Gustav Brunner
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Gustav Brunner est un ingénieur autrichien, concepteur de châssis.
Biographie
Né à Graz, le 12 décembre 1950, Gustav Brunner s’intéresse assez tard à la course automobile. Il suit une formation d’ingénieur en mécanique avant de débuter comme concepteur chez McNamara (constructeur allemand, d'origine étatsunienne de F3, de Formule Vee et USAC). Les McNamara F3 connurent quelques bonnes courses, avec, entre autres, Niki Lauda, dans les années 1970.
Brunner est engagé par Günther Schmidt en 1980. Cette coopération fut de courte durée. Brunner eut juste le temps de concevoir l'ATS D4 qui disputera la saison de F1.
Il passe ensuite chez Willi Maurer en F2. Sa MM81 à moteur BMW remporte deux manches du Championnat d'Europe de F2 1981 aux mains de Eje Elgh (3ème du championnat) et Roberto Guerrero (7ème). En 1982, Stefan Bellof remporte les deux premières manches au volant de la MM82 et termine 4ème du championnat.
En 1981, il conçoit également une voiture de sport : la Lotec-BMW.
Il est de nouveau rappelé par ATS pour concevoir l'ATS D6 destinée au Championnat du Monde de Formule 1 1983. Rapide (huit qualifications dans le top 10) mais peu fiable (trois arrivées) cette monoplace termine la saison avec un score vierge.
En 1984, Brunner dessine l'ATS D7. Avec les mêmes qualités et défauts que sa précédente, elle ne parvient, aux mains de Manfred Winkelhock et Gerhard Berger, qu'à n'inscrire qu'un point (invalidé) de toute la saison. Victime de tensions internes et du désistement de BMW, l'écurie ferme ses portes au soir du dernier GP.
Brunner et Winkelhock partent alors chez RAM. Brunner conçoit la dernière voiture de cette écurie : la RAM 03. Winkelhock ne passe que deux fois une ligne d'arrivée avant de se tuer lors d'une course de voitures de sport. Philippe Alliot ne verra le drapeau à damier que lors de la première épreuve (9ème), ce qui n'arriva jamais au remplaçant de l'Allemand, Kenny Acheson.
Brunner est alors appelé pour chapeauter la conception de la Ferrari F187. C'est avec celle-ci que Gerhard Berger gagne les Grands Prix du Japon et d’Australie en 1987, mettant fin ainsi à un an et demi d'insuccès pour la Scuderia. Il est 5ème du championnat pilotes tandis que Michele Alboreto est 7ème. Ferrari termine 4ème des constructeurs.
Il collabore à l'élaboration de la F187/88C avec John Barnard arrivé de chez McLaren. Confrontée à l'ultradomination des McLaren, Berger ne remporte qu'un GP, celui d'Italie. Il termine néanmoins à la 3ème place du championnat tandis qu'Alboreto est 5ème. Ferrari est vice-champion constructeurs, mais avec moins d'un tiers des points obtenus par les MP4/4. Ecarté du projet 640 (destiné à la saison 1989), il travaille à la création d’une Indycar. Le projet ayant été abandonné, il retrouve Günther Schmidt en tant que directeur technique.
Celui-ci revient en F1 avec Rial. L'ARC1 ne voit que cinq fois l'arrivée mais Andrea de Cesaris signe une très belle 4ème place dans les rues de Detroit.
Très rapidement en conflit avec Schmidt, il le quitte pour l'autre écurie allemande du moment : Zakspeed. Celle-ci venant d'obtenir la fourniture des V8 Yamaha, il conçoit la belle et fine 891. Le moteur étant désastreux, seul Bernd Schneider arrive à passer le cap des préqualifications, mais seulement à deux reprises. Ces deux départs se traduisent par autant d'abandons. Zakspeed abandonne la F1 au soir du GP d'Australie.
Brunner rejoint alors l’écurie Leyton House (ex-March) où il travaille en collaboration avec Adrian Newey au développement de la CG901 propulsé par un V8 Judd. A son volant, Ivan Cappeli signe une magnifique 2ème place lors du Grand Prix de France. Il termine à la 10ème place du championnat alors que Mauricio Gugelmin ne marque qu'un point (18ème). Leyton House est 7ème du championnat constructeurs. Neway est évincé et c'est avec Chris Murphy (son remplaçant) qu'il travaille autour du châssis CG911 équipé du V10 Ilmor. Peu fiables, les Leyton House ne décrochent que quelques places à la porte des points. Seul Ivan Capelli en marque un (Hongrie). L’écurie étant noyée dans des problèmes financiers, elle redevient March en 1992. La CG911B n'étant qu'une simple évolution de la monoplace de l'année précédente, c'est un véritable exploit que signe Karl Wendlinger en s'appropriant les trois points de la 4ème place du GP du Canada.
Brunner, déçu de voir encore un de ses employeurs mettre la clef sous la porte, passe chez Minardi pour 1993. Il n'y reste qu'une demi-saison, le temps de collaborer (avec Aldo Costa) à l'élaboration de la M193 avant de retourner chez Ferrari. Cette voiture permet tout de même à la petite Scuderia de terminer 8ème du championnat constructeurs avec 7 points (dont les trois de la belle 4ème place de Christian Fittipaldi lors de la manche d'ouverture).
Il reste pendant cinq saisons chez Ferrari, participant, sous la direction de John Barnard et en tant que chef du département R&D, à tous les projet F1.
En février 1998, il part de nouveau chez Minardi pour y devenir directeur technique. Assisté de Gabriele Tredozi, il dessine la belle Minardi M01 qui termine souvent aux portes des points et en ramène même un du Grand Prix d'Europe 1999 (Marc Gené). Leur M02 de 2000 n'en marque aucun, Gené et Gaston Mazzacane terminant 8ème à trois reprises. La PS01 (première Minardi de l'ère Paul Stoddart) ne fera pas mieux qu'une 9ème place (Tarso Marques, à deux reprises), malgré tout le talent d'un débutant nommé Fernando Alonso.
A partir de 2002, il fait partie des débuts de l'aventure Toyota en F1. Il conçoit la TF102 à partir du modèle TF101 de développement dû à André de Cortanze. Mika Salo marque, d'entrée, un point lors de la manche australienne et récidive au Brésil. La TF103 de 2003 marque 16 points (Cristiano da Matta 10 et Olivier Panis 6) et fait pointer Toyota à la 8ème position des constructeurs. Si cette position reste la même en 2004, ce n'est qu'avec les 9 points rapporter par la TF104 qui semble avoir été un beau loupé de Brunner et Mike Gascoyne. A la fin de la saison 2005, marquée par la pole de Ralf Schumacher à Suzuka et cinq podiums (dont trois pour Jarno Trulli), il quitte l'écurie japonaise.
