Alain Prost
Un article de WikiF1, l'encyclopédie libre du sport automobile et de la Formule 1.
Il voulait être footballeur, lui, le natif de Saint-Chamond, qui vibrait aux exploits des "Verts" de Saint Étienne. Son frère lui a transmis la passion du sport automobile. Il restera l'un des plus grands pilotes de l'histoire du sport automobile, l'une des plus grandes figures du sport français.
Alain Marie Pascal Prost est né le 24 Février 1955 à Lorette (France).
| Sommaire |
Biographie
Une révélation
Alain Prost s'installe pour la première fois au volant d'un kart de location à l'âge de 14 ans. La scène se passe à Antibes, alors qu'Alain y est en vacances avec ses parents. Il gagne la première course à laquelle il participe... d'une main : l'autre est en effet dans un plâtre ! Tout comme le Grand Prix de Monaco 1970 auquel il assista, cet évènement est un déclic pour le jeune garçon, mais le karting coûte cher, et, de toute façon, ses parents ne souhaitent pas qu'il s'y consacre. Cependant Alain persiste, et à 16 ans, toujours contre l'avis de ses parents, s'achète un kart d'occasion grâce à ses économies. Pendant une année, les résultats ne viennent pas comme il le souhaiterait, alors Alain s'achète un nouveau kart, neuf celui-ci. La réussite sera au rendez-vous.
La naissance d'un champion
A 17 ans, Prost abandonne le football et se met à penser à 100% au sport automobile. Il devient champion de France et d´Europe junior de karting. Son ascension est météorique : il écrase tout sur son passage. Champion de France de karting en 1974, il gagne sa place pour le Volant Elf qu'il remporte en 1976. Ce succès le conduit en Formule Renault, avant qu'il n'accède à la Formule 3 et 3 titres à la clé (deux français et un européen). Fin 1979, il est convié par McLaren à un premier essai en Formule 1. D'emblée, le ton est donné : Prost fait tomber les chronos et apporte un retour technique extrêmement complet à ses ingénieurs. Teddy Mayer, séduit, lui propose de débuter dès la fin de la saison. Fin stratège, Prost refuse, préférant reporter ses débuts à 1980, avec tout l'hiver pour peaufiner sa préparation. 1er Grand Prix en Argentine, et premier point, avec une sixième place à la clé. Mais la saison sera globalement frustrante pour Prost, au sein d'une écurie en bout de course. Il sera même victime de deux violents accidents dûs à des casses mécaniques : les seules blessures physiques de toute sa carrière. Qu'importe le peu de compétitivité de sa machine, l'important pour cette première saison dans le grand cirque de la F1 aura été de séduire les observateurs. Mission réussie : encore sous contrat pour 1981 avec McLaren, Prost profite des remous au sein du team et de la prise de pouvoir de Ron Dennis, pour dénoncer son contrat et partir chez Renault. Prost et Dennis, un premier rendez-vous manqué, mais l'histoire reste à écrire.
L'aventure Renault, entre espoirs et frustration
La Renault de 1981 est un peu tendre pour jouer le titre. Il faut attendre la mi-saison pour voir Prost enfin briller. Il remporte son premier GP à Dijon, grâce à l'interruption due à la pluie qui lui permet de chausser des gommes Michelin très tendres ; 50 autres victoires suivront dont deux en fin de saison.
Même scénario en 1982. Après un début de saison tonitruant, et notamment une victoire de toute beauté en Afrique du Sud, le Français est accablé par la malchance et les pannes en tout genre. Le pilote n'est pas non plus exempt de tous reproches, comme à Monaco, sous la pluie, où il se met dans le rail à quelques encablures de l'arrivée alors qu'il avait course gagné. Sa saison est aussi perturbée par ses rapports difficiles avec son équipier Arnoux. Au GP de France, sur le Circuit Paul Ricard, René Arnoux refuse de se plier à la stratégie d'équipe préétablie visant à favoriser Prost, mieux placé dans la course au titre. Gérard Larrousse, le directeur sportif de Renault, pourtant initiateur de cette stratégie ne défend pas Prost, lequel rue dans les brancards et ne parvient qu'à s'attirer les foudres d'une partie de l'opinion publique toute acquise à la cause du populaire "Néné" Arnoux. Prost et la France, ou l'histoire d'un amour impossible. Pour Prost, 1982 sera aussi le début d'une vraie psychose. Sous la pluie à Hockenheim, Prost ressent un violent choc à l'arrière et assiste abasourdi au décollage d'un bolide rouge au dessus de sa tète. Aveuglé par les projections d'eau, son compatriote, le pilote Ferrari Didier Pironi l'a heurté à haute vitesse, a littéralement décollé et ne peut que hurler de douleur dans les restes de son cockpit, les jambes broyées. A partir de ce jour, choqué par l'effroyable accident de son camarade, Prost détestera toujours la pluie.
En 1983, débarrassé d'Arnoux, Prost semble enfin avoir les coudées franches au sein de l'écurie française, et le turbo est enfin arrivé à maturité pour conquérir le titre. Las, en fin de saison, Prost ne résiste pas au retour fulgurant de Nelson Piquet et de sa Brabham au moteur BMW curieusement survitaminé. Alors que le titre lui semblait promis, Prost avait pourtant été le premier à pressentir la dangereuse torpeur dans laquelle se complaisait son équipe au moment d'aborder le sprint final. Il s'était notamment élevé contre une compagne publicitaire prématurée de la Régie, basée sur le thème "Une Entreprise derrière son Champion". Dans la défaite, l'écurie française se désagrège et Gérard Larrousse ne trouve rien de mieux à faire que de virer son pilote ! Un comble quand on sait que Prost est l'un des pilotes les mieux cotés du plateau. Mais Alain n'en a que faire : déjà, Ron Dennis, le directeur de McLaren qui vient de restructurer l'équipe avec l'appui du groupe Tag-Heuer, lui fait un pont d'or pour rejoindre Niki Lauda. Renault a tout perdu, Prost va tout gagner.
Les années McLaren
Bien que plus rapide que Lauda, Prost voit à nouveau le titre lui échapper... pour un demi-point seulement! Mais sur le podium d'Estoril, à coté de son triple champion du monde de coéquipier, Prost rayonne : l'avenir lui appartient, et il le sait. 1985 ne sera qu'une formalité pour Prost. Au volant de la McLaren-Tag-Porsche, meilleure machine du plateau, Prost prend rapidement le dessus sur ses adversaires, écrase son équipier Keke Rosberg et file vers son premier titre mondial. Rebelote en 1986, malgré l'opposition féroce des Williams-Honda de Nigel Mansell et de Nelson Piquet. Prost remporte un second titre dans les rues d'Adelaïde, au prix d'un final à suspense. Arrivé en Australie avec de maigres espoirs de titre, il croit tout perdre en début de course lorsqu'une crevaison l'oblige à un passage imprévu par les stands. Au prix d'une superbe remontée, il parvient à effectuer la jonction sur les Williams, ce qui ne lui permet néanmoins pas d'inquiéter Nigel Mansell, à qui il suffit de jouer placé pour s'assurer la couronne mondiale. Mais le destin va se charger de donner un petit coup de pouce à Prost. Mansell déchappe à pleine vitesse et doit abandonner, tandis que Piquet doit observer lui aussi un changement de pneus par mesure de sécurité. Prost en tête, il est virtuellement champion du monde, mais tremblera jusqu'au bout, sa jauge lui indiquant à tort que son réservoir d'essence est vide ! Sans doute le plus grand souvenir de sa carrière.
L'association de McLaren avec Porsche s'essouffle progressivement et la saison 1987 n'offre guère de satisfaction à Prost, si ce n'est une 28ème victoire en Grand Prix au Portugal sur le tracé d'Estoril. Le record historique (1973) de Jackie Stewart vient de tomber. Mais qu'importe la perte de titre mondial, aux yeux de tous, Prost apparaît comme le meilleur pilote de sa génération. Son style économe, son approche minutieuse des Grand Prix régalent ses ingénieurs. On lui donne le surnom de Professeur ; un surnom à double tranchant : derrière la marque de respect pour cet homme qui maîtrise son sujet à la perfection, on sent poindre le manque d'enthousiasme d'un public avide de sensations fortes et qui lui préfère la fougue d'un Mansell ou d'un Senna. Ayrton Senna, justement, le prochain défi du Professeur...
Prost-Senna, le choc des Titans
En 1988, McLaren s'associe avec Honda et accueille Senna aux côtés de Prost. Une formidable rivalité, dont le retentissement médiatique dépassera le strict cadre de la F1, va alors naître. Les deux meilleurs pilotes du monde côte à côte. D'un côté, Prost le froid calculateur ; de l'autre, Senna le mystique. Mais en commun, un même génie du pilotage, une même approche clinique de la F1. En 1988, Senna décroche le titre (... en marquant néanmoins moins de points que son équipier). Prost prend sa revanche en 1989, dans une ambiance de souffre. La rivalité entre les deux hommes a dépassé le cadre sportif suite au Grand Prix de Saint-Marin 1989 à Imola, au cours duquel Senna n'aurait pas respecté un pacte de non agression. A la bagarre sur la piste, somptueuse, le dimanche, se succèdent règlements de comptes et phrases assassines tout au long de la semaine par médias interposés. La rivalité fratricide trouve son épilogue dans la chicane de Suzuka pour l'avant-dernier GP de la saison au Japon, lorsqu'un accrochage entre les deux hommes donne le titre au Français. Parmi les succès marquants de Prost cette année-là, une victoire à Monza, devant des tifosi en liesse. Prost vient en effet d'annoncer qu'il quitte McLaren pour rejoindre la Scuderia Ferrari. Ce sera avec le numéro 1 sur son capot.
En 1990, la rivalité avec Senna se poursuit de plus belle. Une vraie fausse réconciliation orchestrée par Elf à Monza ne durera qu'un temps. A Suzuka, dès le départ, au prix d'une attaque kamikaze, Senna accroche volontairement Prost et récupère le titre mondial. Amertume de Prost vis à vis de son ancien équipier, vis à vis de la FIA qui laissera impunie la manœuvre suicidaire du Brésilien, et vis à vis de sa propre équipe, qui en ne donnant pas de consigne à son bouillant coéquipier Nigel Mansell, a privé Prost de points précieux à Estoril quelques semaines auparavant : la belle entente avec Cesare Fiorio, son directeur sportif, se fissure.
Une intersaison prometteuse semble effacer les blessures, mais le catastrophique début d'année 1991 réouvre les cicatrices. L'ambiance est à la guerre interne chez Ferrari : un classique au sein de la Scuderia. Prost obtient le limogeage de Fiorio, mais lui-même sera débarqué en fin de saison. Prost et Renault, Prost et Ferrari, deux histoires inachevées. Prost passe sa saison 1992 sur le bord des pistes, à préparer son retour. (en commentant les Gp pour TF1) Malgré un projet de piloter pour Ligier en devenant propriétaire du team. Il conduira la voiture en essai ,au Castelet. Malgré des essais concluant il renoncera à l'opération a quelques jours de l'ouverture du championat. Ce sera au volant d'une Williams-Renault, la meilleure voiture du plateau, avec un 4ème titre mondial à la clé. Un titre au parfum amer : Prost se présente comme l'éternel mal-aimé. A Monaco, pénalisé pour départ anticipé, Prost effectue une spectaculaire remontée dans le peloton. "Ce Prost, quel grand pilote!" s'exclame un observateur ; "Il faudrait qu'il le prouve" répond laconiquement Frank Williams, l'énigmatique directeur de l'écurie éponyme, et patron d'Alain. Prost a signé un contrat de 2 ans, mais la volonté non dissimulée de son employeur d'attirer Senna à ses côtés, ce qu'il perçoit comme une forme de désaveu, le blesse. Tout comme le blesse le conflit larvé qui l'oppose à la FIA, ou le peu d'entrain que manifestent les médias à son égard. "Vous vous rendez compte que cette saison, quand je suis rentré en salle de presse après une victoire, pas une seule fois je n'ai été applaudi". Déçu, Prost préfère s'arrêter. Sur un 4ème titre acquis à Estoril où il cède la victoire au jeune Michael Schumacher. 51 victoires pour l'un, deuxième pour l'autre. Un passage de témoin en somme... Prost monte sur le podium une dernière fois à Adelaïde, pour son ultime course. A ses côtés, le vainqueur du jour, Senna, lui offre une chaleureuse accolade. C'est la fin de l'une des plus palpitantes confrontations de l'histoire du sport (ils combattront une dernière fois à Bercy au volant de kart grâce à Philippe Streiff). A ce moment, Prost ignore que quelques mois plus tard, il commentera en direct la mort tragique de cet adversaire en qui il avait découvert un ami.
Prost Grand Prix, l'échec
Après une brève parenthèse en tant qu'essayeur de luxe pour le compte de McLaren, Prost rachète l'écurie Ligier qu'il rebaptise de son nom : une aventure porteuse d'espoirs, mais qui se termine par un cuisant échec et ne fait que creuser un peu plus le gouffre d'incompréhension entre Prost et son public. A la prometteuse saison 1997, qui a vu Olivier Panis pointer à la troisième place du championnat du monde des pilotes, succèdent trois saisons d'un partenariat houleux avec Peugeot, et sportivement très décevantes. La saison 2001 sera la dernière pour l'équipe française. Début 2002, Prost Grand Prix est contraint au dépôt de bilan faute d'avoir su fédérer de solides partenaires financiers autour de lui.
L'échec digéré, Alain Prost a de nouveau enfilé casque et combinaison. En compagnie de son vieil ami Hugues de Chaunac, Prost s'est lancé dans un défi aux antipodes de la F1, à savoir le Trophée Andros, compétition hivernale de courses sur glace à laquelle il participe depuis 2003.
Fiche Signalétique
- Français
- né le 24 Février 1955 à Lorette (France)
- Début en GP : Argentine 1980
- Dernier GP : Australie 1993
- Nombre de GP disputés : 199(3 non-participations)
- Meilleur résultat en course : victoire (51 fois)
- Meilleur résultat en qualifications : pole position (33 fois)
- Nombre de points marqués : 798,5
- Nombre de podiums : 106
- Nombre de meilleurs tours : 41
- marié, 2 fils (Nicolas et Sasha)
Carrière
Formule 1
- 1979 tests pour McLaren/Ford
- 1980 McLaren/Ford
- 1981 Renault
- 1982 Renault
- 1983 Renault
- 1984 McLaren/TAG Porsche
- 1985 McLaren/TAG Porsche
- 1986 McLaren/TAG Porsche
- 1987 McLaren/TAG Porsche
- 1988 McLaren/Honda
- 1989 McLaren/Honda
- 1990 Ferrari
- 1991 Ferrari
- 1992 tests pour Ligier/Renault
- 1993 Williams/Renault
- 1995 pilote-essayeur McLaren/Mercedes
- 1996 pilote-essayeur McLaren/Mercedes
- 1997 président de Prost
- 1998 président de Prost
- 1999 président de Prost
- 2000 président de Prost
- 2001 président de Prost
Sport Automobile
- 1973 CKarting Europe Junior (Champion), Karting France Junior (Champion)
- 1974 Karting France Formule A (Champion)
- 1975 ?
- 1976 Formule Renault France (Champion, 12 victoires), Volant Elf (Champion)
- 1977 Formule Renault Europe (Champion)
- 1978 Formule 3 France (Champion)
- 1979 Formule 3 Europe (Champion), Formule 3 France (Champion), Formule 1 (tests)
- 1980 Formule 1 (15ème)
- 1981 Formule 1 (5ème, 3 victoires)
- 1982 Formule 1 (4ème, 2 victoires)
- 1983 Formule 1 (2ème, 4 victoires)
- 1984 Formule 1 (2ème, 7 victoires)
- 1985 Formule 1 (Champion, 5 victoires)
- 1986 Formule 1 (Champion, 4 victoires)
- 1987 Formule 1 (4ème, 3 victoires)
- 1988 Formule 1 (2ème, 7 victoires)
- 1989 Formule 1 (Champion, 4 victoires)
- 1990 Formule 1 (2ème, 5 victoires)
- 1991 Formule 1 (5ème)
- 1992 Formule 1 (tests)
- 1993 Formule 1 (Champion, 7 victoires)
- 1994 année sabbatique
- 1995 Formule 1 (pilote d'essai)
- 1996 Formule 1 (pilote d'essai)
- 1997 à 2001 Formule 1 (patron)
- 2002 année sabbatique
- 2003 Trophée Andros
- 2004 Trophée Andros (2ème)
- 2005 Trophée Andros (3ème)
- 2006 Trophée Andros (2ème)
- 2007 Trophée Andros (1er)
Palmarès
- 1973 Champion de France et d'Europe Junior de Karting
- 1974 Champion de France de Karting Formule A
- 1976 Champion de France de Formule Renault avec 12 victoires, vainqueur du Volant Elf
- 1977 Champion d'Europe de Formule Renault
- 1978 Champion de France de F3
- 1979 Champion d'Europe et de France de F3, vainqueur du Grand Prix de Monaco de F3
- 1982 vainqueur du Grand Prix d'Australie
- 1983 vice-champion du Monde de F1 des pilotes
- 1984 vice-champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
- 1985 Champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
- 1986 Champion du Monde de F1 des pilotes
- 1988 vice-champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
- 1989 Champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
- 1990 vice-champion du Monde de F1 des pilotes
- 1993 Champion du Monde de F1 des pilotes, Champion du Monde de F1 des constructeurs avec Williams
- 2004 vice-champion du Trophée Andros
- 2006 vice-champion du Trophée Andros
- 2007 Champion du Trophée Andros
| Cet article a été défini comme article de qualité faisant honneur à WikiF1, l'encyclopédie collaborative et libre du sport automobile. Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion ainsi que la liste des articles de qualité. |

