Emerson Fittipaldi

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Emerson Fittipaldi est un pilote brésilien. Premier des grands Brésiliens de la Formule 1, il fut champion du monde en 1972 et 1974. Après une brève carrière de directeur d'écurie (Copersucar et Fittipaldi), il mena une deuxième brillante carrière aux États-Unis (vainqueur des 500 Miles d'Indianapolis 1989 et 1993, champion CART 1989). Il est le frère de Wilson Fittipaldi et l'oncle de Christian Fittipaldi.


Sommaire

Biographie

Emerson Fittipaldi entre dans le sport automobile comme mécanicien. Débutant la compétition sur des motos 50cc, il débute en karting avec son frère Wilson. Après avoir couru sur des Renault Gordini, il remporte le championnat brésilien de Formule Super Vee 1967.


Une ascension fulgurante

En 1969, il s'exile en Grande-Bretagne. Il dispute alors le championnat de Formule Ford. Après quelques victoires, il intègre le championnat national de F3. Au volant des Lotus de Denny Rowland, il se montre d'emblée performant et remporte le titre.

En 1970, Colin Chapman lui offre un volant dans le championnat d'Europe de F2. Il termine 2ème à Crystal Palace et Vienne. Avec quatre podiums, il est 3ème du championnat derrière Clay Regazzoni (champion avec sa Tecno) et Derek Bell. Dès le Grand Prix de Grande-Bretagne, Lotus l'aligne sur une troisième monoplace afin d'épauler Jochen Rindt dans la conquête du titre. A seulement 23 ans, il se qualifie 21ème, mais termine à une prometteuse 8ème place. Dès le GP suivant (Allemagne), il inscrit ses premiers points en championnat du monde avec une belle 4ème place. Puis, survient le drame de Monza où Rindt perd la vie. John Miles, 2ème pilote Lotus, traumatisé, annonce sa retraite. Après avoir fait l'impasse sur l'épreuve canadienne, c'est un duo inédit qu'aligne Chapman à Watkins Glen. Qualifié 3ème, Fittipaldi l'emporte. Pour son premier GP, son coéquipier, le Suédois Reine Wisell, termine 3ème. 10ème du classement pilote, le Brésilien est déjà une valeur sure de la F1.

C'est donc ce même duo qu'alignera Chapman en 1971. Malheureusement, durant l'intersaison, Fittipaldi est victime d'un accident de la route. Blessé au visage par des éclats de verre, sa convalescence lui fait perdre beaucoup de temps. Au volant d'imparfaite 72D, le Brésilien ne monte que trois fois sur le podium (2ème en Autriche) et termine 6ème du championnat. Wisell ne marque que 9 points, avec pour meilleur résultat deux 4èmes places. Si la 72D n'était pas une réussite, c'est que le génial Colin Chapman tenta encore l'impensable en développant la Lotus 56B équipée d'une turbine d'hélicoptère. Fittipaldi sera d'ailleurs le seul à être classé avec cette voiture en terminant 8ème du Grand Prix d'Italie.


Double champion du monde

En 1972, c'est toujours au volant d'une 72D, mais nettement améliorée que Fittipaldi signe 3 poles-positions et remporte 5 GP. Après un abandon en ouverture sous la pluie argentine, il finit 2ème à Kyalami (derrière la McLaren de Denny Hulme). De retour en Europe, il l'emporte à Jarama, sur une piste humide. A Monaco, il signe sa première pole, mais, sous une pluie battante, personne ne résiste à Jean-Pierre Beltoise et sa BRM. Il termine 3ème derrière le Français et Jacky Ickx (Ferrari). En Belgique, il signe pole et victoire devant la Tyrrell de François Cevert. Au Grand Prix de France, disputé à Charade, il assure la 2ème place derrière l'autre Tyrrell de Jackie Stewart. A Silverstone, il décroche une nouvelle victoire, facilitée par l'abandon du leader Jacky Ickx. Après un abandon en Allemagne, il l'emporte en Autriche devant les McLaren de Denny Hulme et Peter Revson. Cette victoire lui donne une avance de 25 points au championnat. Il décroche le titre au Grand Prix d'Italie. Il gagne la course devant la Surtees de Mike Hailwood et Hulme. A 25 ans, il est le plus jeune champion de l'histoire de la F1. Ce record restera le sien jusqu'au premier sacre de Fernando Alonso en 2005. Il ne marque aucun point lors de la tournée nord-américaine dominée par les Tyrrell. Il est donc champion du monde avec 16 points d'avance sur Jackie Stewart. C'est une année faste puisqu'en plus il remporte trois des six courses disputées hors-championnat (la Race of Champions, l'International Trophy et le Grand Prix de la République Italienne).


1973 commence admirablement bien puisqu'avec sa déjà vieille 72D, il remporte les deux premières manche (Argentine et Brésil - où son nouveau coéquipier, Ronnie Peterson, signe la pole), puis termine 3ème à Kyalami. Il étrenne ensuite la 72E par une victoire en Espagne après le retrait du leader, Peterson. Il est déjà en tête du championnat avec 12 points d'avance sur Stewart. Il finit 3ème en Belgique et 2ème à Monaco avant de connaître une série de quatre abandons. Il gagne un point en Allemagne avant d'abandonner de nouveau en Autriche. Pendant ce temps, Peterson a signé 5 poles et remporter deux GP (France et Autriche). Mais, plus important : Stewart a remporté quatre courses. Furieux, Fittipaldi accuse alors son équipe de favoriser le Suédois. Ce dernier l'emporte de nouveau à Monza et Stewart empoche sa troisième couronne. Fittipaldi et Peterson terminent respectivement 2ème et 3ème du championnat. Lotus l'emporte chez les constructeurs grâce à une nouvelle victoire de Peterson à Watkins Glen en l'absence de Stewart qui a anticipé sa retraite suite au décès de Cevert. Fittipaldi, déçu, quitte Lotus pour McLaren.

Associé au vétéran néo-zélandais Hulme, Fittipaldi débute mal son année en Argentine. Il est 10ème alors que le GP est enlevé par son coéquipier. Il se rattrape immédiatement en signant pole et victoire à domicile. Toujours à domicile, il gagne le Grand Prix du Président Medici, disputé hors-championnat. Seulement 7ème à Kyalami, il voit apparaître le spectre d'une grande concurrence : celle des Ferrari de Niki Lauda et Clay Reggazoni. Il termine derrière elles en Espagne. Il l'emporte de justesse en Belgique avec 0"350 d'avance sur l'Autrichien. Ensuite, il ne peut que gérer, les Ferrari et les Tyrrell (Jody Scheckter et Patrick Depailler) occupent le devant de la scène (5ème à Monaco, 4ème à Anderstorp, 3ème à Zandvoort, 2ème à Brands-Hatch). A trois manches de la fin, le Brésilien n'est que 4ème, à 9 points de Regazzoni. Il finit 2ème à Monza derrière Peterson (Lotus) alors que le Suisse abandonne. Au Canada, il remporte enfin une nouvelle victoire devant son rival. Ils se retrouvent à égalité avant le dernier GP. Dans ce Grand Prix des États-Unis, les Ferrari furent victimes de leurs suspensions et Fittipaldi peut se contenter d'une 4ème place. Il empoche le titre avec 3 points d'avance sur Reggazoni. McLaren gagne le titre constructeurs grâce à son trio de pilotes : Emerson Fittipaldi, Denny Hulme et Mike Hailwood.

Hulme partit à la retraite, c'est Jochen Mass qui devint le coéquipier de Fittipaldi. La M23 (conçue par Gordon Coppuck) entame sa troisième saison. La saison commence bien avec une victoire en Argentine devant l'Hesketh de James Hunt, puis une 2ème place au Brésil, derrière la Brabham de Carlos Pace. Ensuite, la saison fut en dent de scie : non classé en Afrique du Sud et forfait en Espagne, il signe une belle 2ème place à Monaco derrière la Ferrari de Lauda. Il dut attendre le Grand Prix de Grande-Bretagne pour l'emporter de nouveau après un formidable pari. Parti 7ème en slicks sous la pluie. Il peut continuer alors que les autres s'arrêtent mettre des « pluies ». L'averse cesse et il se retrouve en tête. L'averse revient et le GP fut interrompu au 56ème des 67 tours prévus. Belle victoire, mais Lauda avait déjà le championnat en main. Sans le savoir, le Brésilien venait de signer sa dernière victoire en F1. Il réussit tout de même à finir 2ème du championnat après deux 2èmes places récoltées en Italie et aux États-Unis.


Les fonds de grille

Teddy Mayer voulant engager James Hunt, Fittipaldi quitta McLaren pour rejoindre son frère et son projet d'écurie 100 % brésilienne. Les frères Fittipaldi bénéficiant de la manne financière de la compagnie national sucrière, Copersucar, c'est elle qui donna son nom à l'écurie. Jo Ramirez fut nommé directeur technique, Ricardo Divila ingénieur. Wilson Fittipaldi et Arturo Merzario furent ses premiers pilotes en 1975. Désormais chargé de la direction, Wilson convainquit Emerson de le remplacer. A ses côtés, un autre Brésilien : Ingo Hoffman sera aligné sur quelques courses. Cette saison 1976 est donc un départ pour le double champion du monde, obligé de s'habituer aux fonds de grille. La FD04, malgré une belle 5ème place sur la grille au Brésil, stagna en queue de peloton. Fittipaldi réussit à ramener trois points avec ses 6èmes places urbaines de Long Beach et Monaco et une autre ramenée de Brands-Hatch. En Belgique cependant, il subit l'affront d'une non-qualification.

1977 débuta bien avec deux 4èmes places en Argentine et au Brésil (Hoffman y est 7ème pour son dernier GP) et une 5ème place à Long Beach. La nouvelle F5 arrive en Belgique et ne put marquer des points qu'à Zandvoort (4ème). En Allemagne et en Italie, Fittipaldi rate sa qualification.

En 1978, l'équipe est rebaptisée Fittipaldi et elle aligne une Copersucar F5A. Après une laborieuse 9ème place en Argentine, Fittpaldi se transcende à domicile. 7ème sur la grille, il termine à une magnifique 2ème place derrière la Ferrari de Carlos Reutemann. Malheureusement, il retrouve vite les fonds de grille. Malgré cela, il rapporte encore 11 points à l'équipe et termine 10ème du championnat. L'écurie, quant à elle, pointe à la 7ème place des constructeurs.

La saison 1979 fut d'un autre acabit. Balloté entre la direction et le pilotage, englué dans des problèmes de mise au point des trois monoplaces alignées cette année-là (les Copersucar F5A, F6 et F6A), Fittipaldi ne rapporta qu'un maigre point de la course d'ouverture à Buenos Aires.

A l'aube de la saison 1980, l'écurie, totalement exsangue, semblait sur le point de disparaître. Mais Wolf, après une mauvaise saison 1979, était dans la même situation. Walter Wolf et Emerson Fittipaldi conclurent l'absorption de Wolf au sein de Fittipaldi . Peter Warr devint directeur sportif, et Harvey Postlethwaite directeur technique. De plus, Keke Rosberg était nommé second pilote. Ce dernier décroche même une 3ème place musclée en Argentine. A Long Beach, c'est le Brésilien qui monte sur le podium. A Monaco, parti 18ème, il décroche un point. Ensuite, une cascade d'abandons scande la vie de l'équipe. A la fin de l'année, Fittipaldi est 15ème du championnat, à égalité de points avec le débutant Alain Prost. L'écurie est 7ème chez les constructeurs. Souvent devancé en qualifications par son équipier, Fittipaldi met un terme à sa carrière en F1.


Team manager de F1

C'est en tant que directeur qu'il entame la saison 1981. Keke Rosberg et Chico Serra passent l'année en fond de grille, et loupent à plusieurs reprises leur qualification. En Autriche, l'équipe ne fait pas le déplacement faute de moteurs. Postlethwaite et Warr quittent le navire. Au final, l'équipe ne marque pas un point (meilleur résultat : Serra, 7ème à Long Beach).

En 1982, avec seule F8D (puis une F9) pour le seul Serra, l'équipe décroche son dernier point en Belgique. Les frères Fittipaldi mettent la clef sous la porte. Le nom des Fittipaldi restera absent des grilles de F1 jusqu'à l'arrivée de Christian en 1992.

"Emmo" rentre au Brésil pour y disputer le championnat de karting qu'il remporte. Il tente vainement de revenir en F1 en 1984. Seule Spirit lui propose une séance d'essais privés à Rio, en février 1984. Et encore... c'est lui qui doit payer cette séance ! Ces temps furent bien moyens, à quatre secondes de la Toleman d'un certain Ayrton Senna.


L'exil étatsunien

Il s'exile alors aux États-Unis pour disputer le championnat CART. Il passe son année à s'habituer au format étatsunien des courses et termine 15ème du championnat.

En 1985, il rejoint l'équipe Patrick Racing. Après trois podiums, il remporte sa première victoire à Michigan. Avec un autre podium, il pointe à 6ème place finale. Aux 500 Miles d'Indianapolis, qualifié 5ème, il termine 13ème.

Toujours chez Patrick en 1986, il termine 7ème à Indianapolis. Avec une victoire à Elkhart Lake, il est 7ème du championnat.

En 1987, il est 10ème au final avec deux victoires (Cleveland et Toronto).

En 1988, il se qualifie 8ème à Indianapolis, mais termine 2ème à 3 secondes de Rick Mears. Il est de nouveau 7ème du championnat avec deux succès (Mid-Ohio et Elkhart Lake).

1989 est la bonne année. Après une 5ème place à Phoenix et une 3ème à Long Beach, il se qualifie 3ème à Indianapolis. Il se retrouve en lutte pour la victoire à quelques tours du but avec Al Unser Jr. Après une dure bataille, les deux voitures se touchent. L'Etatsunien finit dans le mur et, à 42 ans, Fittipaldi entre dans la légende du sport automobile. Il enchaîne ensuite trois victoires (Détroit, Portland et Cleveland). 2ème à Meadowlands et à Toronto, il connaît un passage à vide. Il gagne de nouveau à Nazareth et remporte le titre.

En 1990, il signe avec le prestigieux Penske Racing. Il signe la pole à Indianapolis, mais ne finit que 3ème. Au championnat, il ne gagne qu'une fois (Nazareth) et finit 5ème.

En 1991, idem : une victoire à Detroit et une 5ème place finale. A Indy, il est 11ème...

En 1992, il remporte la première manche à Surfer's Paradise, mais ne connaît pas une suite très heureuse. En fin d'année, il l'emporte tout de même trois fois (Cleveland, Elkhart Lake et Mid-Ohio) et termine à la 4ème place du championnat. Quant aux 500 Miles d'Indianapolis, il les finit dans le mur...

En 1993, il renoue avec la gloire en remportant une deuxième fois les 500 Miles d'Indianapolis (à 47 ans). Parti 9ème, il amène sa Penske-Chevrolet à la victoire devant Arie Luyendyke et Nigel Mansell. Sa saison est excellente. Vainqueur à Portland, 2ème derrière Paul Tracy à Cleveland et Toronto. Mais, malgré un succès à Mid-Ohio, il doit se contenter de la 2ème place finale derrière Nigel Mansell (Newman-Haas).

En 1994, les Penske écrasèrent le championnat. Il remporte la seconde manche (Phoenix) et arrive comme favori à Indianapolis. Parti 3ème, il domine la course avant de finir dans le mur à 16 tours du but. C'est son équipier Al Unser Jr. qui gagne. Sans autre victoire, il termine encore 2ème du championnat derrière le même Al Unser Jr.

En 1995, il retrouve son neveu Christian dans le championnat. Il gagne une course (Nazareth) et termine 11ème du championnat. A Indianapolis, il rate sa qualification.

A 50 ans, il rempile pour la saison 1996. Après un mauvais début d'année, sa vie bascule à Michigan. Il s'accroche avec Greg Moore et sa Penske se désintègre contre le mur. Touché aux cervicales, il rentre alors dans une très longue période de rééducation.


L'accident et la retraite

Il décide tout de même à s'engager pour le championnat 1997. Mais au début de l'année, il décide d'aller inspecter ses plantations d'orangers en ULM avec son fils de six ans. L'ULM tombe en panne et s'écrase. L'enfant est indemne, mais ce second gros choc laisse le pilote paralysé. Les secours n'arriveront que le lendemain matin. Fittipaldi s'en sort plutôt bien avec seulement quelques mois de port d'un corset.

Il revint sur les circuits en 2003 en tant que copropriétaire de l'écurie Fittipaldi-Dingman Racing de Champ Car. Cette écurie aligne une Reynard-Cosworth pour le Portugais Tiago Monteiro. La petite écurie ne brillera pas vraiment de l'année et l'expérience s'arrêta là.

C'est en 2005 qu'on le retrouve comme manager de son équipe nationale en A1GP.

Il a disputé également quelques courses des Grand Prix Masters Series, le championnat de monoplaces qui réunit les anciennes gloires de la F1 en 2005 et 2006. Il termine 2ème (derrière Mansell) de la première course disputée à Kyalami.

Fiche Signalétique


Carrière en F1

  • 1970 : Lotus/Ford (modèles 49C et 72C)
  • 1971 : Lotus/Ford (modèles 72C et 72D), Lotus 56B/Pratt & Whitney
  • 1972 : Lotus/Ford (modèle 72D)
  • 1973 : Lotus/Ford (modèle 72D et 72E)
  • 1974 : McLaren/Ford (modèle M23)
  • 1975 : McLaren/Ford (modèles M23)
  • 1976 : Copersucar/Ford (modèle FD04)
  • 1977 : Copersucar/Ford (modèles FD04 et F5)
  • 1978 : Copersucar/Ford (modèle F5A)
  • 1979 : Copersucar/Ford (modèles F5A, F6 et F6A)
  • 1980 : Fittipaldi/Ford (modèles F7 et F8)
  • 1984 : tests pour Spirit/Hart (modèle 101)


Coéquipiers en F1

  • 1970 : John Miles, Jochen Rindt, Reine Wisell
  • 1971 : Reine Wisell, Dave Charlton
  • 1972 : Reine Wisell, Dave Walker, Tonny Trimmer
  • 1973 : Ronnie Peterson
  • 1974 : Denny Hulme
  • 1975 : Jochen Mass
  • 1976 : Ingo Hoffman
  • 1977 : Ingo Hoffman
  • 1979 : Alex Ribeiro
  • 1980 : Keke Roberg

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