Gilles Villeneuve
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Biographie
Jeunesse et moto-neige
Joseph Gilles Henri Villeneuve est né le 18 janvier 1950, à Saint-Jean-sur-Richelieu, dans la province du Quebec, au Canada.
Durant sa jeunesse, il décida de devenir musicien professionnel (son père était accordeur de piano), mais après avoir découvert qu'il n'avait pas le talent nécessaire, il abandonna cette idée.
A 8 ans, il déménagea, avec sa famille, à Berthierville, à 70 kilomètres de Montréal.
A 9 ans, Gilles conduit pour la première fois, seul, la camionnette Volkswagen de son père, sur une route déserte.
Gilles eut sa première voiture à l'age de 15 ans, une MGA de 1958. Ne pouvant pas rouler, elle permit tout de même à Gilles d'apprendre la mécanique. Il la remonta et fit quelques kilomètres avec.
Ne pouvant patienter d'obtenir son permis, il emprunta la Pontiac de son père, une fois que ses parents dormaient. Mais cela se termina contre un poteau, la voiture complètement détruite !
Un fois son permis obtenu, Gilles se fit la main sur sa MGA, une autre MGA, une Skoda, et une Ford Mustang. A la même époque, il rencontra une fille de Joliette, Johanne, et la route entre Berthierville et Joliette devint vite le théâtre de courses effrénées, sanctionnées par de nombreuses contraventions, et qui se terminèrent quelquefois par des accidents, voir des séjours à l'hôpital !
Les premières compétitions de Gilles ont été des courses d'accélération ou sur ovale de terre, mais cela ne lui plaisait pas trop.
De 1969 à 1973, Gilles participa à des compétitions de motoneige, avec succès : il fut sacré champion du Québec 2 fois et champion du Canada toutes catégories en 1972. Cela lui permit de gagner de l'argent pour sa famille qui s'agrandissait, Gilles devenant père avec la naissance de Jacques en 1971 et de Mélanie en 1973.
Débuts en sport automobile
En 1973, il s'inscrit à l'école de pilotage Jim Russell, et obtenu son permis de course, au volant d'une Formule Ford. Cela a été la révélation pour Gilles, qui ne rêva plus que de compétition automobile. Il acheta une vieille Formule Ford pour participer au championnat québécois. Il gagna ce championnat avec 7 victoires en 10 courses.
En 1974, Gilles participa au Challenge Players de Formule Atlantique. Afin de financer sa saison, il vendit sa maison à Berthierville, et toute sa petite famille (Johanne, Jacques et Mélanie) l'accompagna sur les courses. Ce ne fut pas une bonne année pour Gilles. Il termina 16ème du championnat, marqué par un accident qui lui valut plusieurs factures et 5 semaines de repos forcé.
En 1975, Gilles termina 5ème du championnat, et il continuait par ailleurs de participer aux courses de motoneige l'hiver, afin d'apporter un peu plus de confort à sa famille.
1976 fut l'année Gilles Villeneuve en Formule Atlantique. A mi saison, il avait accumulé 6 pôles et 6 victoires en 6 courses. Malheureusement, Skiroule, le sponsor principal de son écurie, l'Ecurie Canada, fit faillite, et n'avait plus la possibilité de participer aux autres courses. C'est alors qu'il rencontra Gaston Parent, un homme d'affaire qui ne connaissait rien à la course automobile. Il accepta de financer la course suivante, qui fut soldée par la victoire de Gilles. Parent accepta de financer le reste de la saison de Gilles, qui remporta logiquement le titre. Ce fut le début d'une longue collaboration, qui dura toute la carrière de Gilles.
Mais c'est l'épreuve de Trois-Rivières, qui attira les projecteurs sur Gilles Villeneuve. Des pilotes de Formule 1 étaient invités à participer à la course de Formule Atlantique : James Hunt, Alan Jones, Vittorio Brambilla, Patrick Depailler et Patrick Tambay. Gilles remporta la victoire devant Jones, en " humiliant " ses glorieux aînés, incapable d'égaler le pilote canadien. De retour en Angleterre, James Hunt dit beaucoup de bien de Gilles autour de lui, spécialement à ses patrons, Teddy Mayer et John Hogan. Mayer invita en Angleterre Gilles à la fin de la saison, et accepta, avec joie, de participer pour le compte de McLaren 3 épreuves du championnat 1977 à définir.
Premières années en F1
Durant l'hiver, Gilles participa au Championnat Philips de Formule Atlantique en Afrique du Sud, où il connut peu de succès. En 1977, il participa à une nouvelle saison de Formule Atlantique canadienne, qu'il remporta à nouveau malgré l'adversité d'un certain Keke Rosberg et ses obligations en Formule 1.
C'est en juillet 1977 que Gilles Villeneuve participa à son premier grand prix de Formule 1 sur une McLaren M23, en Grande-Bretagne. Il attira rapidement l'attention sur lui, faisant des têtes à queue à presque chaque virage ! En fait, Gilles poussait sa voiture au delà de ses limites, afin de ne plus les dépasser. Gilles obtint une belle 9ème place en qualification et termina à la onzième place, après un passage au stand inutile suite à une défaillance d'un capteur. Mais Gilles était content de sa course, car il était parvenu à suivre les leaders sans problèmes lorsque ses derniers lui prirent un tour.
Malgré tout, McLaren lui annonça qu'il ne lui offrirait pas un baquet pour la saison 1978. Dépité, Gilles remit sa carrière en question, jusqu'à ce qu'il appris qu'il avait attiré l'attention d'une des plus grandes écuries de Formule 1, Ferrari. Après plusieurs voyages à Maranello, avoir rencontré Enzo Ferrari, et testé la Ferrari 312 T2, Gilles signa un contrat avec la mythique Scuderia.
Il participa aux 2 derniers Grand Prix de la saison 1977 au volant de la 312 T2 avec Niki Lauda et Carlos Reutemann comme coéquipiers. Il abandonna (rupture de transmission) au Canada, à Mosport, où Niki Lauda, quitta brusquement Ferrari. Au Grand Prix du Japon 1977, il accrocha la Tyrrell de Ronnie Peterson. Sa Ferrari s'envola dans le public, et tua 2 spectateurs et en blessa plusieurs. Malgré qu'aucunes charges ne fussent retenues contre lui, Gilles fut secoué par cet accident.
1978-1979 : Premiers succès chez Ferrari
1978 fut la première saison complète de Gilles Villeneuve en Formule 1. Après une 8ème place et une série d'abandons, Gilles aligna de bons résultats, avec des premiers points en Belgique à Zolder (6ème grand prix de la saison), un premier podium en Autriche à Zeltweg (12ème grand prix), et il termina la saison en apothéose.
Le dernier grand prix de la saison 1978 avait lieu chez lui, au Canada, sur le nouveau circuit tracé sur l'Ile Notre Dame à Montréal. Dans le froid et la pluie canadiens, les spectateurs suivaient avec passion l'évolution de leur compatriote. Gilles pris la 3ème place en qualification derrière Jean-Pierre Jarier et Jody Scheckter. Au départ, il passa Scheckter mais se fit doublé par Alan Jones sur sa Williams. Ce dernier se mit à avoir quelques soucis sur sa monoplace, Gilles et Jody se bagarrèrent pour la 2ème place. Scheckter connut à son tour des problèmes, et Gilles remonta petit à petit sur Jarier. Soudain, au 49ème tour, Jarier abandonna, et Gilles accéda à la 1ère place ! La foule explosa de joie et Gilles, malgré des derniers tours difficiles, gagna son premier grand prix, chez lui, au Canada !
En 1979, Jody Scheckter remplaça Carlos Reutemann chez Ferrari. Entre Gilles et lui naquit une profonde amitié, marqué par beaucoup de respect et de confiance. Après deux grands prix au volant de la 312 T3, la Scuderia disputât le Grand Prix d'Afrique du Sud avec les toutes nouvelles 312 T4, monoplaces aux formes étranges, mais efficaces ! Gilles remporta le grand prix, avec le meilleur tour en course, et récidiva au grand prix suivant, aux Etats-Unis, à Long Beach. Plus régulier (et plus réfléchi !) que Gilles, Jody Scheckter remporta le championnat, Gilles termina juste derrière à 4 points (et une autre victoire lors de la dernière course à Watkins Glen). Et Ferrari remporta la couronne chez les constructeurs. La saison 1979 de Gilles fut marquée par le Grand Prix de France, qui vit la première victoire d'un moteur Turbo (Jean-Pierre Jabouille au volant de la Renault), mais surtout qui vit, lors des derniers tours, le formidable duel entre Gilles et l'autre Renault de René Arnoux pour la deuxième place. Les deux francophones se dépassèrent plusieurs fois, se touchèrent, pour le plus grand bonheur des spectateurs du circuit de Dijon-Prenois, qui assistèrent à une des plus belles passes d'arme de la Formule 1. Un autre grand moment de la saison fut le Grand Prix des Pays-Bas, à Zandvoort, où Gilles, qui creva, ramena sa Ferrari au stand aux prix d'incroyables acrobaties, mais en détruisant l'arbre de la roue. Il voulait absolument qu'on lui change son pneu, et les techniciens de Ferrari ont mis plusieurs minutes pour lui faire comprendre que cela ne servirait à rien, que sa Ferrari ne pouvait plus continuer ! Cela montrait l'esprit combatif de Gilles !
1980, ou comment tomber de haut...
Autant l'année 1979 fut florissante pour Ferrari, autant l'année 1980 fut mauvaise. Contrairement aux autres années, où Ferrari commençait la saison avec la monoplace de l'année précédente, la Scuderia débuta 1980 avec sa nouvelle monoplace, la 312 T5. Mais, bien que Ferrari avait fait des progrès, les autres écuries de Formule 1 firent un plus grand bond. Ferrari fut complètement dépassé durant toute l'année, mais Gilles ne fut pas découragé pour autant. Il marqua 6 points, mais cette saison découragea son coéquipier, Jody Scheckter, qui abandonna la Formule 1 à la fin de l'année.
1981 : Bon moteur, mauvais chassis
1981 vit l'arrivée du français Didier Pironi au côté de Gilles. Mais surtout Ferrari mit au point une monoplace, la 126 CK, à moteur turbo que Gilles avait testé lors des essais du Grand Prix d'Italie en 1980. Après 3 grands prix où il abandonna, Gilles signa une magnifique pole position à Imola. Bien qu'il ne récoltât qu'une septième place en sol italien, la renouveau de la Scuderia était bel et bien réel. Gilles donna à la Ferrari Turbo sa première victoire à Monaco. Gilles s'imposa également au grand prix suivant, en Espagne, au terme d'une course âprement disputée. La puissance de son moteur lui donnait un avantage en ligne droite, par contre, le châssis de la Ferrari n'étant pas à la hauteur de son moteur, Gilles était obligé de mettre la 126 CK en travers à chaque virage. ! Son poursuivant direct, Jacques Laffite dit plus tard qu'il voyait durant les virages les flancs de la Ferrari plus que l'aileron arrière ! L'arrivée fut une des plus serrée de l'histoire de la F1, avec les 5 premiers en 1 seconde 24 centièmes. Enzo Ferrari déclara " Dimanche, Gilles Villeneuve m'a fait revivre la légende de Nuvolari ".
La 126 CK ne permit pas à Gilles de gagner d'autres courses, il ne marqua des points qu'à une seule occasion, chez lui au Canada. Durant cette course, Gilles montra encore son esprit combatif. Sous la pluie, après des collisions avec 3 autres pilotes, son aileron avant commençait à partir. Gênant de plus en plus la visibilité de Gilles, le public canadien craignait que son pilote ne puisse pas continuer la course. L'aileron fut entièrement arraché lorsque Gilles roula volontairement sur un vibreur afin d'arracher cet appendice qui le gênait, mais cela n'arrangea sûrement pas la tenue de route de la peu docile 126 CK ! Malgré tout, Gilles conquis la 3ème place, et précisa que la pluie ne l'avait pas gêné du tout !
1982 : Les frère ennemis
La saison 1982 de Formule 1 démarra avec le conflit entre les pilotes, la F.I.S.A. et la F.O.C.A.. Un accord de dernière minute permit le déroulement du premier grand prix en Afrique du Sud, où Gilles abandonna suite à une défaillance du turbo de sa nouvelle Ferrari, la 126 C2. Gilles n'aimait pas cette voiture, regrettant même la Formule Atlantique, et lorgnant vers le championnat américain de Formule Indy. Il était toujours secondé par le français Didier Pironi, qui apprit beaucoup à ses coté en 1981. Les deux grands prix suivants virent deux autres abandons pour Gilles, suite à un accident et une disqualification suite à un aileron arrière non conforme. La saison 1982 démarrait mal pour Gilles, qui en plus avait des problèmes personnels, sa femme Johanne, demandait le divorce. Gilles n'était pas en effet un mari et un père modèle.
C'est dans cet état d'esprit troublé que Gilles arriva à Imola, pour le Grand Prix de Saint-Marin. Pour protester aux disqualifications du Brésil, seulement 14 voitures prirent le départ de la course (les écuries FOCA étant absentes). Les Ferrari furent dominées en qualification par les Renault, mais celles-ci abandonnèrent rapidement en course, et les Ferrari se retrouvèrent devant, Villeneuve devant Pironi. Afin de soulager les monoplaces, le stand Ferrari passa le panneau " SLOW " aux pilotes. Gilles ralentit, mais Pironi le doubla peu après. Les deux pilotes se doublèrent à plusieurs reprises, et, dans le dernier tour, Gilles était devant tout semblait joué. Mais Pironi le doubla en lui coupant la route d'une manière assez violente et il gagna la course.
Tandis que Pironi et Alboreto fêtaient leur podium, Gilles ne souriait même pas. Il était en colère, et se sentait trahis par celui qu'il considérait comme une ami. Pironi affirmait que le panneau " SLOW " ne signifiait pas "Garder vos positions ", et espérait que Gilles n'en garderait pas rancune. Mais Gilles dit qu'il ne lui adresserait dorénavant plus la parole, et qu'il pouvait le battre " n'importe quand et n'importe où ". Enzo Ferrari lui donna raison en disant que Pironi s'était trompé dans la signification des panneaux.
Mais c'est le couteau entre les dents que Gilles arriva pour Grand Prix de Belgique, à Zolder. Didier Pironi avait réalisé le meilleur temps des qualifications, et Gilles voulut être devant lui. Dans les dernières minutes de la séance, il s'élança sur le circuit belge. A l'approche de la dernière chicane, il voulut dépasser la March de Jochen Mass, beaucoup plus lente. Les deux hommes ne se comprirent pas et se mirent tous les deux sur la droite de la piste. La collision fut terrible, et la Ferrari décolla sur le pneu de la March. Elle fit plusieurs tonneaux, Gilles fut éjecté, les harnais s'étant arrachés sous la violence du choc, et retomba contre les barrières. Il fut emmené à l'hôpital, mais il fallait s'attendre au pire. Sa mort fut annoncée quelques heures plus tard.
Son corps fut rapatrié par un avion des Forces Armées envoyé par le gouvernement canadien. Le circuit de Montréal, qui vit sa première victoire en Formule 1, fut rebaptisé de son nom. Beaucoup de monde le pleurèrent, à commencer par ses amis pilotes. Et chaque année, des milliers de personnes continuent de rendre hommage à ce pilote d'exception.
Fiche signalitique
- Né le 18 janvier 1950 à Saint Jean en Richelieu (CAN)
- Décédé le 8 mai 1982 à Zolder (BEL)
- Marié à Johanne, 1 fils (Jacques) et 1 fille (Mélanie)
- Début en GP : Grande-Bretagne 1977
- Dernier GP : Saint Marin 1982
- Nombre de GP disputés : 67
- Meilleur résultat en course : Victoire (6 fois)
- Meilleur résultat en qualifications : Pôle position (4 fois)
- Nombre de points marqués : 101 (107 réels)
- Nombre de meilleurs tours : 8
- Nombre de podiums : 13
- Gilles Villeneuve est l'auteur avec René Arnoux de la plus belle fin de course de toute l'histoire de la Formule 1 au Grand Prix de France, sur le circuit de Dijon-Presnois le 1 Juillet 1979. Ces deux pilotes passèrent les trois derniers tours roues dans roues, et Villeneuve réalisa un splendide dépassement en bloquant ses roues dans le double-droite de Villeroy, pour être repris quelques instant plus tard par Arnoux qui le dépassa avec deux roues dans l'herbe. Villeneuve réussit la performance de passer et rester devant Arnoux alors que l'écurie Renault semblait parti pour un doublé au vu de la performance de la Renault Turbo et de l'autre pilote francais Jean-Pierre Jabouille.
Carrière Hors F1
1973 : Formule Ford 1600, Champion, 7 victoires
1974 : Formule Atlantique, 16ème
1975 : Formule Atlantique, 5ème, 1 victoire
1976 : Formule Atlantique, Champion, 9 victoires
1977 : Formule Atlantique, Champion
Autre : Motoneige : 2 titres de champion du Québec, 1 titre de champion du Canada toutes catégories
Carrière en F1
1977 : Formule 1 avec McLaren (1 GP) et Ferrari (2 GP): Non classé
1978 : Formule 1 avec Ferrari, 9ème (17 points), 1 victoire
1979 : Formule 1 avec Ferrari, 2ème (47 points, 53 réels), 3 victoires
1980 : Formule 1 avec Ferrari, 10ème (6 points)
1981 : Formule 1 avec Ferrari, 7ème (25 points), 2 victoires
1982 : Formule 1 avec Ferrari, 15ème (6 points)
Liens
Ventisetterosso : http://www.ventisetterosso.com/
Site officiel du musée Gilles Villeneuve : http://www.gilles.villeneuve.com/
Tribute to Gilles Villeneuve : http://www.globalserve.net/%7Etrauttf/Gilles/index.html
Archives vidéos de la CBC : http://archives.cbc.ca/300c.asp?id=1-41-339
