Frank Williams
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Francis Owen Garbett Williams est né le 16 Avril 1942 à South Shields (Angleterre)
Passionné dès son adolesence par le sport automobile, Frank Williams effectue ses débuts en compétition à l'age de 19 ans, sur une Austin A35. Le succès n'est pas vraiment au rendez-vous, ce qui incite Frank, sans pour autant lacher le volant, à progressivement passer de l'autre coté de la barrière et à s'occuper d'autres pilotes. Parmi ceux-ci, un certain Piers Courage, fils de bonne famille au coup de volant prometteur et qui devient son ami.
En 1967 apres avoir décroché sa première et seule victoire de niveau international en Formule 3 dans une course en Suède, Frank, conscient de ses limites, décide de mettre un terme à sa carrière de pilote pour se concentrer exclusivement au management. Il achète à Ron Tauranac un stock de Brabham F3 et fonde "Frank Williams Racing Cars Limited". Il fait ainsi rouler son ami Piers Courage avec succès en Formule 3, puis en Formule 2. D'autres pilotes comme Jochen Rindt, Carlos Reutemann ou encore Max Mosley auront l'occasion de rouler pour lui à cette époque.
Mais Frank est ambitieux et regarde déjà vers la Formule 1. Toujours pour son pilote fétiche Piers Courage, il achète une Brabham BT26 qu'il engage dans le Championnat du Monde de Formule 1 1969. A la clé, deux sensationnels podiums au GP de Monaco puis à celui des Etats-Unis. A l'issue de cette première saison plus que prometteuse, Frank Williams parvient à convaincre l'industriel Alejandro de Tomaso de financer pour 1970 la construction d'une inédite Formule 1 dont la conception sera confiée à l'ingénieur italien Gian Paolo Dallara. Hélas, au fil de la saison, la De Tomaso va s'avérer être une monoplace complètement ratée. Pire, au GP de Hollande, son pilote Piers Courage trouve la mort dans une violente sortie de route.
Effondré par cet echec sportif mais surtout par la perte de son ami, Williams ne se décourage pas pour autant. En 1971, il achète des March qu'il fait courrir sous l'appellation "Polytoys" du nom du sponsor de l'écurie. A son volant, le Français Henri Pescarolo puis le Brésilien Carlos Pace l'année suivante ne feront aucun miracle. Pour 1973, il renonce à l'achat de monoplaces March et, grace au soutien providentiel de Marlboro, se fait constructeur à part entière et commande la conception d'une nouvelle monoplace, la Iso. Mais que ce soit en 1973 ou en 1974, la Iso-Williams ne brillera jamais par ses performances. Abonnées aux fonds de grille, elle voit défiler à son bord de multiples pilotes dont le rôle est surtout de renflouer les caisses désespérement vides de l'écurie. De nombreuses anecdotes illustrent la situation financière de Frank Williams à cette période. On dit de lui qu'il dirigeait parfois ses affaires directement d'une cabine téléphonique, la compagnie de téléphone lui ayant coupé sa ligne en raison du non paiement répété de ses factures!
En 1975, la situation vire même au dramatique lorsque Marlboro décide de retirer son soutien à Williams. La bouée de sauvetage est alors lancée par Walter Wolf. Richissime industriel canadien d'origine autrichienne, Walter Wolf se pique de Formule 1 et décide de jouer les mécènes pour le compte de Williams. Mais Walter Wolf ne souhaite pas jouer les simples mécènes trop longtemps. Il rachète son écurie à Frank Williams fin 1975 (l'écurie prenant alors temporairement le nom de Wolf-Williams) avant de progressivement l'écarter de l'écurie courant 76.
Pour Frank, tout est à reconstruire mais il ne se décourage pas. Accompagné de l'ingénieur Patrick Head (qu'il avait engagé peu de temps avant l'arrivée de Walter Wolf), il fonde en 1977 une toute nouvelle écurie, le "Williams Grand Prix Engineering". Avec une March désuète et le pilote payant Patrick Nève, cette première saison de la nouvelle écurie Williams n'est evidemment pas brillante. Mais grace au puissant soutien financier de Saoudia Airlines (auquel s'ajoutera un an plus tard celui de TAG, le groupe de Mansour Ojjeh), Patrick Head (qui deviendra rapidement associé de Williams à hauteur de 30%) peut commencer à plancher avec sérénité sur les Williams du futur.
En 1979, Clay Regazzoni offre à Williams sa première victoire en F1 tandis qu'Alan Jones, avec 4 succès en 5 courses finit la saison sur les talons des pilotes Ferrari. La consécration arrive l'année suivante pour Frank Williams. Alan Jones devient champion du monde et en compagnie de son équipier Carlos Reutemann, offre son premier titre mondial des constructeurs à Williams qui touche ainsi au but apres plus de dix années de galère en F1.
Mais ce qui aurait pu être une parfaite success-story tourne au drame en Mars 1986. De retour d'une séance d'essais privés sur le circuit Paul Ricard, Frank Williams est victime d'un grave accident de la route. Grand sportif et marathonien émérite, il ne pourra plus jamais marcher. Confiné à vie dans une chaise roulante, assisté pour ses moindres besoins, Williams fait pourtant son retour moins de six mois plus tard à la direction de son écurie, avec toujours cette même glaciale efficacité qui le caractérise.
Depuis le titre d'Alan Jones en 1980, l'écurie de Frank Williams (anobli par la Reine d'Angleterre en 1999) n'a quasiment jamais quitté les avants-poste du peloton et compte désormais 16 titres mondiaux.
