Didier Pironi

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Sommaire

Biographie

Son avant-F1

Né à Villecresnes, Didier participa à sa première grande épreuve en 1976, lorsqu'il courut les 24 heures du Mans avec une Porsche 934. En 1977, Didier réalise de bonnes performances en Formule 2 avec Martini-Renault, remportant le GP du Portugal et se classant 3ème du championnat européen de la catégorie. Il n'en faut pas plus pour Ken Tyrrell de titulariser le français dans l'écurie Tyrrell pour la saison de F1 1978.

La montée en puissance

C'est au GP d'Argentine que Didier Pironi fait ses débuts au volant d'une Tyrrell, aux côtés d'un autre français, Patrick Depailler, avec pour objectif principal de terminer, ce dont il s'acquitte avec une 14ème position finale. Il marque son premier point dès la course suivante, au Brésil, après une course opportuniste mais belle. Il ne s'arrête pas là, et récidive lors de la 3ème manche à Kyalami où les Tyrrell sont en forme. A l'issue de la saison, Pironi présente un joli total de 7 points, loin de son expérimenté équipier, mais Didier a fait preuve d'une belle constance pour ses débuts.

Reconduit pour 1979, lui et Jean-Pierre Jarier se partagent les belles performances, Didier prenant même un léger ascendant. Il obtient ses deux premiers podiums, deux 3ème places en Belgique et aux États-Unis Est. Il finit 10ème du championnat avec 15 points, sa carrière est définitivement lancée et sa réputation assise.

Didier explose chez les bleus

Il rejoint Ligier et Jacques Laffite en 1980, où ses bons résultats sont immédiats. Une saine émulation entre son équipier et lui le maintient en haut du tableau: il remporte la 5ème manche en Belgique et signe la pole position 15 jours plus tard à Monaco. Dominateur à Brands Hatch, sa roue le laisse lâchement tomber alors qu'il s'envolait vers la victoire. Au Canada, il part trop tôt et bien qu'arrivant premier, il est pénalisé d'une minute pour départ anticipé. 2 poles, une victoire, et 4 podiums, Didier Pironi démontre cette saison l'étendue de ses talents, et nombreux sont ceux qui voient en lui le probable 1er champion du monde français.
Pour l'heure il est 5ème, avec 32 points, ce qui attire la convoitise de Ferrari, alors au plus bas, qui a besoin de sang neuf pour relever la tête. Et puisque Pironi n'entretient pas de rapports cordiaux avec Guy Ligier dont il a du mal à supporter les orages colériques, il ne lui reste plus qu'à saisir l'oportunité.

Espoir et désespoir

Mais chez les Rouges, il y a déja un autre jeune pilote : un certain Gilles Villeneuve, rien moins qu'un phénomène sur lequel les observateurs misent tout pour les années à venir. Toutefois, Didier obtient l'assurance d'un traitement à matériel égal. 1981 est consacrée à la reconstruction du mythe Ferrari: la voiture est loin d'être exceptionnelle mais les signes de progression sont manifestes. Pironi s'en tire moins bien que Villeneuve avec la même voiture, mais il s'agit surtout de préparer le terrain pour la saison suivante.

Celle-ci est hélas complètement minée par les querelles politiques. Pironi s'impose en leader de la rebellion des pilotes contre le pouvoir sportif. Le GPDA (Grand Prix Drivers Association) cesse d'exister. Il est remplacé par le PRDA (Professionnal Racing Drivers Association) et Didier en devient le président. Il mènera le combat des pilotes lors de l'affaire du Grand Prix d'Afrique du Sud
Sur la piste, les choses se profilent un peu mieux: la monoplace est réussie, et pour Didier, 1982 doit être l'année du sacre. Néanmoins, il a fort à faire face à son Québecois d'équipier qu'il ne parvient jamais à surpasser. Survient ce fameux GP d'Imola qui est un tournant dans la relation des deux hommes, et dont on n'imagine alors pas à quel point elle prêtera à conséquence, tragiquement. Les deux pilotes font main-basse sur la course (plusieurs équipes FOCA sont absentes), Gilles devant Didier, à bonne distance de la concurrence. Les moteurs turbos sont soumis à des contraintes importantes concernant la consommation. Le team Ferrari décide donc de brandir par panneau une injonction à ralentir, par soucis d'économie. Il signifie aussi, plus insidieusement, un gel des positions. Pironi ignore superbement les ordres, et après une lutte fratricide, "poignarde" Villeneuve en le dépassant dans le dernier tour. C'en est fini de leur amitié. Le québécois, blessé dans son coeur autant que dans son orgueil, prend Enzo Ferrari à parti: pour 1983, il devra choisir. Didier, ou lui. Le Commandatore n'aura pas cette peine, le sort s'en chargera. A Zolder, deux semaines plus tard, c'est pour ne pas se qualifier derrière Pironi que Gilles Villeneuve effectue le tour de trop, celui qui lui est fatal. Lesté de ce poids immense sur les épaules, Didier se remet au travail. Et dans un Montreal déja endeuillé par la perte du Petit Prince survient une nouvelle tragédie: Ricardo Paletti percute mortellement Pironi au départ. Didier ne pourra tirer l'italien de sa monoplace embrasée. Mais le français poursuit, malgré cette somme d'éléments contraires, son rêve de titre mondial. Il s'y emploie avec un brio certain: il gagne à Zandvoort, joue placé en Angleterre puis en France. Il est en tête au classement, ses rivaux sont à distance respectable, sa monoplace est bonne, seul un nouveau coup du sort peut lui barrer la route vers la consécration.
Celui-ci survient à Hockenheim. Il signe le meilleur temps le vendredi, près d'une seconde devant Alain Prost. Le samedi, le temps se dégrade: il pleut. Pironi est donc assuré de la pole position, mais décide de rouler quand même. Prost tourne au ralenti, Derek Daly s'écarte pour le dépasser, Didier arrive lancé, se décalle pour éviter les projections de Daly, et, sans visibilité, percute de plein fouet la Renault de Prost. La Ferrari est en miette, les jambes de Pironi aussi. Conscient, il refuse l'amputation sur le terrain, prenant le risque de perdre la vie pour ne pas sacrifier ses membres meurtris. Dès lors il ne compte plus les opérations (une trentaine, en fait). Il s'agit d'abord de se remettre debout, puis, à terme, de reprendre la compétition. Pendant ce temps, le titre, "son" titre lui échappe, au profit de Keke Rosberg.

Une lente convalescence, pour une nouvelle tragédie

A force de volonté, il remarche dès 1983, aidé par des béquilles, mais c'est déjà un miracle. Au fur et à mesure de ses progrès reviennent l'ambition de piloter en F1 à nouveau, un jour, peut être. Lui en est persuadé. C'est le moteur d'où il tire toute l'énergie nécessaire à son rétablissement.
En attendant, toujours avide de vitesse, il se prend de passion pour une discipline aquatique, le Off-Shore, sorte de Formule 1 sur mer. Il y fait fort impression, et au volant du Colibri, il est dans la course au titre dès 1987. Parallèlement, il a parcouru quelques kilomètres au volant d'une AGS et d'une Ligier, il reste en contact avec ce milieu qu'il ne peut décidément pas quitter. Il a même déja un accord avec Larrousse pour 1988.
Las, le 23 Août, sur une vague derrière un cargo, son Off-Shore est déséquilibré et s'envole. Didier meurt sur le coup, ses deux équipiers également.

Peu de destin apparaîssent aussi funeste que celui de Didier Pironi. Il laisse toutefois l'image d'un pilote très talentueux, notamment doté d'une détermination sans égal. Cette même détermination qui le conduisit d'exploits en drames, mais de drames en exploits, aussi. Pour de nombreuses personnes, il est le véritable "Champion du Monde de F1 1982", et demeure l'un des plus illustres représentants de cette discipline.


Fiche Signalétique

  • Français
  • né le 26 Mars 1952 à Paris (France)
  • décédé le 23 Août 1987 à Ile de Wight (Angleterre) dans un accident durant une course de Off-Shore
  • Début en GP : Argentine 1978
  • Dernier GP : France 1982
  • Nombre de GP disputés : 70
  • Meilleur résultat en course : victoire (3 fois)
  • Meilleur résultat en qualifications : pôle position (4 fois)
  • Nombre de points marqués : 101
  • Nombre de meilleurs tours : 5
  • Nombre de podiums : 13
  • Cousin du pilote José Dolhem
  • 2 fils (Gilles et Didier)
  • Site hommage : http://www.didierpironi.net


Carrière

Formule 1


Sport Automobile

  • 1972 Volant Elf (Champion)
  • 1973 Formule Renault France (6ème)
  • 1974 Formule Renault France (Champion, 7 victoires)
  • 1975 Formule Renault Europe (3ème, 3 victoires)
  • 1976 Formule Renault Europe (Champion, 12 victoires), Le Mans
  • 1977 Formule 3, Formule 2 (3ème, 1 victoire), Le Mans
  • 1978 Formule 1 (15ème), Le Mans
  • 1979 Formule 1 (10ème), Procar
  • 1980 Formule 1 (5ème, 1 victoire), Le Mans, Procar, Formule 5000
  • 1981 Formule 1 (13ème)
  • 1982 Formule 1 (2ème, 2 victoires)
  • 1983 à 1985 se remet de son accident au Grand Prix d'Allemagne 1982
  • 1986 Formule 1 (tests)


Palmarès

Titres


Ses 4 participations aux 24 heures du Mans

Année Numéro Voiture Catégorie Copilotes Essais qualificatifs Résultat en course
1 1976 65 Porsche 934 Groupe IV Marie-Claude Beaumont / Bob Wollek 20ème 19ème
2 1977 16 Renault Alpine A442 Groupe V René Arnoux / Guy Fréquelin 5ème Abandon
3 1978 2 Alpine Renault A442 B Groupe VI Jean-Pierre Jaussaud 5ème Victoire
4 1980 83 BMW M1 IMSA Marcel Mignot / Dieter Quester 24ème 14ème


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