Gerhard Berger

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Gerhard Berger est un pilote de Formule 1 autrichien né le 27 aoüt 1959, à Wörgl (Autriche).

Sommaire

Biographie

Des débuts prometteurs

Troisième du championnat d’Allemagne de F3 en 1982, le début de carrière de Gerhard en F1 est frappé du sceau de BMW. Evoluant alors dans le championnat européen de F3, Berger effectue ses débuts dans la formule reine à domicile lors du GP d’Autriche 1984, chez ATS-BMW, l’écurie de l’industriel allemand Gunther Schmidt, plus célèbre dans le paddock pour ses spectaculaires colères que pour les performances de ses voitures.
Dès sa deuxième course, en Italie, Gerhard inscrit le point de la sixième place. Ce sera le seul de la saison pour ATS qui est abandonné par BMW en fin d'année et doit de ce fait renoncer à la F1.
Mais pour Berger, la F1 ne fait que commencer. Il trouve refuge chez Arrows-BMW en 1985 pour une saison de galère. Le moteur bavarois, à la fiabilité souvent prise en défaut, ne permet pas aux pilotes de se concentrer sur le développement de la voiture. Dans ces conditions délicates, le Belge Thierry Boutsen s’en sort mieux que le néophyte Berger dont le manque d’expérience se fait sentir. Mais au fil de la saison, Berger prend ses marques, et se permet de démontrer une jolie pointe de vitesse.
Faisant figure d’authentique espoir de la F1, Berger est alors recruté par la naissante écurie Benetton (qui vient de racheter Toleman), qui disposera elle aussi du moteur BMW. La Benetton B186 dessinée par Rory Byrne a beau n’être qu’une évolution de la Toleman de la saison précédente, ce n’en est pas moins une très belle réussite technique.
Teo Fabi signe deux pôles position, mais sur la durée de la saison, il se fait étriller par le grand Autrichien, abonné au haut des grilles de départ. Mettant à profit l’endurance de ses gommes Pirelli sur le bitume surchauffé du GP du Mexique, Berger s’en va même cueillir la première victoire de sa carrière. Cette saison 1986 installe Berger comme l’un des pilotes les plus doués de sa génération. Certains le comparent déjà à ses glorieux compatriotes. A Jochen Rindt pour son sens de l’attaque et à Niki Lauda pour sa froide détermination. A l'affut de pilotes susceptibles de tirer ses voitures vers le haut, Enzo Ferrari lui fait une offre qu'il ne peur refuser.

Les années Ferrari

Dès son entrée dans la Scuderia Ferrari en 1987, il développe une relation privilégiée avec son ingénieur John Barnard et éclipse le pauvre Michele Alboreto. Accablées de soucis en tout genre en début d’année, les belles Rouges finissent la saison en trombe et Berger ne manque pas d’en profiter. S’élançant de la pôle au Portugal, il laisse échapper bêtement la victoire en partant à la faute, harcelé par Alain Prost, mais conclut victorieusement au Japon et en Australie.
De quoi caresser de solides ambitions pour 1988, dernière saison de l’ère Turbo. Mais Berger sera impuissant à contrer les irrésistibles McLaren-Honda de Prost et Senna. Gerhard se consolera avec une victoire à forte portée symbolique à Monza pour le GP d’Italie, quelques semaines seulement après la mort d’Enzo Ferrari. Ce sera la seule défaite de la saison pour McLaren. Pour 1989, la nouvelle réglementation technique laisse entrevoir une totale redistribution des cartes entre les écuries. Et Ferrari, qui possède dans ses rangs le très convoité John Barnard s’annonce bien placée avec la Ferrari 640 fignolée de longue date par le technicien britannique dans le secret du Guilford Technical Organisation. Mais McLaren reste intraitable tandis que Berger fait les frais des caprices à répétition de la révolutionnaire boîte de vitesses automatique qui équipe sa Ferrari. Mais ces tracas sont bien peu de chose comparé au grave accident qui aurait pu coûter la vie à Gerhard cette année là. Au GP de Saint-Marin, dans la courbe rapide de Tamburello, probablement victime de la perte d’un élément aérodynamique, Berger tire tout droit. Sa voiture heurte le mur et s’embrase instantanément. Berger vit d’interminables secondes, prisonnier du brasier. La dextérité des commissaires lui vaut de s’en tirer avec de sérieuses blessures aux mains. Rien de plus. Berger est un miraculé. Malgré un rapide retour à la compétition, il ne retrouvera l’intégralité de ses moyens que plusieurs mois après, avec notamment une belle victoire au Portugal. Malgré cette parenthèse douloureuse, la côte de Berger reste au plus haut et Ron Dennis l’appelle pour remplacer Prost aux cotés de Senna chez McLaren.

Dans l'ombre de Senna

Pour Berger, c’est le moment de vérité. Au volant de la meilleure voiture du monde, aux côtés de l'un des deux meilleurs pilotes du monde, Berger va enfin savoir s’il est en mesure de postuler au trône mondial. La réponse arrive sans tarder, impitoyable pour l’Autrichien. Dominé par Senna, Berger quitte le statut de grand espoir de la F1 pour s’enfermer dans le rôle du porteur d’eau. Pire, Berger apparaît souvent comme le préposé aux basses besognes de McLaren. Souvent transparent sur la piste compte tenu du matériel dont il dispose, Berger se fait en outre remarquer par un comportement parfois à la limite de la régularité. A Imola, à Budapest, à Jerez... Les GP de 1990 s’enchaînent comme autant de pièces à verser au casier judiciaire du grand Autrichien. Suprême humiliation, alors que Senna décroche 2 titres en 2 ans, Berger doit attendre la fin de la saison 1991 pour décrocher sa première victoire avec McLaren, au Japon. Et encore faut-il une manoeuvre ostensible de Senna pour la lui céder. Avec un Senna quelque peu démobilisé, Berger parviendra à faire meilleure figure en 1992. A Adélaïde, il signe même la dernière victoire de la fructueuse association entre McLaren et Honda. Mais le bilan McLaren de Berger reste assez décevant.

Retours chez Ferrari et Benetton

La saison 1993 marque le retour du grand Autrichien à Maranello, au sein d’une Scuderia laminée par les crises internes. C’est aussi le début d’une longue complicité avec Jean Alesi, son nouvel équipier. Les résultats tardent à venir, et bien que Berger marque légèrement le pas par rapport à Alesi, c'est lui qui signe la victoire du renouveau en Allemagne en 1994. La première victoire de l’ère Jean Todt. Après une nouvelle saison mitigée en 1995, Berger préfère plier bagage, refusant de faire chambre commune avec le tout frais double champion du monde Michael Schumacher à qui Ferrari déroule le tapis rouge. Il rejoint Alesi chez Benetton dans une écurie qui n'a plus grand chose à voir avec celle qu'il a connu dix années plus tôt et qui apparaît alors comme la meilleure équipe du monde. Trompe l’œil. Benetton ne vivait que par et pour Schumacher. Toute la saison 1996 ne sera qu’incompréhension entre Berger et ses ingénieurs. Il n'y a guère qu'au GP d'Allemagne qu'il se met en évidence lorsque après être venu à bout du futur champion du monde Damon Hill il semble filer vers la victoire. Mais la casse de son moteur Renault en vue de l'arrivée le contraint à l'abandon. Berger apparaît vieillissant, le rapide lévrier des débuts a cédé la place à un vieux lion qui ne secoue que trop rarement la crinière.

La saison 1997 ne fait que confirmer cet état de fait. Berger éprouve de plus en plus de difficultés à suivre le rythme des meilleurs. Quand il fête son 200ème GP à Imola, le coeur n’y est pas. La suite da la saison n’est qu’un long chemin de croix, entre une voiture au comportement erratique, un deuil familial, des soucis de santé et un Flavio Briatore qui ne pense qu’à le mettre dehors. Ses forfaits consécutifs au début de l’été semblent dissimuler une mise à la retraite anticipée. D’autant plus que Alexander Würz, son brillant remplaçant, semble symboliser le renouveau de la filière autrichienne. Pourtant, Berger signe son retour au GP d’Allemagne par une étonnante démonstration. Pole, victoire et meilleur tour, ce sera la dernière grande performance de Berger, qui prend sa retraite sportive à la fin de la saison.

La reconversion

Gerhard Berger ayant acquis au fil des saisons une réputation de véritable fetard, peu intéressé par les divers aspects politiques de la Formule 1, et s'étant mis financièrement à l'abri du besoin, on l'imaginait passer sa retraite loin des paddocks pour profiter pleinement de la vie.
C'est donc avec une certaine surprise que l'on a appris, tout juste un an après sa retraite sportive, son arrivée en tant que directeur sportif de BMW Motorsport. Au programme de Berger, l'engagement de la firme bavaroise aux 24 heures du Mans (qui se soldera par la victoire de l'équipage Dalmas-Winkelhock-Martini en 1999) ainsi que la préparation de grand retour de BMW en F1, en tant que motoriste de l'écurie Williams à partir de la saison 2000.
Les quelques succès décrochés par les Williams-BMW n'empêcheront pas Berger de se retirer dans le courant de la saison 2003. Officiellement, l'ancien pilote évoquera sa lassitude et son besoin de se rapprocher de sa famille. Il apparait toutefois que Berger était surtout déçu du manque de pouvoir dont disposait BMW dans le cadre de son partenariat avec Williams.
Bien qu'inactif, Berger n'en continuait pas moins de venir régulièrement sur les GP de F1. Son nom revennait régulièrement dans les rumeurs dont bruisse le paddock et il ne paraissait pas étonnant de le retrouver rapidement avec de nouvelles responsabilités. La chose fut fête lorsqu'il prit part au capital de l'écurie Toro Rosso en 2006. Cette écurie appartient au grand groupe Red Bull de son compatriote Dietrich Mateschitz.


Fiche Signalétique

  • Autrichien
  • né le 27 Août 1959 à Wörgl (Autriche)
  • Début en GP : Autriche 1984
  • Dernier GP : Europe 1997
  • Nombre de GP disputés : 210
  • Meilleur résultat en course : victoire (10 fois)
  • Meilleur résultat en qualifications : pôle position (12 fois)
  • Nombre de points marqués : 385
  • Nombre de meilleurs tours : 21
  • Nombre de podiums : 48
  • 3 filles


Carrière

Formule 1

  • 1984 ATS/BMW
  • 1985 Arrows/BMW
  • 1986 Benetton/BMW
  • 1987 Ferrari
  • 1988 Ferrari
  • 1989 Ferrari
  • 1990 McLaren/Honda
  • 1991 McLaren/Honda
  • 1992 McLaren/Honda
  • 1993 Ferrari
  • 1994 Ferrari
  • 1995 Ferrari
  • 1996 Benetton/Renault
  • 1997 Benetton/Renault
  • 1999 directeur sportif BMW
  • 2000 directeur sportif BMW
  • 2001 directeur sportif BMW
  • 2002 directeur sportif BMW
  • 2003 directeur sportif BMW
  • 2006 directeur sportif Toro Rosso


Sport Automobile

  • 1981 Formule Alfa Sprint Europe (7ème)
  • 1982 Formule 3 Allemagne (3ème)
  • 1983 Formule 3 Europe (8ème)
  • 1984 Formule 3 Europe (3ème), Formule 1 (non classé)
  • 1985 Formule 1 (17ème), DTM (30ème)
  • 1986 Formule 1 (7ème, 1 victoire)
  • 1987 Formule 1 (5ème, 2 victoires)
  • 1988 Formule 1 (3ème, 1 victoire)
  • 1989 Formule 1 (7ème, 1 victoire)
  • 1990 Formule 1 (4ème)
  • 1991 Formule 1 (4ème, 1 victoire)
  • 1992 Formule 1 (5ème, 2 victoires)
  • 1993 Formule 1 (8ème)
  • 1994 Formule 1 (3ème, 1 victoire)
  • 1995 Formule 1 (6ème)
  • 1996 Formule 1 (6ème)
  • 1997 Formule 1 (5ème, 1 victoire)


Palmarès

  • 1985 Vainqueur des 24 heures de Spa
  • 1990 Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren
  • 1991 Champion du Monde de F1 des constructeurs avec McLaren


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