignazio Giunti n'est qu'à 0"2 et précède dans l'ordre Jo Siffert, Arturo Merzario et Jacky Ickx.
La course
Dès le départ, Elford et Siffert s'envolent et distancent les Ferrari. Giunti disparaît très vite, moteur cassé après 7 tours.
Après quatre heures de course, la 917 de Rodriguez - Kinnunen abandonne sur problème moteur. Elford et Siffert bataillent quand averse violente s'abat sur le circuit. En quelques minutes, la course va être bouleverser par un accident qui élimine les trois Ferrari de Reine Wisell, Mike Parkes et Clay Regazzoni. Un tour plus tard c'est celle de Derek Bell qui abandonne après un problème de soupapes.
Après cinq heures, un semblant d'équilibre se rétablit avec l'accident mettant fin aux courses de la Porsche de David Hobbs et de l'Alfa Romeo de Carlo Facetti.
A la tombée de la nuit, la pluie redouble et l'hécatombe se poursuit. De nombreux accidents, mais aussi des problèmes moteurs qui déciment les Matra quasi simultanément et touchent aussi les Alfa.
Jacky Ickx, toujours à l'aise sous la pluie, remonte et pointe derrière Siffert. Malheureusement, à la 11ème heure et suite à une défaillance des freins, il sort au virage Ford, provocant le décès d'un commissaire.
Après l'abandon de Siffert (moteur cassé après 12 heures), les premiers rôles reviennent aux 917 privées de Herrmann - Attwood, Larrousse - Kauhsen et Lins - Marko qui devancent la Ferrari du NART.
La situation ne change plus jusqu'à l'arrivée qui ne voit passer que sept voitures classées et neuf autres non classées.
En GT, la victoire revient à la surprise générale à la 914/6 de Chasseuil - Ballot-Léna, qui réalise un véritable exploit en devançant la Porsche 911S de l'Ecurie Luxembourg, pourtant plus puissante.
Le classement
Victoire par catégorie
51 partants, 7 classés, 9 non classés pour distance insuffisante, 35 abandons.
Meilleur tour
Vic Elford (Porsche 917LH) en 3'21"00 soit 241,235 km/h








