Jody Scheckter

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Jody Scheckter est un ancien pilote sud-africain, champion du monde en 1979 sur Ferrari. Il est le frère du pilote de Formule 1 Ian Scheckter et le père du pilote Indycar Tomas Scheckter.

J. Scheckter
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J. Scheckter
Casque de J. Scheckter
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Casque de J. Scheckter
Sommaire

Biographie

Des débuts fracassants

Fils d'un garagiste de la province du Cap, il commence à courir au volant d'une Renault R8 Gordini dans les championnats locaux à 18 ans. Dès sa première course, il est disqualifié pour sa conduite dangereuse.

En 1971, il s'exile en Grande-Bretagne. Son ascension y est fulgurante. Il dispute parallèlement les championnats locaux de Formule Ford et de Formule 3. Dans ce dernier, il remporte deux courses au volant d'une Merlyn et termine 3ème du championnat Lombank.

En 1972, Teddy Mayer, patron de McLaren, lui confie le volant d'une médiocre Formule 2. Il remporte tout de même le London Trophy de Crystal Palace et, avec 15 points, il termine 8ème du championnat. Colin Chapman lui propose un contrat Lotus en 1973. Meyer s'aligne et gagne la partie. Jody Scheckter fait ses débuts en F1 lors de la World Championship Victory Race de Brands-Hatch. Il termine non classé, à 6 tours de la BRM de Jean-Pierre Beltoise. Il débute en championnat lors du dernier GP de la saison, aux États-Unis. Les observateurs sont vite surpris par la ressemblance de caractère taciturne entre Scheckter et son équipier, le vieux Denny Hulme. Le surnom de Jody est tout trouvé : Hulme était « l'Ours », il sera « l'Ourson ». Il n'empêche que le jeune homme de 22 ans fait forte impression dès sa première sortie : qualifié 8ème, il tient un temps la 3ème place avant qu'un tête-à-queue le relègue au 9ème rang.

Champion des Etats-Unis de F5000 avec cette Tojan T101
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Champion des Etats-Unis de F5000 avec cette Tojan T101

Pour 1973, il s'engage dans le Championnat américain de Formule 5000 au volant d'une Trojan, tandis que McLaren lui assure de disputer cinq GP de F1. Il remporte facilement le titre de F5000, avec quatre victoires en neuf courses. Il signe également trois podiums en Can-Am. En F1, il dispute son GP¨national et se fait encore remarquer. 3ème sur la grille, il mène deux tours et se bagarre ensuite avec Jackie Stewart (Tyrrell), Denny Hulme et Peter Revson (ses coéquipiers) avant d'abandonner sur casse moteur. En France, il se qualifie 2ème et prend la tête dès le départ. Il mène la majeure partie de la course devant Emerson Fittipaldi (Lotus). Le Brésilien se rapproche et, au 42ème tour, au virage du Pont, il tente de le doubler. Scheckter lui ferme la porte. Les deux pilotes se touchent et abandonnent, à la grande fureur de Fittipaldi, qui ne se privera pas d'aller dire ses quatre vérités au pilote McLaren. Puis, vient le GP de Grande-Bretagne. A l'issue du premier tour, il part en tête à queue à Woodcote et crée un gigantesque carambolage qui met neuf voitures hors-jeu. Au Canada, en fin d'année, il se qualifie 3ème et, sous la pluie, se bat pour le podium quand il expédie François Cevert (Tyrrell) dans le rail. Le pilote français est furieux. Paradoxalement, Ken Tyrrell, lui propose de devenir son équipier en 1974. Le Français ne le saura jamais, car il se tue lors des essais du dernier GP à Watkins Glen, où Scheckter abandonne de nouveau. A noter que lors de ces deux GP, il devient le premier à arborer un numéro 0 en F1. Seul Damon Hill le portera de nouveau en 1993 et 1994.


Tyrrell et Wolf

En 1974, Jody Scheckter arrive chez Tyrrell aux côtés de Patrick Depailler. Ces deux pilotes attirent des commentaires sceptiques : le « chien fou » sud-africain et l'inexpérimenté français. En février, cette collaboration débute par une belle 2ème place à Brasilia pour le Grand Prix du Président Medici (hors championnat) pour Scheckter.

Lors des trois premiers GP du championnat, les deux jeunes pilotes utilisent la vieille 006. Scheckter s'en sort avec un score vierge, tandis que Depailler inscrit quatre points. Avec la 007, ses performances s'améliorent : 5ème en Espagne, 3ème en Belgique, 2ème à Monaco, derrière la Lotus de Ronnie Peterson. Enfin, en Suède, il se qualifie 2ème derrière son coéquipier, prend la tête dès le départ et décroche sa première victoire à 24 ans. 5ème aux Pays-Bas, 4ème en France, il arrache un second succès à Brands-Hatch : suivant le rythme de la Ferrari du poleman et leader Niki Lauda, il le double à six tours du but profitant des soucis de pneumatiques de l'Autrichien. Au championnat, il est 3ème, à 3 points de Lauda. Le titre devient envisageable. En Allemagne, il ne peut rien faire contre Clay Regazzoni sur l'autre Ferrari, mais assure la 2ème place. Il est maintenant 2ème du général. Les espoirs de titre s'envolent aussitôt : il doit abandonner lors de trois des quatre dernières courses. Il finit néanmoins 3ème du championnat, à 10 points de Fittipaldi, après sa première saison complète.

Au volant de la 007 (Monaco 1975)
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Au volant de la 007 (Monaco 1975)

Pour 1975, Tyrrell décide de réutiliser la 007. La monoplace bénéfice de nouveaux freins avants intégrés dans les roues. Las, Scheckter et Depailler auront justement des problèmes de freins lors des deux premières courses en Argentine et au Brésil. A Kyalami, la 007 est équipée d'évolutions (suspensions, radiateurs et prise d'air). Qualifié 3ème, il se débarrasse des deux Brabham de Reutemann et Pace, pour prendre la tête, dès le 2ème tour. Il est harcelé par l'Argentin toute la course, mais remporte son troisième GP, à domicile. Le reste de la saison ne sera pas aussi victorieuse. Niki Lauda et sa Ferrari 312T écrasent la concurrence. Scheckter monte sur les podium de Zolder et Silverstone. Il finit 7ème du championnat, avec 20 points, soit 8 de plus que Depailler.

En 1976, Tyrrell présente sa P34, une Formule 1 à six roues. Cette nouveauté, devait permettre de gagner en vitesse de pointe et d'améliorer adhérence et freinage. Cependant, ce système nécessitait un double système de freinage et de suspension, d'où un poids. Cette voiture révolutionnaire n'est pas prête immédiatement. Scheckter et Depailler débutent donc avec la 007, avant que la P34 ne fasse ses débuts à Jarama. Le Sud-Africain n'est que 14ème sur la grille. Depailler est plus à l'aise avec cette voiture et il est déjà 3ème sur une grille de départ. Mais ensuite, paradoxalement, c'est pourtant Scheckter qui obtiendra les meilleurs résultats : 4ème en Belgique, 2ème à Monaco (où Depailler est 3ème). Et surtout, il donne sa première (et unique) victoire à la P34 au GP de Suède. Il signe d'abord la pole (sa première). Mario Andretti (Lotus) vole le départ et mène les 45 premiers tours, avant d'abandonner. Scheckter prend donc la tête et l'emporte devant Depailler. Hélas, la suite apportera bien des désillusions. Il s'avère que la tenue de route est finalement bien médiocre. Il monte toutefois trois fois sur la 2ème marche d'un podium (Brands-Hatch, Nürburgring, Watkins Glen). A Monza, la victoire est envisageable. Il mène durant 10 tours, mais Ronnie Peterson et sa surprenante March le dépossède de la tête et s'envole vers un succès inattendu.

Au volant de la P34 (Zolder 1976)
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Au volant de la P34 (Zolder 1976)

Début 1977, Walter Wolf, riche homme d'affaire canadien, n'est pas un inconnu en F1 puisque l'année précédente, il fut le partenaire de Frank Williams. Les résultats étant désastreux, Wolf rachète complètement l'équipe fin 1976. Il garde le brillant ingénieur Harvey Postlethwaite et le team-manager Peter Warr et parvient à mettre la main sur Scheckter. Une seule WR1 est engagée. La saison débute bien mal car, au GP d'Argentine, Scheckter n'est que 11ème sur la grille. Mais le dimanche, il remonte petit à petit vers la tête qu'il chipe à la Brabham de Carlos Pace à 5 tours du but. C'est la première fois depuis Mercedes et le Grand Prix de France 1954 qu'une écurie l'emporte dès son premier Grand Prix. Cependant, la voiture connaît toujours quelques problèmes techniques. Au Brésil, retour sur terre : 15ème sur la grille et casse moteur en course. A domicile, Scheckter termine 2ème, derrière Lauda et pointe en tête du championnat. A Long Beach, il prend la tête dès le départ (il partait 3ème), puis mène 76 des 80 tours, jusqu'à ce qu'une crevaison le relègue sur le dernière marche du podium. Après un nouveau podium à Jarama, vient le GP de Monaco. 2ème sur la grille, il passe la Brabham de John Watson dès le départ et mène la course de bout en bout. Il occupe alors solidement la tête du général. Hélas encore, tout a une fin, et quatre abandons vont suivre. En Allemagne, il signe la pole et finit 2ème derrière Lauda qui prend le large au championnat. Il alterne alors abandons et podiums tandis que Lauda assure. A Watkins Glen, sa 3ème place ne sert à rien et Lauda est titré. Il est tout de même vice-champion du monde et remporte une dernière victoire à l'arrachée au Canada (patrie de l'écurie) où, parti 9ème, il profite de l'abandon de Mario Andretti (Lotus), à 3 tours du but.

Vainqueur dès sa première sortie
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Vainqueur dès sa première sortie

La deuxième année de Wolf sera calamiteuse. L'écurie se perd dans les réglages et n'aligne pas moins de cinq modèles différents. 10ème en Argentine, Scheckter abandonne ensuite sur accident trois fois consécutivement (dont deux accrochages avec Patrick Tambay). Il ramène néanmoins un podium de Monaco. A bord de la nouvelle WR5, il a tendance à surpiloter et ne monte qu'une seule fois sur le podium : en Allemagne. La WR6 n'arrive que tardivement mais lui permet de beau résultats : 3ème à Watkins Glen et 2ème à Montréal, derrière son prochain coéquipier : Gilles Villeneuve.


Champion du monde

L'arrivée du bouillant Scheckter chez Ferrari, aux côtés du non moins bouillant Villeneuve est attendu avec grand intérêt. Scheckter à la Scuderia avait de quoi surprendre étant connu son franc parler en totale inadéquation avec le monde d'Enzo Ferrari.

Les deux pilotes s'entendent comme larrons en foire et la paire se révèle complémentaire. De plus le Sud-Africain avait changé : il n'était plus un casseur. Au contraire, il militait pour la sécurité.

Pour cette saison 1979, Mauro Forghieri fut dans l'obligation de construire une wing-car, tâche difficile avec un V12. Néanmoins, il y parvint et conçut la laide et efficace 312T4.

C'est toutefois avec la vielle 312T3 que Ferrari entame la saison en Amérique du Sud. Les deux premières courses (Argentine et Brésil) sont complètement dominées par les Ligier de Jacques Laffite et Patrick Depailler.

Vainqueur lors du GP de Monaco 1979
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Vainqueur lors du GP de Monaco 1979

La T4 fait son apparition à Kyalami où, sous la pluie, Villeneuve domine ses adversaires et Scheckter termine 2ème. A Long Beach, le duo rouge récidive. Ensuite, le Canadien connaît trois abandons d'affilée et Scheckter se pose en leader. 4ème à Jarama, il décroche son premier succès pour Ferrari à Zolder. Quinze jours plus tard à Monaco, il fait des étincelles : pole et victoire. Au général, Scheckter se retrouve en tête, avec 6 points d'avance sur Jacques Laffite. Mais le véritable danger allait venir des Williams d'Alan Jones et Clay Regazzoni. A partir de Silverstone, elles vont truster les victoires et Scheckter s'applique à assurer les points (5ème en Grande-Bretagne, 5ème en Allemagne et en Autriche puis 2ème aux Pays-Bas). Au GP d'Italie, il se retrouve en tête après dix tours devant Villeneuve. Le Canadien, plus rapide, joue la course d'équipe. A 29 ans, Jody Scheckter devient champion du monde de Formule 1. Ferrari remporte de son côté le championnat constructeur grâce au titre de vice-champion arraché par Villeneuve qui l'emporte à Watkins Glen. Il faudra attendre Michael Schumacher et l'an 2000 pour revoir la couronne revenir à un pilote de la Scuderia.


Un jeune retraité

Pour la saison 1980, Ferrari n'aligne qu'une simple évolution de la T4. Les résultats ne se font pas attendre : Ferrari se traîne en milieu de peloton. Si Villeneuve parvient à signer quelques coups d'éclat, Scheckter est inexistant. Il ne marque que deux malheureux points avec sa 5ème place de Long Beach. A la mi-saison, à seulement 30 ans, il annonce sa retraite. Au GP d'Italie, il est victime d'un gros accident lors des essais qui le blesse légèrement. Le lendemain, il est malgré tout au départ de la course et finit 8ème. Il subit l'outrage d'une non-qualification à Montréal puis, à Watkins Glen, 23ème au départ, il finit 11ème et avant-dernier.

Saison difficile en 1980 (ici, à Monaco)
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Saison difficile en 1980 (ici, à Monaco)

Il reste pourtant président de l'association des pilotes en 1981.

Pendant quinze ans, il se reconvertit en patron d'entreprise aux États-Unis, très loin du sport automobile. Il fonde l'entreprise Fats Inc. qui fabrique des simulateurs de tir pour l'armée et autres compagnies de sécurité.

On le revoit en 1999 en tant que remplaçant de Martin Brundle pour faire les commentaires sur ITV, lors du GP de Saint-Marin.

En 2004, Jody Scheckter se joint à d'autres vainqueurs de GP pour Ferrari pour une course exhibition de F1 biplace à Kyalami.

Il est à présent un fermier bio anglais.

Au début des années 2000, ses deux fils, Toby et Thomas, se lancent dans la carrière de pilote automobile. Si le premier a été vite oublié, Thomas est devenu en 2001 pilote essayeur de Jaguar en F1 avant de s'exiler à son tour outre-Atlantique.

Fiche signalétique

  • Sud-Africain
  • né le 29 Janvier 1950 à East London (Afrique du Sud)
  • Débuts en F1 : World Championship Victory Race 1972
  • Débuts en Grand Prix : États-Unis 1972
  • Dernier Grand Prix : États-Unis Est 1980
  • Nombre de Grands Prix disputés : 112 (2 non participations, 8 engagements hors championnat)
  • Victoires : 10 (1ère : Suède 1974)
  • Poles positions : 3 (Suède 1976, Allemagne 1977, Monaco 1979)
  • Meilleurs tours : 5 (1er : France 1974)
  • Podiums : 33 (1er : Belgique 1974)
  • Points : 255 (1ers : Espagne 1974)

Carrière en F1

  • 1972 : McLaren-Cosworth (modèle M19A)
  • 1973 : McLaren-Cosworth (modèles M19C et M23)
  • 1974 : Tyrrell-Cosworth (modèles 006 et 007)
  • 1975 : Tyrrell-Cosworth (modèle 007)
  • 1976 : Tyrrell-Cosworth (modèles 007 et P34)
  • 1977 : Wolf-Cosworth (modèles WR1, WR2 et WR3)
  • 1978 : Wolf-Cosworth (modèles WR4, WR1, WR3, WR5 et WR6)
  • 1979 : Ferrari (modèles 312T3 et 312T4)
  • 1980 : Ferrari (modèle 312T5)


Coéquipiers en F1

Palmarès

  • 1973 : Champion des États-Unis de F5000
  • 1979 : Champion du monde de Formule 1
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