Heinz-Harald Frentzen
Un article de WikiF1, l'encyclopédie libre du sport automobile et de la Formule 1.
| Sommaire |
Biographie
Mercedes Junior Team
Ils étaient quatre. Quatre jeunes pilotes couvés par Mercedes au sein du "Sauber Junior Team" et destinés à défendre les couleurs de la marque à l'étoile en vue d'une offensive imminente en F1. "Ils", ce sont Michael Schumacher, Karl Wendlinger, Fritz Kreutzpointer et Heinz-Harald Frentzen. Certains allaient même jusqu'à dire de Frentzen qu'il était le plus rapide, le plus talentueux du lot, à défaut d'être le plus travailleur.
C'était en 1990. Depuis, Michael Schumacher a enfilé les titres mondiaux comme des perles et, de son vivant, a déjà rejoint le panthéon de la F1. Frentzen, lui, a quitté la F1 avec un palmarès riche de trois victoires seulement. Autant dire qu'il a raté sa carrière.
Retour en 1990. Alors qu'avec l'appui de Mercedes, Michael Schumacher et Karl Wendlinger attendent sagement qu'une place se libère en F1, Frentzen, lui, préfère retrouver son indépendance et voler de ses propres ailes. Un choix osé. Sans appuis financiers, le jeune Frentzen peine à trouver sa place dans le sport automobile européen. Il dispute sans succès le championnat international de F3000, puis, comme tant d'autres, il est contraint à l'exil au Japon dans le championnat de Formula Nippon. L'assurance de pouvoir vivre de sa passion. Mais dans l'anonymat, loin de la vieille Europe et de la prestigieuse F1 dans laquelle Schumacher décroche déjà ses premiers succès.
Les débuts en F1
Un homme va se souvenir de lui pourtant : Peter Sauber, l'homme qui faisait courir Frentzen en Sport-Protos dans le "Junior Team", et qui, toujours pour le compte de Mercedes, s'est lancé en Formule 1. Il appelle Frentzen pour disputer la saison 1994 aux cotés de Wendlinger. Frentzen a peut-être perdu son temps au Japon, mais certainement pas son talent, comme le démontre sa 5ème place sur la grille de départ du GP d'ouverture au Brésil. D'emblée, Frentzen séduit. Par sa gentillesse, sa décontraction, mais surtout par sa rapidité. Il ne lui faut que quelques semaines pour recevoir une offre alléchante, et pas n'importe laquelle. Ayrton Senna vient de se tuer et Frank Williams veut que Frentzen le remplace. Il refuse. Par fidélité vis a vis de l'écurie Sauber qui elle aussi vit un drame. Après s'être fracassé contre un rail à Monaco, Wendlinger est plongé dans le coma. Seul pour tenir la barre, Frentzen refuse d'abandonner le navire Sauber en pleine tempête. Propulsé de fait leader de l'écurie, Frentzen va multiplier les coups d'éclat et s'affirmer comme la révélation de la saison 1994.
Un statut confirmé par une nouvelle belle saison 1995. Frentzen est parfois irrégulier, mais on ne retient de lui que ses exploits. La légende demeure : Frentzen serait le seul pilote capable de faire trébucher l'ogre de Kerpen. L'impatience est donc grande de le voir enfin accéder a un top-team et se mesurer à Schumacher, son ancien équipier de jeunesse. Ce sera pour plus tard puisque Frentzen rempile pour une troisième saison chez Sauber. Les rumeurs de transfert trouvent enfin leur justification à l'automne 1996 avec l'annonce de son passage tant attendu chez Williams. Mais le monde de la F1 se montre bien versatile et fait la moue. Auteur d'une saison 1996 mitigée, Frentzen tarde a confirmer son potentiel et continue de se montrer assez irrégulier. Son équipier Johnny Herbert, qui a côtoyé Schumacher l'année précédente, le tacle durement en affirmant qu'il est loin du niveau du double champion du monde. Dans ce contexte, le passage de Frentzen chez Williams en lieu et place de Damon Hill, le leader du championnat, apparaît injuste à beaucoup. Presque usurpé.
La longue descente
La pression sur Frentzen n'en est que plus grande à l'orée de la saison 1997. Il n'y résistera pas. Dès le début de la saison, ses relations avec Patrick Head tournent à l'aigre. Le peu jovial directeur technique de Williams fustige régulièrement le manque de rigueur de son pilote, lequel n'en est que plus destabilisé. Tandis que son équipier Jacques Villeneuve s'envole vers le titre, Frentzen ne décroche qu'une seule victoire, au Grand Prix de Saint-Marin. Souvent malchanceux, il n'en est pas moins bien en dessous du niveau de performance de son équipier canadien. La Williams de 1998 n'apportera rien, ni a l'image, ni au palmarès de Frentzen. Sa côte est au plus bas et un exil vers le CART apparaît inévitable. Des discussions sont d'ailleurs engagées en ce sens avec Bobby Rahal.
Mais il reste finalement en F1, relancé par Eddie Jordan qui avait déjà fait rouler Heinz-Harald en F3000. Au sein d'une écurie plus modeste, à l'ambiance familiale, sans véritable pression, Frentzen retrouve la fougue de ses années Sauber. Il brille chaque dimanche, pousse son équipier Hill vers la retraite, décroche deux splendides victoires en France et en Italie, et se permet même de jouer les trouble-fêtes dans la lutte pour le titre mondial 1999. La renaissance de Frentzen sera aussi soudaine qu'inattendue. Mais elle sera brève. A partir de 2000, il doit composer avec une voiture moins efficace, peu fiable, ainsi qu'avec un jeune équipier aux dents longues, l'Italien Jarno Trulli.
En manque de résultats, les rapports entre Frentzen et Jordan se crispent, jusqu'au clash de Juillet 2001. Brutalement mis a la porte, Frentzen trouve immédiatement refuge chez Prost GP, une écurie de fond de grille, sur le point de disparaître. Condamné à l'anonymat, il trouve quand même le temps de séduire son éphémère employeur. Non, Frentzen n'est pas fini, comme le prouveront d'ailleurs ses performances chez Arrows, le temps d'une demi-saison début 2002. Contraint a l'inactivité forcée du fait de la disparition de cette écurie, il fait son retour chez Sauber, l'écurie de ses débuts, en 2003 (après une pige a Indianapolis en 2002). Une dernière saison sans grand relief.
L'après F1
En 2004, Heinz-Harald Frentzen dispute le championnat DTM pour le compte d'Opel. Il participera à la saison 2005 chez Opel sans signer aucune victoire comme aurait pu le laisser prétendre sa carrière F1. Pour 2006, il signe très tardivement chez Audi et son team Abt. Il sera remercié en fin de saison suite à ses déclarations sur les prétendues consignes d'équipe chez Audi.
Fiche Signalétique
- Allemand
- né le 18 Mai 1967 à Mönchengladbach (Allemagne)
- Début en GP : Brésil 1994
- Dernier GP : Japon 2003
- Nombre de GP disputés : 156 (1 non-qualification : France 2002)
- Meilleur résultat en course : victoire (3 fois)
- Meilleur résultat en qualifications : pôle position (Monaco 1997 & Europe 1999)
- Nombre de points marqués : 174
- Nombre de podiums : 18
- Nombre de meilleurs tours : 6
- Site Web : http://www.frentzen.de
Carrière
Formule 1
- 1994 Sauber-Mercedes
- 1995 Sauber-Ford
- 1996 Sauber-Ford
- 1997 Williams-Renault
- 1998 Williams-Mécachrome
- 1999 Jordan-Mugen-Honda
- 2000 Jordan-Mugen-Honda
- 2001 Jordan-Honda (jusqu'en Angleterre) puis Prost-Acer (à partir de la Hongrie)
- 2002 Arrows-Cosworth (jusqu'en Allemagne), Sauber-Petronas (aux Etats-Unis en remplacement de Felipe Massa suspendu)
- 2003 Sauber-Petronas
Sport Automobile
- 1985 Formule Ford 2000 Allemagne
- 1986 Formule Ford 2000 Allemagne
- 1987 Formule Ford 2000 Allemagne (2ème)
- 1988 Formule Opel-Lotus Allemagne (Champion)
- 1989 Formule 3 Allemagne (2ème, 3 victoires)
- 1990 WSC (17ème), Formule 3000 (16ème)
- 1991 Formule 3000 (14ème)
- 1992 WSC (12ème)
- 1993 Formula Nippon
- 1994 Formule 1 (13ème)
- 1995 Formule 1 (9ème)
- 1996 Formule 1 (12ème)
- 1997 Formule 1 (2ème, 1 victoire)
- 1998 Formule 1 (7ème)
- 1999 Formule 1 (3ème, 2 victoires)
- 2000 Formule 1 (9ème)
- 2001 Formule 1 (12ème)
- 2002 Formule 1 (15ème)
- 2003 Formule 1 (11ème)
- 2004 DTM (14ème)
- 2005 DTM (8ème)
- 2006 DTM (7ème)
Palmarès
- 1987 vice-champion d'Allemagne de Formule Ford 2000
- 1988 Champion d'Allemagne de Formule Opel-Lotus
- 1989 vice-champion d'Allemagne de F3 avec 3 victoires
- 1997 vice-champion du monde de F1, champion du monde de F1 des constructeurs avec Williams
| Cet article a été défini comme article de qualité faisant honneur à WikiF1, l'encyclopédie collaborative et libre du sport automobile. Pour toute information complémentaire, consulter sa page de discussion ainsi que la liste des articles de qualité. |


