Ron Dennis

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Sir Ron Dennis est né en Juin 1947 à Woking, en Angleterre.

Prétentieux, arrogant, mégalo. Ce sont les mots qui reviennent le plus souvent dans la bouche des detracteurs de Ron Dennis. Mais force est de reconnaitre que cet homme parti de rien a su batir depuis pres de 20 ans un superbe empire, tout en s'affirmant comme l'une des personnalités incontournables de la F1.

Sommaire

Biographie

Les mains dans le cambouis

Ron Dennis quitte l'école à 16 ans sans le moindre diplôme en poche. Passionné de sport automobile, il devient apprenti-mécanicien chez un petit préparateur local. A 18 ans, il intègre l'écurie de F1 Cooper, où il cotoie notamment le jeune espoir autrichien Jochen Rindt. Lorsqu'en 1968, Rindt quitte Cooper pour Brabham, il emmene Ron Dennis dans ses bagages. Dennis devient le chef mécano de Jack Brabham et restera dans le team jusqu'à la fin de l'année 70 quand Jack Brabham prend sa retraite de pilote et revend l'écurie à Bernie Ecclestone.

Les 4 projets de Dennis

En compagnie d'un autre mécano de Brabham, Neil Trundle, Dennis décide alors de monter sa propre structure, ce sera le Rondel Racing ("Project 1") à partir de 1971. Le Rondel Racing, soutenu par le pétrolier français Motul engage des Brabham dans le championnat européen de Formule 2 pour des pilotes tels que Bob Wollek, Carlos Reutemann ou encore Henry Pescarolo.
Ron Dennis se fait ensuite constructeur en demandant à Ray Jessop de concevoir une inédite monoplace de F2 pour l'équipe désormais baptisée Motul F2 ("Project 2"). Le projet d'écurie Rondel F1 faisant long feu en 1973 à cause du retrait soudain de Motul en plein choc pétrolier, Dennis se lance dans une nouvelle écurie de F2 simplement baptisée "Project 3", et qui reçoit notamment l'appui du motoriste BMW. Vient ensuite le "Project 4", qui brille en F3 britannique, en F2, et même dans le championnat Procar qui voit s'affronter des BMW M1 en lever de rideau des GP de Formule 1. Ron Dennis y fait notamment courir un certain Niki Lauda.

Remarquable directeur d'écurie, Ron Dennis a su gagner la confiance de Marlboro, ravi de son engagement dans les diverses écuries du patron anglais. Des succès qui pour Marlboro tranchent avec les pitoyables résultats de l'écurie McLaren en F1, elle aussi soutenue de longue date par la marque au cow-boy. N'ayant plus confiance en Teddy Mayer, propriétaire de McLaren, Marlboro favorise alors la fusion entre le "Project Four" et McLaren, et place Ron Dennis à la co-direction de l'écurie aux cotés de Teddy Mayer qui ne tardera pas à s'en aller, laissant les pleins pouvoirs à Dennis.

Les irrésistibles McLaren

Dès son arrivée chez McLaren à l'issue de la saison 1980, Ron Dennis met sur pied un programme ambitieux destiné à redonner son lustre d'antant à l'équipe. Il s'associe avec le Saoudien Mansour Ojjeh, héritier du groupe TAG, afin de financer la réalisation d'un inédit moteur Turbo dont la conception sera confiée à Porsche. Dennis engage aussi le brillant ingénieur John Barnard et parvient à faire sortir le double champion du monde autrichien Niki Lauda de sa retraite.
Avec de tels ingrédients, il faut peu de temps à McLaren pour retrouver le chemin de la victoire. En 1984, Niki Lauda remporte son troisième titre mondial et son seul rival au championnat n'aura été autre que son nouvel équipier Alain Prost. Prost à son tour se pare de lauriers en 1985 et 1986. L'association avec Porsche s'essoufflant, Ron Dennis se tourne alors vers le motoriste Honda dont les V6 Turbo dominent la F1. Fin 1987, Dennis réalise un coup de maitre en chipant le Honda à Williams et en faisant signer le jeune Brésilien Ayrton Senna, considéré comme le seul pilote capable de rivaliser avec Alain Prost. En 1988, l'association de rêve que forment McLaren, Honda, Prost et Senna est irrésistible et remporte 15 des 16 courses de la saison. Le seul échec de Ron Dennis à cette période aura été de ne pas savoir gérer le duel entre Prost et Senna qui dégénère progressivement et entraine le départ du Français chez Ferrari fin 1989. Mais cela n'empeche pas McLaren de poursuivre sa domination jusqu'à la saison 1991 et le troisième titre mondial d'Ayrton Senna (après ceux de 1988 et 1990).

Parallèlement, Ron Dennis confie à l'ingénieur Sud-Africain Gordon Murray le soin de concevoir la première McLaren de route. Voiture de l'extrème réservée à une richissime clientèle, la sublime "McLaren F1" marquera durablement les esprits et se montrera à la hauteur de la réputation d'excellence de la marque. Sa version course remportera même les 24 heures du Mans en 1995.

McLaren et Mercedes

Mais pendant que McLaren diversifie avec succès ses activités, le bel édifice de Ron Dennis en F1 se fissure progressivement. Dominé par Renault en 1992, Honda annonce brutalement son retrait de la F1. Dennis échoue dans ses tentatives de récupérer le moteur français et doit se contenter d'un contrat peu avantageux avec Ford pour la saison 1993. Alors que l'écurie est encore un peu plus fragilisée par le départ d'Ayrton Senna à la fin de l'année, Dennis s'associe avec Peugeot pour ce que l'on croit être une fructueuse collaboration. Mais le manque d'implication de Peugeot en F1 pousse Dennis à rompre cavalièrement son contrat avec la firme au Lion au bout d'un an pour se tourner vers Mercedes dont le standing et les ambitions lui correspondent plus. (La prise de participation de Mercedes à hauteur de 40% dans le capital de McLaren a d'ailleurs contribué à faire de Ron Dennis une des personnalités les plus riches d'Angleterre). Les débuts des McLaren-Mercedes en 1995 sont laborieux mais aboutissent au double sacre mondial de Mika Häkkinen en 1998 et 1999. Peut-être Dennis s'imaginait-il alors revivre un cycle de domination comparable à ceux connus avec Porsche puis Honda ? Il n'en a rien été, McLaren, comme tant d'autres, passant sous le rouleau compresseur Ferrari. La Scuderia Ferrari a fait explosé ces dernières années les critères de l'excellence. Volontier aigri et mauvais perdant, Ron Dennis en a évidemment pris ombrage. A lui de démontrer désormais que le pharaonique projet "Paragon" dans lequel sont désormais regroupées tous les activités de McLaren (de la F1 à la Mercedes SLR) et qui depuis plusieurs années a mobilisé les forces vives du groupe était la meilleure solution pour replacer l'écurie sur la voie du succès.
Car depuis 2000 et son anoblissement par la reine (il a été fait commander de l'empire britannique), Ferrari puis Renault ont gagné tous les championnats, ne laissant que quelques victoires ici et là aux flèches d'argent.
Ron s'est fait par contre remarqué pour la gestion de ses pilotes. Il a annoncé et signé Juan Pablo Montoya en 2003 pour la saison ... 2005 et fait de même cette même année avec Fernando Alonso pour la saison 2007. Cette gestion est pour le moins étrange car elle place les pilotes titulaires dans l'incertitude durant une saison complète. Il sera tout aussi indéliquat avec Bobby Rahal lorsque celui-ci essaiera de faire signer Adrian Newey dans son écurie Jaguar. Ce même Newey que Ron ne pourra empécher de partir en direction de l'écurie Red Bull Racing construite sur les ruines de ... Jaguar.
Pour 2007, Fernando Alonso fera équipe avec le protégé de Ron le jeune britannique Lewis Hamilton (que Ron suit et finance depuis le Karting). Une paire qui on l'espère donnera encore quelques dernières joies à Ron car la rumeur voulait que Mercedes se porte acquéreur de la totalité du team McLaren.
Retournement de situation lorsqu'on apprend en Janvier que Ron a vendu 15% du capital de McLaren International Ltd (son associé Mansour Ojjeh en a fait de même) à la "Bahrain Mumtalakat Holding Company".


Palmarès (fin 2006)

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