Affaire Pilotes F1/FISA 1982

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En ce début de saison 1982, la FISA (Fédération Internationale du Sport Automobile), tout juste remis de sa querelle avec la FOCA (Formula One Constructor Association) grâce aux Accords de la Concorde, a décidé d'instituer une "super-licence". Celle-ci sera nécessaire aux pilotes, aux constructeurs et aux organisateurs de Grand Prix qui voudront participer au championnat. Rien de bien choquant jusque là.

Le problème est que cette "super-licence" comporte plusieurs articles dont deux (le n°1 et le n°5) déplaisent fortement aux pilotes.

  • l'article n°1 stipule que les pilotes doivent inscrire la date d'expiration de leur contrat avec leurs employeurs alors que la "super-licence" n'est délivrée que pour une saison
  • l'article n°5 stipule que les pilotes s'engagent à ne pas faire de tort aux intérêts matériels et moraux ou à l'image du championnat du monde de Formule 1

Cette "super-licence" est à signer avant le premier GP de la saison à Kyalami. Les pilotes décident dès lors de ne pas la signer et le vont savoir par l'intermédiaire de Didier Pironi, président du GPDA (Grand Prix Drivers Association).

Face à ce refus, la FISA ordonne aux pilotes de signer sinon leur équipe sera exclue du championnat. les pilotes s'exécutent puis le mardi 18 janvier, ils se réunissent et décident à l'unanimité de dedemander un aménagement du texte.

Le mercredi 19, la commission de la Formule 1 se réunit en présence de Didier Pironi qui ne pourra hélas faire entendre la voix des pilotes. La commission comprenant 12 membres, il fallait 9 voix aux pilotes pour gagner leur bataille. Un membre étant absent et trois membres de la FOCA ayant voté contre la demande des pilotes, la messe était dite.

Les pilotes ne se résignèrent pas et décidèrent de frapper psychologiquement le jeudi 20, juste avant les premiers essais libres. A 8h30, l'ensemble des 31 pilotes montèrent dans un autocar qui les conduit à un hôtel, le "Sunny Side", de Johannesbourg (à 30 kms de Kyalami) où ils s'enfermèrent dans une salle.

Didier Pironi retournit au circuit pour tenter de faire changer d'avis le président de la FISA, Jean-Marie Balestre, et le nouveau "pape" de la F1, Bernie Ecclestone. La réunion dure plus heure et le verdict tombe. La FISA suspend les 31 pilotes.... à vie.
Elle offre tout de même une porte de sortie, les pilotes qui se présenteront vendredi 21 entre 8h et 9h ne seront plus sanctionnés. Le chantage continue.

Les pilotes firent bien entendu une nouvelle fois bloc (sans quelques heurts verbaux car certains pilotes étaient menacés par leur directeur sportif) et aucun n'accepta cette soumission. Ils décidèrent même de rester tous ensemble et de passer la nuit dans l'hôtel de Johannesbourg. Ne manquait à l'appel que Jochen Mass qui rata le bus du jeudi matin et Teo Tabi qui craqua sous la pression de son directeur d'écurie Ted Toleman (il sera puni de sa "trahison" par son moteur qui explosera durant les essais).

Le vendredi 21 au matin, Niki Lauda annonça que Didier Pironi était une nouvelle fois allé au circuit afin de rencontrer les dirigeants de la F1. Les négociations avancèrent de sorte que les pilotes parvinrent à obtenir une accord verbal sur la réexamination des textes de cette "super-licence".

A 10h, les pilotes prirent part aux essais libres comme si de rien n'était, ils avaient gagné, pour l'instant, leur "putsh".

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