Nelson Piquet

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Nelson Piquet Souto Maior est un pilote automobile brésilien né le 17 Août 1952 à Rio de Janeiro (Brésil).

Sommaire

Biographie

Les débuts

Nelson Piquet est venu relativement tard au sport automobile. Malgré quelques premières compétitions de karting dans les années 60, c'est plutôt au tennis que ce fils de ministre brésilien, semble destiné. Envoyé dans une académie de tennis aux États Unis, le jeune Nelson Souto Maior assiste par hasard a une compétition automobile. C’est le déclic. Fini la petite balle jaune, il rentre au Brésil pour se lancer dans le sport-auto, malgré le désaccord paternel. Pour ne pas que son père ne s’en aperçoive, il prend alors le nom de sa mère : "Piquet". Ses premières armes se feront même sous le pseudonyme de "Piket". A partir de là, le parcours est éclair. Sacré champion du Brésil de Kart en 1971 et 1972, puis champion de Formule Super Vee en 1976, Nelson effectue le grand saut vers l’Angleterre, suivant le chemin tracé quelques années plus tôt par Emerson Fittipaldi. Formule Ford, puis Formule 3. Il domine le championnat 78. La première opportunité de piloter une F1 se présente cette même année avec une Ensign privée à Hockenheim. Rebelote avec une McLaren avant que Bernie Ecclestone ne le choisisse pour épauler Niki Lauda sur la Brabham-Alfa Romeo.

Les années Brabham

En 1979, pour sa première saison complète, le jeune Piquet démontre sa pointe de vitesse en titillant régulièrement son prestigieux coéquipier. Beau joueur, le champion du monde autrichien abreuve Piquet de précieux conseils et lui apprend les ficelles du métier. Piquet dira plus tard : "J’ai eu deux vrais amis en F1 : Niki Lauda a mes débuts, et Jean Alesi a la fin". Quand avant la fin de l’année 79, Lauda quitte la F1, le jeune Piquet se retrouve leader de l’une des plus grosses équipes de l’époque... après seulement une saison complète de F1.

1980 est l'année des premières victoires (Long Beach) mais aussi de la première grosse désillusion à savoir l'échec au championnat face au robuste pilote australien Alan Jones à l'issue d'un féroce duel. Piquet prendra sa revanche en 1981 en profitant de la rivalité interne qui oppose Alan Jones à Carlos Reutemann chez Williams. Piquet manque de tout perdre lors du final de la saison à Las Vegas. Au bord de l’évanouissement, vomissant dans son casque, il arrache de justesse les points nécessaires pour coiffer Reutemann et décrocher sa première couronne mondiale. 1982 est une année de mise au point pour le moteur BMW auquel Piquet offre sa première victoire à Montréal. Il n'est pas loin de récidiver à Hockenheim, où il caracole en tête avant d'être victime d'une maladresse du Chilien Eliseo Salazar auquel il prenait un tour. Furieux mais aussi très choqué par cet accident de course anodin, Nelson va alors se ruer sur le pauvre Salazar et offrir aux caméras un incroyable pugilat. Un événement symbolique d'une saison nerveusement éprouvante pour Nelson. Il y a eu la grève des pilotes en début de saison, dans laquelle, en tant que champion du monde en titre et employé de Bernie Ecclestone, Piquet était dans une position inconfortable. Puis il y a eu les disparitions de Gilles Villeneuve et de Ricardo Paletti. Sa non-qualification à Détroit. Et enfin, la veille, Nelson a été l'un des premiers pilotes sur les lieux de l'effroyable crash de son camarade Didier Pironi. Alors face à Salazar, les nerfs lâchent...

La laborieuse mise au point du moteur BMW se concrétise en 1983 par le deuxième titre mondial du Brésilien. Piquet devient alors le premier pilote "turbo" champion du monde, au nez et a la barbe d'Alain Prost et des précurseurs de chez Renault. Un titre entaché par la supposée non conformité de l’essence utilisée par BMW en fin de saison.
La suite de l'aventure Brabham-BMW est moins glorieuse. Favori logique de la saison 1984, Piquet confirme sa point de vitesse mais est victime de la fiabilité catastrophique du bloc BMW et ne peut rivaliser avec les McLaren de Prost et Lauda. L'année 1985 est encore pire, en raison notamment de la difficulté à exploiter les pneus Pirelli. Mais ce sont justement les gommes italiennes qui offrent à Piquet sa seule victoire de la saison sur le bitume surchauffé du Castellet. Très à l'aise dans l'environnement familial de Brabham, Piquet sombre dans une douce torpeur, se satisfait de peu et ne prète guère attention aux offres que lui font alors certaines grosses écuries comme McLaren et Ferrari. Mais l'impasse technique dans laquelle semble s'enfermer BMW ainsi que le désengagement progressif de Bernie Ecclestone, de plus en plus accaparé par ses responsabilités à la tête de la F1 l'incitent finalement à regarder si l'herbe ne serait pas plus verte ailleurs.

La rivalité avec Mansell

Fin 1985, il signe chez Williams, écurie dans laquelle le moteur Honda a démontré d’excellentes dispositions. Premier GP et première victoire chez lui, à Rio sur le circuit de Jacarepagua. Le dilettante Piquet s’attend alors à une saison facile. C’est sans compter sur la révélation Mansell. Auteur de prestations irrégulières chez Lotus et chez Williams avec Keke Rosberg, Nigel Mansell est transfiguré par son premier succès acquis fin 85 à Brands-Hatch. Il prend rapidement l’ascendant sur Piquet qui ne prend pas la peine de dissimuler le mépris qu'il éprouve pour son rival britannique. A mi saison, Piquet réagit. Il livre alors quelques unes des plus belles courses de sa carrière, comme sur le Hungaroring de Budapest où il sort vainqueur d’un duel d’anthologie avec Ayrton Senna. Deux autres victoires en Allemagne et en Italie permettent à Piquet de se repositionner dans l'aspiration de Mansell au moment d'aborder l'ultime ligne droite du championnat. Mais c’est Alain Prost qui décroche la timbale à l’issue d’un final rocambolesque dans les rues d'Adélaïde.

En 1987, la Williams se détache de ses concurrentes. Le titre ne peut échapper à Nigel Mansell ou à Piquet. Le Grand Prix de Saint-Marin 1987 à Imola marque un tournant dans la carrière de Piquet. Aux essais, un bris de suspension l’envoie dans le mur de Tamburello. Sévèrement commotionné, il perd une partie de ses facultés de pilote. Troubles du sommeil, pertes de concentrations, Nelson Piquet est à la peine. Devenu incapable de concurrencer Mansell en vitesse pure, il utilise des armes différentes, à la manière d’un Niki Lauda en son temps. Il développe une grande complicité avec son ingénieur Franck Dernie. Réglages différents, choix de pneus osés, stratégies décalées, il tente de prendre Mansell à revers... Et ça marche ! Avec une certaine dose de réussite il conquiert son troisième titre mondial et quitte Williams non sans avoir pris soin d’emporter sous son bras le moteur Honda.

Le lent déclin

Lors des deux années suivantes, Piquet ne fait rien pour empêcher la lente descente aux enfers de Lotus, sa nouvelle écurie. Et d’imposer Frank Dernie à la direction technique en lieu et place de Gérard Ducarouge n’y changera rien. Ducarouge ne jurait que par Senna. Le fier Piquet ne le supportait pas. A Rio, pour l’ouverture de la saison 1988, Piquet étrenne son titre à domicile. Dans la ligne droite des tribunes, il est inexorablement débordé par la McLaren d'Ayrton Senna. Les Cariocas assistent incrédules à la prise de pouvoir du Pauliste. Une page de la F1 se tourne.
On le dit fini, bon pour la retraite. Mais Flavio Briatore qui vient de prendre la direction de Benetton a besoin d’un pilote d’expérience pour développer l’écurie. Il pense a Piquet. Le salaire de star de Piquet le rebute. Surtout pour un pilote à la motivation parfois défaillante. Il lui propose un deal. Un fixe modeste et 50 000$ par point marqué. Piquet accepte et marque une quarantaine de points ! Faites le calcul... 2 victoires viennent embellir cette saison 1990. L’une chanceuse à Suzuka, l’autre somptueuse à Adelaide. De quoi repartir en 1991 avec de solides ambitions pour le championnat. Mais les signes avant coureurs d’une nouvelle démotivation apparaissent. Piquet négocie à nouveau un gros salaire. Et pour remplacer le véloce Italien Alessandro Nannini qui avait su si bien l’aiguillonner, Piquet impose son copain d’enfance Roberto Moreno, un pilote assez moyen, incapable de l’inquiéter. Et le scénario de la période Lotus se reproduit. Piquet s’endort et sombre dans la facilité, malgré une ultime victoire à Montréal. La Benetton B191 conçue par John Barnard plonge Piquet dans des abymes de perplexité, les Pirelli sont inconstants et le V8 Ford manque de tonus, alors Piquet baisse les bras et ne fait rien pour inverser la tendance.

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Il dispute son 199e GP à Spa et termine sur le podium tandis que Roberto Moreno réalise le meilleur tour en course. La prestation d’ensemble des Brésiliens de Benetton est très bonne, mais ce jour la, Briatore n’a d’yeux que pour un jeune Allemand qui fait sensation chez Jordan pour son premier GP. Un certain Michael Schumacher. Dans les jours qui suivent, Flavio Briatore débarque le pâle Roberto Moreno et le remplace par Michael Schumacher. Fureur de Piquet qui tente de prendre la défense de son ami d’enfance. Le GP suivant a lieu à Monza. Les jours précédant la course sont incertains. Piquet menace de quitter l’écurie. Ce à quoi Flavio Briatore répond qu’il est tout simplement viré. Piquet viré la veille de son 200e GP ! En coulisses, on s’agite et Bernie Ecclestone intervient en faveur de son ancien pilote. In extremis, Piquet est réintégré. Le team Benetton organise une grande fête dans le paddock pour célébrer le 200e GP de Nelson. Même Nigel Mansell, le vieil ennemi de Piquet y est convié! Mais le cœur n’y est pas. Sur la piste, Piquet ne parvient pas à suivre le rythme de Schumacher. A la presse, Briatore parle volontiers de "ces jeunes pilotes qui vont vite et ne coûtent pas un rond et de ces autres pilotes grassement payés et qui ne justifient pas leur salaire". Il ne donne pas de noms, mais le message est clair: Benetton ne compte plus sur Piquet pour la saison suivante. De vagues contacts avec Ferrari et avec Ligier n’aboutiront pas. En consultant le palmarès 1992 de ces écuries, ce n’est pas un mal.

Piquet quitte donc la F1 pour un nouveau défi :l'Indy 500. Courant mai 1992 il se blesse grièvement au cours des derniers essais sur le Brickyard. Ironie du sort, quelques jours plus tôt, il avait reçu une proposition de Flavio Briatore pour remplacer Martin Brundle, auteur d’un mauvais début de saison chez Benetton. La convalescence sera longue mais n’empêchera pas Piquet de mener à bien son défi. Il prend le départ des 500 Miles 1993. Sans grand succès puisque qu'une casse moteur le contraint à l'abandon tôt dans la course. Autre défi, Les 24 heures du Mans, au volant de la vieillissante McLaren F1 GT. Avec Johnny Cecotto et Danny Sullivan en 1996, puis JJ Lehto et Steve Soper en 1997. Là encore, la réussite ne sera pas au rendez-vous.

Nelsiñho

Même s'il a remisé casque et combinaison, Nelson Piquet n'en est pas moins toujours présent sur les circuits. Il a créé une écurie de Formule 3 destinée à faire courir son jeune fils Nelson Angelo (surnommé "Nelsiñho"), vainqueur du Championnat britannique de Formule 3 en 2004. L'écurie a franchi le pas du Grand Prix 2 en 2005. Une victoire à Spa permettra à Nelson Jr de finir 8ème du championnat 2005, l'écurie Piquet Sports finissant 6ème. Pour 2006, l'objectif est simple : le titre pilote car on sait que l'écurie ART Grand Prix sera encore très forte. Avec un début de saison calamiteux où Lewis Hamilton vole de victoire en victoire, Nelsiñho perd du terrain. Il signe néanmoins 6 des 11 pôles de la saison (recordman de la discipline). En gagnant les 2 manches en Hongrie en une en Turquie, il se bat pour le championnat jusqu'au dernier meeting à Monza où il devra se contenter de la place de dauphin du pilote britannique. Ses bons résultats lui ouvrent les portes de la F1 chez Renault managé par ... Flavio Briatore.

Nelson gagnera sa dernière course officielle (?) en 2006 en compagnie de son fils à l'occasion de la grande course d'endurance nationale : les Mil Milhas Brasil.


Fiche Signalétique

  • Brésilien
  • né le 17 Août 1952 à Rio de Janeiro (Brésil)
  • Début en GP : Allemagne 1978
  • Dernier GP : Australie 1991
  • Nombre de GP disputés : 204 (2 non-qualifications : Etats-Unis Est 1982 & Belgique 1989)
  • Meilleur résultat en course : victoire (23 fois)
  • Meilleur résultat en qualifications : pole position (24 fois)
  • Nombre de points marqués : 485,5
  • Nombre de podiums : 60
  • Nombre de meilleurs tours : 23
  • 1 fils (Nelson Angelo)


Carrière

Formule 1

Sport Automobile

  • 1969 Karting Brésil
  • 1970 Karting Brésil
  • 1971 Karting Brésil (Champion)
  • 1972 Karting Brésil (Champion)
  • 1973 ?
  • 1974 ?
  • 1975 ?
  • 1976 Formule Super Vee Brésil (Champion)
  • 1977 Formule 3 GB (3ème)
  • 1978 Formule 3 GB (Champion), Formule 1 (non classé)
  • 1979 Formule 1 (15ème)
  • 1980 Formule 1 (2ème, 3 victoires)
  • 1981 Formule 1 (Champion, 3 victoires), WSC
  • 1982 Formule 1 (11ème, 1 victoire)
  • 1983 Formule 1 (Champion, 3 victoires)
  • 1984 Formule 1 (5ème, 2 victoires)
  • 1985 Formule 1 (8ème, 1 victoire)
  • 1986 Formule 1 (3ème, 4 victoires)
  • 1987 Formule 1 (Champion, 3 victoires)
  • 1988 Formule 1 (6ème)
  • 1989 Formule 1 (8ème)
  • 1990 Formule 1 (3ème, 2 victoires)
  • 1991 Formule 1 (6ème, 1 victoire)
  • 1992 Indy 500
  • 1993 Indy 500
  • 1994 et 1995 retraite
  • 1996 Le Mans
  • 1997 Le Mans
  • 1998 à 2005 retraite
  • 2006 GT Brésil


Palmarès

Titres

  • 1971 Champion du Brésil de Karting
  • 1972 Champion du Brésil de Karting
  • 1976 Champion du Brésil de Formule Super Vee
  • 1978 Champion d'Angleterre de F3
  • 1980 vice-champion du Monde de F1 des Pilotes
  • 1981 Champion du Monde de F1 des Pilotes, vainqueur des 1000 Km du Nürburgring
  • 1983 Champion du Monde de F1 des Pilotes
  • 1987 Champion du Monde de F1 des Pilotes
  • 2006 vainqueur des Mil Milhas Brasil


Ses 2 participations aux 24 heures du Mans

Année Numéro Voiture Catégorie Copilotes Essais qualificatifs Résultat en course
1 1996 39 McLaren F1 GTR LM GT1 Johnny Cecotto / Danny Sullivan 15ème 8ème
2 1997 42 McLaren F1 GTR GT1 JJ Lehto / Steve Soper 4ème Abandon


Son unique participation aux 500 Miles d'Indianapolis

Année Numéro Voiture Essais qualificatifs Résultat en course
1992 27 Lola-Buick non qualifié -
1 1993 77 Lola-Menard 13ème Abandon


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