John Barnard

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John Barnard est un ingénieur britannique né le 4 Mars 1946 en Grande-Bretagne.


Les débuts

Diplomé du Collège de Watford en Angleterre, John Barnard débute sa carrière en sport automobile pour le compte de Lola en 1968, en tant que designer. Il participe notamment à l'élaboration des modèles qui disputent le championnat CANAM.

En 1972, il part chez McLaren, écurie à l'époque dirigée par Teddy Mayer. McLaren est impliqué sur plusieurs fronts, comme la F1, l'Indy 500 ou encore la Formule 5000 et Barnard assiste Gordon Coppuck, directeur technique de l'écurie. John Barnard collabore ainsi à la McLaren M23 qui en 1974 remporte le titre mondial entre les mains du jeune Brésilien Emerson Fittipaldi. John Barnard est ensuite appelé courant 1975 à la rescousse par l'écurie américaine Parnelli qu'il ne parvient pas à sauver du fiasco technique et financier dans lequelle elle s'embourbe.
C'est alors Jim Hall qui fait appel à Barnard, toujours aussi coté aux États-Unis, pour qu'il conçoive une monoplace destinée à briller dans le tout nouveau championnat CART. En 1980, la Chaparral 2K de Barnard triomphe ainsi dans le championnat et aux 500 Miles d'Indianapolis avec Johnny Rutherford au volant.

On s'arrache le "Maestro"

A ce stade de sa carrière, Barnard est alors un brillant ingénieur unanimement reconnu pour ses compétences, mais qui n'a encore jamais eu les moyens de pleinement les exprimer. C'est Ron Dennis qui à partir de 1981 va lui offrir cette chance. Placé à la tête de McLaren par Marlboro, le sponsor principal de l'écurie, Ron Dennis entreprend de totalement réorganiser l'équipe. Il en confie la direction technique à John Barnard qui dispose d'une confortable enveloppe budgétaire pour mettre en oeuvre ses projets. La McLaren MP4/1, première création de l'ère Dennis est ainsi une voiture absolument révolutionnaire, avec une coque entièrement conçue en fibre de carbone. C'est la première d'une lignée qui dominera la F1 jusqu'en 1986 avec des pilotes tels que Niki Lauda et Alain Prost.

John Barnard passe alors pour être le meilleur ingénieur de la F1 et sa renommée rivalise avec celle des meilleurs pilotes de l'époque. Les plus grandes écuries se l'arrachent, persuadées de tenir en lui l'arme capable de faire gagner de pleines secondes au tour. Fin 1986, McLaren ne peut faire face à la surenchère de Ferrari et se voit contrainte de laisser partir son leader technique en Italie. En Italie? Pas tout à fait! Car par un caprice comme seules les plus grandes stars peuvent se le permettre, Barnard exige et obtient de Enzo Ferrari en personne que la conception des Ferrari soit délocalisée à Guilford en Angleterre dans une antenne technique habilement baptisée GTO pour "Guilford Technical Organisation", où il s'occupe notamment de la conception de la Ferrari de 1989 à la boite de vitesse révolutionnaire. Un projet à long terme qui n'empêche pas Barnard de se plonger dans le développement des modèles de 1987 et 1988. Mais malgré les progrès constants des Ferrari durant les trois années passées par Barnard en rouge, la venue de celui que les journalistes italiens appellaient "Maestro" n'aboutira pas au résultats escomptés par les tifosi.

Barnard, un ingénieur du passé?

Début 1990, Barnard part chez Benetton. S'il contribue aux excellentes performances de la B190 dessinée à l'origine par Rory Byrne, sa première véritable création pour le compte de l'écurie anglo-italienne est la B191, reconnaissable à son nez de requin surrélevé et qui pousse un peu plus loin le concept aérodynamique mis au point l'année précédente par le Français Jean-Claude Migeot chez Tyrrell. Mais capricieuse et délicate à mettre au point, la B191 n'apporte guère de satisfactions à ces pilotes. Le gros défaut de Barnard, plus passionné par la conception d'une monoplace en bureau d'étude que par son exploitation concrète sur la piste apparait de plus en plus. On lui reproche sa difficulté à tenir les délais, ainsi que son incapacité à déléguer ses attributions. La F1 évolue et le lunatique John Barnard semble avoir du mal à s'y faire. Ce manque de pragmatisme insupporte Flavio Briatore, de même qu'il voit d'un mauvais oeil les ingérences de Barnard dans la direction sportive de l'écurie. Au soir du GP du Canada, marqué par la seule victoire de la saison de la B191 avec Nelson Piquet au volant, Barnard est purement et simplement renvoyé de chez Benetton.

La carrière de Barnard commence à patiner, ce qui n'empeche pas Ferrari, alors au creux de la vague de venir le rechercher fin 1992, tout en lui offrant à nouveau le privilège d'avoir sa propre antenne technique en Angleterre à Shalford (le "FDD" pour "Ferrari Design Development"). A nouveau, même si Barnard contribue à faire remonter la pente aux Ferrari, il est loin de son ancienne réputation de faiseur de miracles. Dans une F1 où les ingénieurs sont de plus en plus starisés, on parle plus volontiers des travaux de Rory Byrne et Ross Brawn chez Benetton ou d'Adrian Newey chez Williams que des exploits de Barnard chez Ferrari. Fin 1996, Jean Todt, le directeur sportif de Ferrari fait d'ailleurs venir le duo Byrne-Brawn chez Ferrari, indiquant de ce fait la porte de sortie à Barnard. Plus que les compétences techniques de Barnard, c'est à nouveau ses méthodes de travail qui posent problème. Pour Jean Todt, l'existence d'une antenne technique Ferrari en Angleterre est source de dépenses inconsidérées et de désorganisation. Ce qu'il ne peut tolérer plus longtemps.

Barnard trouve alors refuge dans la modeste écurie Arrows que Tom Walkinshaw rêve de transformer en écurie de pointe. Mais malgré quelques rares coups d'éclat ici ou là, l'aventure est à nouveau un échec et se solde par une enième rupture entre Barnard et son employeur du moment en 1998. A la tête de la structure "B3 Technologies" (en fait, il s'agit de l'antenne "FDD" qu'il a racheté à Ferrari) on retrouve ensuite Barnard dans un role de consultant technique pour l'écurie d'Alain Prost, puis, Prost GP faisant faillite, il collabore à l'aventure Proton en Moto GP. Sans plus de succès puisque son contrat courant jusqu'à la fin de la saison 2004 n'a pas été renouvelé.


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