Graham Hill
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Biographie
Graham Hill est un pilote anglais né le 17 février 1929 à Londres.
Parcours atypique d'un adolescent qui n'a jamais touché le volant d'une voiture puisque son père n'a ni permis ni voiture. Graham ne passera d'ailleurs le sien qu'à 24 ans...
C'est tout juste s'il peut s'essayer à la moto puisque sa mère possède une Triumph 250cc.
Sa passion d'alors ? Très classique en Angleterre, c'est l'aviron puisqu'il est chef de nage du huit barré du London Rowing Club. C'est d'ailleurs les couleurs de ce club qui orneront de façon si caractéristique son casque de pilote plus tard.
Pour gagner sa vie... tant que faire se peut, il travaille dans un atelier d'horlogerie. En 1955, il passe donc son permis et s'achète sa première voiture, une Morris Torpedo 1934. Il a 24 ans.
Un jour, il découvre dans une annonce qu'un pilote loue sa Cooper-Jap 500cc sur le circuit de Brands Hatch. Il prend une livre et fait quatre tours. Quatre tours qui lui inoculent le virus de la course.
Il veut être pilote !
La mise en oeuvre acharnée d'une vocation tardive
Vocation sur le tard, Graham sait qu'il ne doit pas plus perdre de temps en route. Sas le sou, il se dégotte un emploi d'homme à tout faire sur les circuit de ses "débuts", Brands Hatch. En échange de ses services, il ne reçoit pas de salaire. Juste une bien maigrichonne allocation chômage puisqu'il a quitté son atelier d'horlogerie. Par contre quelques pilotes ou amateurs fortunés lui permettent de pouvoir passer de temps à autre derrière le volant de leurs monoplaces.
C'est le temps de la rencontre avec Colin Chapman. Celui vient de fonder son écurie. pour un salaire d'une livre par jour, Graham devient le troisième salarié de son "entreprise".
Quand il ne travaille pas le week-end, il monnaye encore ses talents de mécanicien contre la possibilité de conduire des Lotus, des Jaguar ou des Aston Martin...
il en vient tout naturellement à fréquenter le Steering Wheel Club qui lui permet d'élargir le cercle de ses relations avec des gens qui ont les moyens de "ses" ambitions.
Peu à peu... continuant de troquer la trousse à outil contre la combinaison de pilote, il parvient à faire décoller sa notoriété.
En 1957, il a une vintaine de courses à son programme. Dans le même temps, il devient directeur du programme des compétition chez Lotus. Néanmoins, Chapman voit d'un oeil circonspect les efforts de son poulain pour devenir pilote.
Les premières armes en F1
Un jour, John Willment, un de ces amateurs fortunés qui de temps à autre lui prêtent leur voiture, se présente à lui. Il a un projet : il lui propose de construire puis de conduire pour lui une F2 de sa conception.
Bien entendu, Graham accepte la proposition et quitte Lotus, malgré les efforts de Chapman pour le retenir. Intègre et moralement engagé auprès de Wilment, Hill refuse l'offre tardive de volant que lui fait Chapman.
Hélas, le projet capote. Hill en est profondément affecté. Willment le met alors en relation avec John Cooper qui propose à Graham le volant de sa troisième CooperF2 au GP de Silverstone 1957.
Il est aux côtés de Jack Brabham et Roy Salvadori... C'est le début d'une grande carrière. Malgré tout, sa première course n'est pas une réussite du genre... Il visite les bas-côtés et se retrouve à un tour de ses équipiers.
En 1958, c'est Chapman qui se décide à rappeler à ses côtés son ex-mécano. Il lui offre sa chance et un volant en F1. Graham Hill débute donc la saison à Monaco sur une Lotus officielle aux côtés de l'anglais Cliff Allison.
Les deux premières saisons sont évidemment difficiles. En 1958 et 1959, la compétitivité de la Lotus ne lui permet pas de se frotter à la concurrence.
Graham finit même par se brouiller avec Colin Chapman et quitte Lotus pour BRM qui en 1959 a remporté sa première victoire en GP avec le suédois Jo Bonnier. Il y remplace Harry Schell.
1960 sera l'année des occasions perdues. Pourtant Graham réussit quelques belles performances. Il obtient rapidement un podium au GP de Hollande et sera à plusieurs reprises aux portes de rééditer la performance si le destin ne s'en était pas mêlé.
A Spa, il est second derrière Jack Brabham quand il tombe en panne d'essence dans le dernier tour. En France, il est 3ème sur la grille, mais il cale et est percuté à l'arrière par Maurice Trintignant.
A Silverstone, 2ème sur la grille, il cale de nouveau sur la grille et est débordé par l'ensemble du peloton. La "Major Thompson" survolté par cette erreur initiale produit ce jour-là une course d'anthologie. Il effectue une remontée époustouflante qui lui permet de passer en revue tous les concurrents qui l'ont grillé au départ. Mieux, il revient dans les échappements du leader et futur champion Jack Brabham qu'il dépose imparablement au 55ème tour. Hélas, à six tours de l'arrivée, sous la pression de l'australien, Hill part à la faute et voit s'écrouler tous ses espoirs de victoire. Mais ce coup du sort ne peut faire oublier l'audace et la maestria déployées par Graham au volant de sa BRM.
L'année 1961 sera pire que la précédente. Malgré l'arrivée de Tony Brooks en provenance de Ferrari, la BRM P48/57 ne termine pas les courses. Le team termine bon dernier au classement constructeurs
L'épopée BRM : A la conquête du titre
C'est l'année 1962 qui va marquer le grand tournant de la carrière de Graham Hill. La nouvelle BRM type57 motorisée par le nouveau bloc V8 BRM est enfin compétitive. Et elle le prouve dès les premières courses hors championnat puisque Graham remporte le Glover Trophy à Goodwood et L'International Trophy à Silverstone. Ce ne sont que des courses hors-championnat certes, mais toutes les futures concurrentes sont présentes.
Mais c'est une autre monoplace qui fait sensation dès le GP d'ouverture en Hollande : la nouvelle Lotus 25 révolutionnaire de Colin Chapman pilotée par le jeune prodige écossais Jim Clark.
Une démonstration de brillance pendant 11 tours puis l'abandon sur problème de boîte. Ce ne sera pas le dernier. Hill hérite du leadership et s'adjuge la première victoire de sa carrière.
A Monaco, c'est au tour de Graham, alors qu'il menait le bal, d'être stoppé par une panne moteur à 7 tours de l'arrivée.
A Spa et malgré la pôle de Graham Hill, c'est Jim Clark, enfin moins poissard qui décroche une victoire magistrale. Hill s'empare de la seconde place derrière l'intouchable Lotus. Il devient alors évident que c'est entre ces deux magnifiques compétiteurs que va se jouer le titre.
A près un zéro pointé à Reims, les deux hommes se retrouvent à Aintree pour la manche anglaise. La Lotus aux mains de Clark semble invulnérable et celui-ci s'adjuge la victoire. Graham est 4ème.
En Allemagne, sur le circuit du Nurburgring, Hill après un accident impressionant aux essais.... il a été percuté par la caméra embarquée d'une Porsche lorsqu'elle s'est détachée... remporte la victoire d'un souffle devant Surtees et Gurney. Clark qui a manqué son départ est 4ème.
En Italie, Clark à nouveau victime du manque de fiabilité de sa Lotus, c'est Hill qui s'adjuge la victoire devant son coéquipier Richie Ginther.
A Watkins Glen, Clark est intouchable... Graham est le seul à finir dans le même tour et s'octroie la seconde place.
Pour le premier GP d'Afrique du Sud à East London, la situation est loin d'être aussi claire qu'il n'y paraît. Graham Hill avec 39 points devance Clark qui n'en a que 30.
Mais une victoire de Clark placerait ce dernier à égalité avec Hill alors que Graham de par le principe des 5 meilleurs résultats se verrait retirer tout autre résultat qu'une victoire !
A égalité, ce serait Clark le champion au bénéfice des victoires ( 4 contre 3). Autant dire que c'est pour la victoire dans ce GP que les deux hommes vont s'affronter.
Les deux hommes sont déjà côte à côte sur la ligne de départ... et c'est Jim Clark qui réussit le départ parfait. La Lotus et son pilote prodige accomplissent la course parfaite au grand dam de Hill qui voit ses chances de titre s'effondrer. Mais une fois de plus en cette saison, c'est la fiabilité de la Lotus 25 qui va s'avérer fatale aux chances de l'écossais.
A la stupeur générale, aux trois-quarts de la course, la monoplace de l'écossais s'arrête à son stand, trahi par son moteur.
Hill s'adjuge pêle-mêle la victoire et un titre qui échappent à un Clark trop souvent trahi par une mécanique révolutionnaire certes mais à la fiabilité trop souvent prise en défaut.
En 1963, la saison semble commencer à Monaco comme la précédente. Clark s'envole en tête de course mais il casse et doit laisser la victoire à Graham Hill.
Il n'en faut pas plus aux Cassandre de service pour tabler sur une saison "à la 1962". Mais c'est bien au contraire BRM qui va être désertée par la fiabilité tandis que Clark survole les débats.
Hill abandonne en Belgique et en Hollande, sa voiture reste scotchée sur la ligne en France... En Angleterre, c'est une panne d'essence dans le dernier tour qui lui coûte la seconde place. Dans le même temps, Clark s'adjuge autant de victoires... quatre à suivre.
En Allemagne et en Italie, la série noire et les abandons se poursuivent. pour les trois dernières courses, la BRM 57 est réintroduite. Graham Hill obtient une victoire réconfortante à Watkins Glen devant son équipier Richie Ginther. Mais les deux derniers GP sont encore remportés par l'ogre Clark qui a remporté cette année 7 victoires en dix courses.
Hill finit second du championnat, bien loin de Jim Clark impérial en 1963. Lors d'un banquet, alors qu'on lui demande "entre poire et fromage" de s'exprimer sur la perte de son titre, Graham se lève, dit "merde" et se rassied...
En 1964, Hill débute la saison avec une version remaniée de la 261 de 1963... A Monaco, une nouvelle fois, c'est Clark qui domine les débats... et une nouvelle fois abandonne laissant encore une fois la victoire à Hill.
mais cette année, Lotus est vraiment à la peine. Et c'est surtout avec Ferrari et Surtees que Graham va devoir en découdre.
La BRM de Graham est cette fois très fiable puisqu'elle rentre dans les points à chacune de ses six premières sorties, dont 3 secondes places d'affilée en France, Angleterre et Allemagne.
Mais la BRM pèche par contre en performance pure et ne parvient pas à s'octroyer la victoire. En Italie, Hill essaie une nouvelle version du V8, mais il grille hélas son embrayage sur la ligne de départ.
Malgré tout, la mesure paye puisqu'aux Etats-Unis, il s'adjuge la victoire et se propulse en tête du championnat avant la dernière épreuve au Mexique. Il devance Surtees de 5 points et Clark de 9 points.
A Mexico, il lui suffit d'une 3ème place pour empocher le titre. Et ça commence mal puisque affairé à replacer ses lunettes, il rate son départ. A la fin du premier tour, il est 9ème.
Mais, au prix d'une belle remontée, il reconquiert cette 3ème place synonyme de titre. Mais à mi-course, le sort va frapper... sous les traits de Lorenzo Bandini, l'équipier de John Surtees.
Celui-ci, lancé à la poursuite de Hill entreprend pour le doubler une manoeuvre audacieuse et percute le britannique. Celui-ci est contraint à repasser pa son stand et ne termine la course qu'en 11ème position.
Devant, Bandini a laissé passer son chef de file et offre ainsi à Surtees les points de la troisième place... et le titre pour un point.
Glacial, Graham Hill laissera tomber : "Bandini mérite bien le salaire que lui paie Ferrari."
Une seconde épopée victorieuse avec Lotus
Une longévité record : de Fangio à Andretti
Un avion tombe
Palmarès
- 1962 Champion du Monde des Pilotes de Formule 1 avec BRM
- 1963 vainqueur du Tourist Trophy
- 1964 vainqueur du Tourist Trophy
- 1966 Vainqueur des 500 Miles d'Indianapolis
- 1968 Champion du Monde des Pilotes de Formule 1 avec Lotus
- 1972 Vainqueur des 24 heures du Mans (avec Henri Pescarolo)
Les Victoires en Formule 1
- 1962 Vainqueur du Grand Prix de Hollande
- 1962 Vainqueur du Grand Prix d'Allemagne
- 1962 Vainqueur du Grand Prix d'Italie
- 1962 Vainqueur du Grand Prix d'Afrique du Sud
- 1963 Vainqueur du Grand Prix de Monaco
- 1963 Vainqueur du Grand Prix des États-Unis
- 1964 Vainqueur du Grand Prix de Monaco
- 1964 Vainqueur du Grand Prix des États-Unis
- 1965 Vainqueur du Grand Prix de Monaco
- 1965 Vainqueur du Grand Prix des États-Unis
- 1968 Vainqueur du Grand Prix d'Espagne
- 1968 Vainqueur du Grand Prix de Monaco
- 1968 Vainqueur du Grand Prix du Mexique
- 1969 Vainqueur du Grand Prix de Monaco


