Lola-Haas
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La brève existence de cette écurie, anecdotique au regard de l'histoire du championnat du monde de F1, reste vingt ans après source d'arrachage de cheveux pour les historiens qui ne savent toujours pas comment la désigner. Diverses dénominations sont employées. Le nom de code de chacune des créations de l'écurie étant "THL" pour "Team Lola Haas", il semble qu'il faile s'en tenir à ce nom. Pourtant, l'apparition du nom Lola apparait ici comme une incongruité dans la mesure où la firme d'Eric Broadley ne sera jamais impliquée ni de près ni de loin dans le projet. Il semble qu'il s'agissait juste d'une manière pour Carl Haas de souligner son statut d'importateur officiel de la marque Lola aux Etats-Unis. Les dénominations "FORCE Lola" voir même "Lola Beatrice" reviennent également.
A l'origine, le projet est ambitieux. Il émane donc de Carl Haas, célèbre propriétaire d'écurie aux Etats-Unis qui emet le désir en 1984 de lancer une offensive en Formule 1, défi sur lequel ses compatriotes Roger Penske et Parnelli Jones se sont plus ou moins cassés les dents dans les années 70. Carl Haas parvient à rassembler divers ingrédients de qualité autour de lui. L'écurie FORCE (acronyme astucieux de "Formula One Race Car Engineering) béneficie du solide appui financier de "Beatrice Food", un vaste groupe agro-alimentaire américain, ainsi que du soutien officiel de Ford. Le géant de Detroit, dominateur durant les années 70 grace au fameux V8 Cosworth DFV compte réaliser un tout nouveau moteur V6 Turbo, destiné à le relancer dans la bagarre des grands constructeurs. A la direction sportive de cette nouvelle écurie basée en Angleterre, on retrouve des noms connus tels que Teddy Mayer et Tyler Alexander, les anciens dirigeants de McLaren, placardisés par l'intronisation de Ron Dennis en 1981. A la direction technique, les jeunes Neil Oatley et Ross Brawn, vus notamment chez Williams et chargés d'épauler le directeur technique John Baldwin sont également un gage de sérieux. Plus étonnant est le choix du pilote, FORCE faisant appel à Alan Jones. Le champion du monde 1980, parti à la retraite à l'issue de la saison 1981 avait effectué un come-back peu convaincant pour le compte d'Arrows en 1983. Certains n'hésitent pas à emettre des doutes sur la condition physique et la motivation de l'Australien.
La THL1 fait son apparition dans le paddock de Monza en fin de saison 1985. Elégante, à l'aérodynamique soignée, elle trahit néanmoins plusieurs kilos supeflus. Plus embetant, Ford a pris du retard dans la conception de son nouveau moteur, qui n'apparaitra qu'en cours de saison 1986 et l'écurie doit se rabattre sur un moteur Hart. Logiquement, les résultats ne sont guère brillants et lors des quelques GP disputés, Alan Jones parviendra à grand peine à se qualifier en fond de grille avant d'être rapidement contraint à l'abandon.
L'attelage est reconduit début 1986, toujours dans l'attente du V6 Ford, avec Patrick Tambay venu en renfort d'Alan Jones sur une deuxième voiture. L'apport de Tambay ne se fait pas attendre: nettement plus rapide que Jones (tout comme le sera Eddie Cheever, le remplaçant de Patrick, blessé, à Détroit), il fait grimper la "Lola" de plusieurs échelons dans la hiérrachie et démontre à quel point le pilote australien était une grave erreur de casting. Mais les résultats restent globalement très moyens et l'arrivée tant attendue du Ford Turbo sur la THL2 n'y change rien. Le seul résultat notable des Lola-Haas cette année là sera le tir groupé de Jones et Tambay aux quatrième et cinquième places d'un Grand Prix d'Autriche décimé par les abandons.
Laché par Beatrice-Food, et ne parvenant pas à trouver le budget nécessaire au fonctionnement de l'écurie pour la saison 1987, Carl Haas est contraint de revendre l'équipe à Bernie Ecclestone (lequel avait notamment des vues sur le moteur Ford, que récupérera finalement Benetton), mais la structure de course disparaitra bel et bien.
