John Surtees
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John Surtees est un pilote britannique, né le 11 février 1934 à Tastfield (Angleterre).
Originaire de la patrie de la F1 moderne, l’Angleterre, Surtees a décroché le titre 1964 sur le fil, lors de la dernière course, le 25 octobre à Mexico. Clark ou Hill (Graham, père de Damon) pouvait l’emporter, mais, cette fois et pour une fois, Dame Chance souriait à « Il Grande John », le favori des Tifosi. Clark abandonnait ainsi en toute fin de course à quelques kilomètres du sacre sur fuite d’huile et Bandini, équipier de Surtees poussait tant et plus Graham Hill à commettre une faute que celui–ci, percuté au freinage par la Ferrari de Bandini partait en tête à queue et écrasait ses échappements. Le temps de revenir en course, Bandini et Surtees étaient passés à la poursuite de Gurney et de sa Brabham, futurs vainqueurs. Dans les derniers tours, Bandini s’effaçait, et offrait la deuxième place et le titre à Surtees. Ce dernier n'en serait jamais vraiment satisfait. Pourtant, les années suivantes allaient être marquées par une noire malchance, qui rétrospectivement allait justifier ce titre. Car chaque fois qu’il s’agit de donner le meilleur de soi-même « Big John » répond présent !
Après ses débuts sur Lotus en 1960, il continue en 1961 sur Cooper chez Yeoman Credit et 1962 sur la Lola officielle engagée par le même team. Après de bons résultats et des places de seconds, Ferrari fait appel à lui en Championnat du Monde de Formule 1 1963 et la première victoire au Nurburgring vient vite : tout un symbole, le circuit le plus difficile... Champion en 1964, luttant avec le peu de moyens de sa Ferrari en 1965 devant un inaccessible tandem Clark-Lotus, 1966 doit être à nouveau l’année Surtees. Mais l'espoir fait place au drame lorsqu'en disputant le championnat CANAM, John est victime d’un accident grave. Il revient finalement à l'issue de sa convalescence encore boitillant. L’orgueilleux pilote se brouille dès lors avec Eugenio Dragoni, directeur d’écurie chez les Rouges... Dragoni souhaite favoriser Parkes - et non Bandini comme on put le croire. Ainsi à Monaco John demande la V8 légère ; on lui impose la V12 trop lourde mais Surtees se qualifie en 1ere ligne et déclare: « Mr Dragoni, je suis le plus rapide même avec la V12, je vais mener la course mais la voiture ne tiendra pas et Ferrari ne gagnera pas.» Et Surtees de partir le couteau entre les dents, précéder la BRM de Stewart, avant de casser avant la mi-course la transmission de la Ferrari 312. Ferrari perd ici une course que Bandini finira second au volant d'une V8 qui, elle, a tenu... Surtees revient en Sport à Monza sur une P3 qu’il partage avec Parkes, Dragoni voulant prouver ainsi que John n’a plus les moyens de conduire vite... Malheur en course, la pluie s’en mêle et la P3 tombe en panne de moteur d’essuie glace. Pour éviter l'abandon ou une longue réparation, il ne reste qu'une seule solution vite appliquée par John : rouler plus vite pour que l’eau glisse sur la bulle.. Et John roule plus vite, plus vite que tous le monde et plus vite, surtout que Parkes! Tellement vite que la P3 aveugle remporte la victoire.
Spa 1966: les Ardennes, le soleil ; et en première ligne John et sa Ferrari n°6. Le départ est donné, les monoplaces s'engagent dans le Raidillon.. Soudain, juste avant Masta les hommes se trouvent confrontés à un mur d’eau ! Le climat belge, le déluge, la « drache » nationale... Seules cinq ou six voitures traverseront ce premier tour épique ; en tête : Rindt et Surtees. Ce dernier observe puis, profitant aussi des ennuis de différentiel de la lourde Cooper Maserati de Rindt qui effectuera un triple tête à queue en pleine ligne droite, John passe à l’attaque et remporte sa plus belle victoire !
Le Mans 1966. Jeudi, Surtees apprend que vu son état de forme, Dragoni considère qu’il ne sera bon qu’à jouer au lièvre pendant les deux premières heures. Et ce malgré ses démonstrations de Monza et Spa ! Le soir, une 330GT de route quitte le Mans : John a claqué la porte de la Scuderia qui d’ailleurs sera vaincue au Mans cette année là par Ford.. Il trouve refuge sur la Cooper Maserati abandonnée par Ginther parti chez Honda et avec cette lourde machine termine plusieurs courses dans les points, gagne même à Mexico et termine deuxième du championnat derrière Brabham... L'éventualité de ce qu'aurait été le championnat avec un Surtees chez Ferrari traverse évidemment les esprits.. 1967. Un autre défi attend cet homme de challenge, le défi Honda, lourd très lourd comme sa monoplace d’ailleurs. Surtees a obtenu un soutien discret de l’usine, deux mécanos changés tous les deux mois.. « Une fois formés ! » ironisera Surtees. Ce dernier est toujours habité par la volonté de vaincre, sa RA273 est lourde, il le sait alors il appelle E. Broadley de chez Lola et prend livraison d’un chassis Indy... Monza 67 Clark retardé d’un tour par une crevaison remonte jusqu’à la première place ! …et tombe en panne d’essence dans le dernier tour ! Big John et Black Jack Brabham entrent dans l’avant dernière ligne droite, ensemble :la Honda en tête…le freinage de la fameuse Parabolica va être décisif mais John a remarqué que de l’huile se trouvait à l’intérieur , celle de Hill dont le Ford avait explosé auparavant….et la Honda blanche et rouge semble ouvrir la porte à la Brabham verte et or, Black Jack plonge à la corde et réalise le piège tendu par Big John, il freine glisse sort large et là le vacarme de la grosse Honda passe sur sa droite, John réaccélère une fraction de seconde plus tôt que son adversaire, la ligne est encore loin, la Brabham remonte, 3eme, 4eme….et…..non John ne passe pas la 5eme, il lance le v12 grondant dans son dos en surrégime, il sait que s’il passe la 5eme la perte de temps le fera perdre la course, alors tant pis s’il explose….et le v12 tient dans un bruit aigu à la limite de la rupture la Honda passe en tête la ligne…pour quelques centimètres John SURTEES vient de gagner son dernier GP…il terminera dans le top 5 au championnat…
1968, La Honda conçue par le team Surtees et Lola est la RA301, une des plus rapides F1 du plateau…mais au Japon, le rêve de Mr Honda c’est la RA302, équipée d’un v8 refroidit par air, la même technique que le moteur de la future Civic….et tous les efforts sont concentrés sur cette machine, alors celle de John casse ici une rotule, là une durite ..elle casse alors qu’elle est chaque fois dans le top….la Ra302 débarque en Angleterre, John l’essaie et en ressort effrayé ! Jamais il n’y montera plus…Honda, vexé, en confie le volant au pauvre Jo Schlesser qui se tue avec au GP de France que John terminera second derrière J.Ickx….Encore aujourd’hui John prétend qu’il aurait pu être champion en 1968, on peut le croire. Fin 68 alors qu’en 69 Honda pouvait enfin toucher au but, la firme se retire touchée par le drame ..et dépitée par l’échec de la RA302, la civic sortira même avec un moteur conventionnel... 1969, la galère BRM, après avoir refusé de revenir chez Ferrari, la fierté, toujours cette foutue fierté ! ! ! 1970 et le « fils du vent » , un autre de ses surnoms, de devenir le « loup solitaire », le team Surtees achète une Mc Laren M7A que John modifie et avec laquelle il décroche le retour du tour à Kyalami…..mais John ne vit plus que pour sa voiture la TS7 avec laquelle il s’aligne au gp de GB, simple bien faite la voiture est un succès mais les finances ne suivent pas, John gagnera la GOLD CUP à son volant puis se consacrera de plus en plus à la fabrication et abandonnera le volant, tout un symbole au GP d’Italie 72 sur une Surtees frappée du N° 14 soit 2 x 7.... le 7 le chiffre fétiche de Big John ….l’histoire de son écurie est une autre histoire…..
Rattrapé par le virus de la course, John participe toujours à de nombreuses rencontres historiques motos et voitures et est le team manager du team anglais en A1 GP depuis 2005

