Tazio Nuvolari
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Tazio Nuvolari, est né le 16 novembre 1892 au Castel d’Ario à Mantoue. Il est l’une des plus grandes légendes de la course.
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Biographie
Tazio est né dans une famille où le sport est un culte : son père est un cycliste honnête et son frère aîné Guiseppe un champion italien reconnu.
La révélation
En septembre 1904, Tazio assiste à sa première course, à Brescia et admire les as du volant de l’époque, notamment un certain Vicenzo Lancia. Tazio manifeste très vite un intérêt grandissant pour les monstres mécaniques et s’intéresse avant tout aux motos : on raconte que Tazio une fois a « emprunté » la moto de son père en pleine nuit pour rouler à fond sur les routes désertes et découvrir les sensations fortes de la vitesse.
Des débuts reportés…
Tazio franchit le pas en 1915 en obtenant sa licence de moto mais la guerre qui embrase l’Europe va contenir un temps sa volonté de courir. Il est sur le front et conduit des ambulances et autres sortes de véhicules pour escorter des officiers. Un jour, il sort de la route volontairement : son supérieur lui ordonne d’arrêter et lui dit : « écoutez moi bien, interdiction de conduire. Vous n’êtes pas fait pour ce job… » Le sort peut être bien ironique parfois….
Sa première course se déroule sur moto en 1920 et sa première course automobile en 1921, la Coppa Veronese…qu’il remporte. Un signe qui ne trompe pas….
L’irrésistible ascension du « campionissimo »
Dans les premières années de la décennie 1920, Tazio se partage toujours entre motocyclisme et voitures. En 1923, lors d’une course près de Ravenne, il croise pour la première fois le chemin d’Enzo Ferrari alors pilote d’Alfa Romeo. Ce dernier fut alors très impressionné par le talent de ce petit homme qui tenait la dragée haute aux grosses cylindrées avec des voitures moins puissantes. Les victoires nationales s’enchaînent et Tazio se voit affublé par le public du surnom de « campionissimo ».
En 1928, il remporte à Tripoli son premier grand prix automobile de rang international sur une Bugatti type 35. C’est aussi à cette époque que commence à s’affirmer la rivalité sportive et loyale avec l’autre idole de l’Italie, Achille Varzi.
Trajectoires en rouge
Le grand tournant a lieu en 1930 : jusque là, Nuvolari se « manage » lui-même, ce qui est défavorable face aux grosses écuries. Vittorio Jano, le patron d’Alfa Romeo en compétition, appelle Nuvolari pour intégrer son équipe.
Il ne tarde pas à honorer son contrat puisqu’il remporte les Mille Miglia. Cette course est restée célèbre pour la manière avec laquelle Nuvolari obtint sa victoire : après un long duel avec Varzi, il décide quelques kilomètres avant l’arrivée d’éteindre ses phares pour feindre d’avoir été distancé. En faisant un fulgurant retour, il prit par surprise Varzi et le battit sur le fil. En 1931, Nuvolari éclabousse la compétition : en 20 courses, il signe 7 victoires dont les fameuses Targa Florio, grand prix d’Italie et la Coppa Ciano. 1932 est du même acabit avec des victoires impressionnantes dans les grand prix de Grand Prix de France, Italie, Allemagne, la Targa Florio et une nouvelle fois la Coppa Ciano.
Sa popularité est au maximum et bien entendu le régime fasciste essaya de récupérer cette gloire en le félicitant et en le recevant : le poète Gabriele d’Annunzio puis Mussolini lui-même le reçoivent dans leurs demeures.
1933 souffle le chaud et le froid : il gagne 11 courses, dont les Mille Miglia,le fameux Eifelrennen et les 24 heures du Mans. Mais les tensions dans la Scuderia Ferrari qui engage les Alfa se précisent et il finit par quitter l’écurie pour piloter des Maserati. Il est à deux doigts de signer pour Auto Union en 1934 mais se fait souffler la politesse par Varzi, son éternel rival. Il va finalement se réconcilier avec Ferrari et revenir conduire des Alfa Romeo.
Au sommet de son art…
En 1935, Tazio signe l’une des courses les plus impressionnantes de l’histoire du sport automobile : depuis quelques années, ce sont les écuries allemandes qui écrasent les grands prix avec les Auto Union Typa A et les Mercedes W25 pilotées par des talents comme Hans Stuck (père), Rudi Carraciola ou encore Luigi Fagioli. Arrive le grand prix de l’Eifel, en Allemagne : en pleine époque nazie, au cœur du troisième Reich, cette course doit être celle de la célébration de la supériorité de la technologie - et donc par analogie à cette époque - de la race aryenne en Europe. Devant 300 000 personnes, la course est écrasée une fois de plus par les machines germaniques et Nuvolari, retardé par un incident lors du ravitaillement, a pris énormément de retard. N’ayant plus rien à perdre, et avec des pneus plus frais, il prend tous les risques sur son antique Alfa P3 et repasse un à un des rivaux mieux armés (375 chevaux contre 265 à la P3) mais en délicatesse avec leurs pneus dévorés par la puissance infernale délivrée aux roues par les Kompressors. A quelques encablures de l’arrivée, Manfred Von Brauchitsch, alors leader, crève et doit laisser la place à Nuvolari qui triomphe devant une foule médusée. Ironie du sort, que les firmes allemandes soient battus une seule fois cette année là, et juste sur leurs terres, sur un circuit bariolé de croix gammées….
En 1936, Tazio s’impose en Amérique lors de la Vanderbilt Cup. Par contre, 1937 est une année noire sur le plan sportif comme familial : il perd l’un de ses deux fils, Giorgio. En compétition, il ne remporte qu’une course secondaire et ne peut rien face aux monstres allemands dont les chiffres deviennent hallucinants : le 6 litres de l’Auto Union type C délivre 520 CV et la Mercedes W125 près de 650 CV ! Son Alfa type 12C et ses 375 CV ne peuvent rien….
1938 voit le règlement évoluer avec une nouvelle formule pour les grands prix : 4500 cm3 maximum pour les atmosphériques et 3000cm3 pour les turbocompressés. Les Alfa sont encore dépassées sur le plan technique et surtout, un incident mécanique lors des essais du gp de Pau déclenche un incendie et brûle au visage Nuvolari. Excédé, il décide de se retirer quelques temps de la course, avant d’être vite rattrapé par sa passion et de signer avec Auto Union, pour remplacer le jeune espoir Bernd Rosemeyer décédé lors d’une tentative de record de vitesse. Il remporte de belles victoires et notamment s’adjuge le grand prix de Belgrade, le 3 septembre 1939, le jour même où la France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne qui vient d’envahir la Pologne deux jours plus tôt. La nuit tombe sur les grand prix et cette victoire restera comme la dernière d’Auto union en grand prix, mais aussi la dernière du grand Tazio.
Epilogue
Après la guerre, Tazio perd son second fils mais trouve encore la force de reprendre la compétition en 1946, notamment sur des Maserati, Fiat ou Cisitalia. Le grand prix de Parme en 1947 reste sa dernière victoire. Il va encore marquer les foules lors des Mille Miglia en terminant la course en dépit d’attaques de vomissements et d’une série incroyable de soucis de course. Il dispute sa dernière compétition en 1950 mais sa santé décline vite et il s’éteint le 11 août 1953.
Ferdinand Porsche dira de lui : « il fut le plus grand pilote du passé, du présent et du futur »
Palmarès
Titres
MOTO
Champion d’Italie 500 1924
Champion d’Italie 350 1926
AUTO
Champion d’automobile d’Italie 1927-1928(classe 2) et 1932
Champion d’Italie classe 5000 1935 et 1936
Champion international 1932
COURSES
Vainqueur des Mille Miglia 1930 et 1933
Vainqueur du Tourist Trophy 1930 et 1933
Vainqueur de la Targa Florio 1931 et 1932
Vainqueur des 24 heures du Mans 1933
Vainqueur de la Coupe Vanderbilt 1936
Vainqueur de la Coppa Ciano 1931,1932,1933,1935 et 1936
Grand Prix (victoires en grand prix comptés dans les championnats internationaux)
1931 :Italie
1932 :Italie, France, Monaco
1933 :Belgique
1935 :Allemagne
1936 :Hongrie
1938 :Italie,Angleterre
1939 :Yougoslavie
autres grand prix gagnés : Tripoli, Nice, Modène, Eifel, Pau….
