Tyrrell

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Tyrrell est une ancienne écurie et un ancien constructeur britannique.

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Sommaire

Historique

Ken Tyrrell pilote

Né dans le Surrey, Robert Kenneth "Ken" Tyrrell servit dans la RAF durant la Seconde Guerre mondiale. Après avoir un temps été commerçant dans le bois (ce qui lui vaudra plus tard le surnom de "Bûcheron"), il débute en Formule 3 en 1952. Il passe à la Formule 2 en 1958, terminant 6ème du Crystal Palace Trophy. Il est ainsi aligné sur un Grand Prix hors championnat, accueillant des F2 : les 200 miles d'Aintree (classé 17ème et dernier à 5 tours après un accident).

Ken Tyrrell directeur

Il met fin à sa carrière de pilote en 1959 et réinvestit les gains de son entreprise pour faire courir des Cooper de Formule Junior. Il découvre et aligne, en 1963, Jackie Stewart. C'est le début d'une "carrière" de découvreurs de talents (entre autres, John Surtees et Jody Scheckter). En 1965, il aligne une Cooper-BRM de Formule 2 pour Jackie Stewart pendant que celui-ci est passé en Formule 1 chez BRM.

A partir de 1966, une association est créée entre Tyrell Racing Organisation, le pétrolier Elf (http://fr.wikipedia.org/wiki/ELF_Aquitaine) et le constructeur Matra. Tyrrell aligne des Matra-Cosworth ou BRM en Formule 2. Stewart signe deux podiums et termine 5ème des Trophées de France. Jacky Ickx signe un podium à Albi.

En 1967, Matra s'essaie seul à la Formule 1 (Matra Sports) avec Johnny Servoz-Gavin, tandis que Jacky Ickx remporte le premier titre européen de Formule 2 avec une Matra-Cosworth alignée par Matra International, c'est-à-dire Ken Tyrrell.

En 1968, alors que Jean-Pierre Beltoise est aligné par Matra Sports en Formule 1, Ken Tyrrell débauche Stewart de chez BRM et l'aligne sur sa Matra-Cosworth. Avec trois victoires (Pays-Bas, Allemagne, États-Unis), l’Écossais termine vice-champion du monde derrière Graham Hill.

En 1969, les deux pilotes sont réunis chez Matra International et Matra abandonne son bloc pour que Tyrrell ne se consacre qu'au V8 Ford-Cosworth DFV. Avec six victoires, Jackie Stewart domine la saison, signe son premier titre et Beltoise termine 5ème du classement final, avec une 2ème place à domicile. A la fin de l'année, Matra voulant absolument se diriger exclusivement sur le V12, Tyrrell, convaincu de la suprématie du V8 Ford-Cosworth décide de devenir constructeur.

 Johnny Servoz-Gavin sur une March 701 de Ken Tyrrell (Monaco 1970)
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Johnny Servoz-Gavin sur une March 701 de Ken Tyrrell (Monaco 1970)

La première Tyrrell ayant été mise en chantier tardivement, il aligne pour le début 1970, des March 701 pour Jackie Stewart et François Cevert. Pour la première apparition d'une March en Grand Prix, Stewart signe la pole position et le podium. Pour sa deuxième sortie, on inverse les chiffres : parti 3ème, Stewart remporte le Grand Prix d'Espagne. Il signe ensuite les poles à Monaco et en Belgique puis une 2ème place aux Pays-Bas et en Italie.

Ken Tyrrell constructeur

Les succès

Patrick Depailler vers la victoire (Monaco 1978)
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Patrick Depailler vers la victoire (Monaco 1978)

C'est alors que la Tyrrell 001 sort des ateliers (en un exemplaire : Cevert poursuit avec la March). Stewart signe la pole dès sa première sortie puis deux 2èmes places sur les grilles des Grands Prix des États-Unis et du Mexique. Il est à chaque fois contraint à l'abandon.

Arrive la saison 1971. Jackie Stewart signe six victoires (et autant de poles) en onze manches et s'attribue son deuxième titre avec quasiment le double de points par rapport à Ronnie Peterson (March). François Cevert signe son premier succès à Watkins Glen. Tyrrell remporte le titre constructeur pour sa première saison complète.

En 1972, la saison est moins réussi même si Stewart gagne encore quatre Grands Prix et termine vice-champion derrière Emerson Fittipaldi (Lotus). Cervert ne signe que deux podiums en Belgique et aux États-Unis. Tyrrell est également vice-champion des constructeurs derrière Lotus.

1973 est, à nouveau, une grande année pour les "Bleus" de Tyrrell. Stewart, qui a décidé de mettre un terme à sa carrière en fin de saison, gagne cinq Grands Prix et son troisième titre de champion du monde. Cevert, avec six deuxièmes places, termine 4ème du championnat et paraît le successeur tout désigné de l’Écossais. Las, le français se tue lors des essais de Watkins Glen. Stewart ne prendra pas le départ de son 100ème Grand Prix.

Toujours soutenu par Elf, Ken Tyrrell engage pour la saison 1974, le Sud-Africain Jody Scheckter et le Français Patrick Depailler. Scheckter l'emporte en Suède et en Grande-Bretagne et, avec sa 3ème place à Monza, devient un sérieux candidat au titre. Malheureusement, deux abandons, au Canada et aux États-Unis, le laisse à la 3ème place finale. Avec Depailler 9ème, Tyrrell est 3ème des constructeurs.

En 1975, la 007 est dépassée et Scheckter ne signe qu'une victoire, en Afrique du Sud. Tyrrell glisse à la 5ème place.

En 1976, Scheckter et Depailler entame leur troisième saison chez "Oncle Ken" et pilotent la célèbre Tyrrell P34 à six roues conçue par Derek Gardner. Ils signent un magnifique doublé en Suède et, avec quelques places d'honneur, terminent, respectivement, 3ème et 4ème du championnat pilotes et permettent à Tyrrell de finir, à nouveau, sur le podium final des constructeurs.

L'année suivante, la P34 ne peut plus rééditer le même genre d'exploits et ses pilotes (Scheckter parti chez Wolf, Depailler est secondé par Peterson) ne signent que de rares podiums pour que l'écurie termine 6ème du classement final.

En 1978, Maurice Philippe conçoit une Tyrrell 008 plus classique qui permet à Depailler de remporter le Grand Prix de Monaco et à Didier Pironi de faire de bons débuts. Grâce, entre autres, au succès monégasque de Depailler, Tyrrell remonte à la 4ème place du classement constructeurs. Depailler quitte Ken Tyrrell en fin d'année pour rejoindre Ligier.

Michele Alboreto vers la victoire (Detroit 1983)
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Michele Alboreto vers la victoire (Detroit 1983)

C'est ainsi qu'en 1979, c'est Jean-Pierre Jarier qui seconde Pironi. Ils signent quatre podiums et Tyrrell termine avec une place de moins en fin de championnat. C'est au tour de Pironi de quitter Tyrrell pour Ligier.

Une longue et lente descente

C'est l'Irlandais Derek Daly qui prend sa place dans le baquet d'une 010 pour l'exercice 1980. Tyrrell ne termine la saison qu'avec 12 points dans son escarcelle.

En 1981, c'est pire, puisque malgré un bon premier Grand Prix d'Eddie Cheever (5ème à Long Beach), Tyrrell ne compte que 10 points pour une 10ème place. Les nouveaux moteurs turbo commencent à faire leur loi.

En 1982, seul Michele Alboreto fait figure de pilote de pointe chez Tyrrell. L'Italien signe une victoire à Las Vegas qui permet à Tyrrell de terminer 6ème du championnat constructeurs.

En 1983, Alboreto signe le dernier succès d'un Ford-Cosworth DFV dans les rues de Detroit et le dernier d'une Tyrrell en Grand Prix. Il marque ainsi neuf des douze points finaux de l'écurie.

L'année suivante, Tyrrell est la dernière écurie du plateau à utiliser un V8 Cosworth atmosphérique. Ses pilotes jeunes et doués (une marque de fabrique de Ken Tyrrell), Martin Brundle et Stefan Bellof se déchaînent néanmoins. L'Allemand signe une magnifique 3ème place à Monaco. Malheureusement, l'équipe a pris quelques "libertés" avec le règlement et elle est exclu de tous les Grands Prix de la saison.

En 1985, en attendant le V6 turbo Renault, Tyrrell aligne encore sa 012-Cosworth. Bellof marque un point au Portugal et termine 4ème à Detroit. Le bloc français arrive en milieu de saison et Ivan Capelli (l'un des remplaçants de Bellof, mortellement blessé en sport) termine 4ème en Australie.

L'année suivante, Brundle et Streiff végètent en seconde partie de grille avant de faire 4-5 en Australie (dernière manche du championnat).

En 1987, Tyrrell abandonne déjà le moteur turbo et se lance dans les Trophées Jim Clark et Colin Chapman destinés aux écuries s'étant de nouveau tournées vers le moteur atmosphérique. Marquant régulièrement des points, ses pilotes (Palmer et Streiff) permettent à Tyrrell de terminer 6ème au final mais surtout d'écraser la concurrence (Lola, AGS et March) dans le Trophée Chapman (Palmer et Streiff terminent au deux premières places du Trophée Clark).

En 1988 s'en est finit et seul Palmer signe les cinq points de l'écurie, 8ème au championnat.

L'année suivante, tout le monde est de retour avec l'atmosphérique. Michele Alboreto est de retour, termine 5ème à Monaco et 3ème à Mexico. Malgré cela, un conflit avec un sponsor pousse l'Italien vers la sortie (il trouve refuge chez Larrousse), mais cela permet à Tyrrell de faire main basse sur l'étoile montante Jean Alesi qui termine 4ème de son premier Grand Prix. Tyrrell termine 5ème du championnat constructeurs.

En 1990, Alesi se voit adjoindre les services de Satoru Nakajima en vue d'un prochain accord avec Honda. La saison débute sur les chapeaux de roue avec les exploits urbains d'Alesi à Phoenix où il combat Ayrton Senna avant de finir 2ème. Il termine à la même place dans les rues de Monaco. Tyrrell garde sa 5ème place finale.

L'année suivante, Honda est arrivé mais Alesi a répondu aux sirènes de la Scuderia. Stefano Modena signe un superbe 2ème temps à Monaco et termine à cette même place, en course, au Canada.

Aussitôt arrivé Honda repart et le motoriste est remplacé par Ilmor qui équipe une version B de la 020 en 1992. Andrea de Cesaris remporte les huit points de Tyrrell de cette saison.

Tyrrell en difficulté de finances recherche des sponsors et des soutiens tous azimuts. Il se retourne encore vers le Japon et aligne une 020C à bloc Yamaha pour 1993. Pour la première fois, aucune Tyrrell ne marque de point lors de cet exercice.

1994 débute pour le mieux avec une Tyrrell enfin adaptée au V10 nippon. Ukyo Katayama termine 5ème au Brésil et à Imola puis Mark Blundell signe un podium en Espagne (le dernier pour l'écurie). La fin de saison est moins heureuse avec seulement cinq points supplémentaires.

L'année suivante, Katayama est rejoint par Mika Salo qui marque, à lui seul, les cinq points de la saison. La même chose se produit en 1996.

En 1997, Yamaha déserte et les finances prennent l'eau. Mika Salo marque seulement les deux points de l'année dans les rues de Monaco. Ken Tyrrell revend ses actions à British American Tobbaco qui monte un projet, appelé BAR, avec Craig Pollock et Jacques Villeneuve.

En 1998, pour sa dernière saison, Tyrrell aligne deux 026 pour Ricardo Rosset et Toranosuke Takagi qui ne marquent aucun point.

L'écurie prend le nom de BAR en 1999. Racheté par Honda, elle court sous ce nom entre 2006 et 2008 avant d'être cédée à Ross Brawn (Brawn GP) puis revendu à Mercedes en 2010.

Ken Tyrrell après Tyrrell

Ken Tyrrell est élu président du British Racing Drivers' Club en 2000, mais quitte rapidement son poste pour cause de maladie.

Il meurt d'un cancer, le 25 août 2001.

Fiche signalétique constructeur

  • Constructeur britannique
  • Fondateur : Ken Tyrrell
  • Débuts en GP : Afrique du Sud 1968
  • Débuts en tant que constructeur : Canada 1970
  • Dernier GP : Japon 1998
  • Nombre de GP : 463 (dont 430 en tant que constructeur)
  • Victoires : 33 (dont 23 en tant que constructeur)
  • Poles positions : 19 (dont 14 en tant que constructeur)
  • Meilleurs tours : 30 (dont20 en tant que constructeur)
  • Podiums : 97 (dont 77 en tant que constructeur)
  • Doublés : 10 (dont 2 en tant que constructeur)
  • Nombre de points : 732 (dont 621 en tant que constructeur)
  • Champion du monde constructeurs 1971
  • Champion du monde pilotes 1969, 1971 et 1973


Modèles de F1

  • 1968 : Matra-Cosworth (modèles MS9 et MS10)
  • 1969 : Matra-Cosworth (modèles MS10, MS80 et MS84)
  • 1970 : March-Cosworth (modèle 701) et Tyrrell-Cosworth (modèle 001)
  • 1971 : Tyrrell-Cosworth (modèles 001, 002 et 003)
  • 1972 : Tyrrell-Cosworth (modèles 002, 003, 004, 005 et 006)
  • 1973 : Tyrrell-Cosworth (modèles 005 et 006)
  • 1974 : Tyrrell-Cosworth (modèles 005, 006 et 007)
  • 1975 : Tyrrell-Cosworth (modèle 007)
  • 1976 : Tyrrell-Cosworth (modèles 007 et P34)
  • 1977 : Tyrrell-Cosworth (modèle P34)
  • 1978 : Tyrrell-Cosworth (modèle 008)
  • 1979 : Tyrrell-Cosworth (modèle 009)
  • 1980 : Tyrrell-Cosworth (modèles 009 et 010)
  • 1981 : Tyrrell-Cosworth (modèles 010 et 011)
  • 1982 : Tyrrell-Cosworth (modèle 011)
  • 1983 : Tyrrell-Cosworth (modèles 011 et 012)
  • 1984 : Tyrrell-Cosworth (modèle 012)
  • 1985 : Tyrrell-Cosworth (modèle 012) et Tyrrell-Renault (modèle 014)
  • 1986 : Tyrrell-Renault (modèles 014 et 015)
  • 1987 : Tyrrell-Renault (modèle DG016)
  • 1988 : Tyrrell-Cosworth (modèle 017)
  • 1989 : Tyrrell-Cosworth (modèles 017B et 018)
  • 1990 : Tyrrell-Cosworth (modèles 018 et 019)
  • 1991 : Tyrrell-Honda (modèle 020)
  • 1992 : Tyrrell-Ilmor (modèle 020B)
  • 1993 : Tyrrell-Yamaha (modèles 020C et 021)
  • 1994 : Tyrrell-Yamaha (modèle 022)
  • 1995 : Tyrrell-Yamaha (modèle 023)
  • 1996 : Tyrrell-Yamaha (modèle 024)
  • 1997 : Tyrrell-Cosworth (modèle 025)
  • 1998 : Tyrrell-Cosworth (modèle 026)

Ingénieurs

Pilotes

Écuries et pilotes clients

Lien externe

Tyrrell 001 (Grand Prix Historique de Pau 2004)
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Tyrrell 001 (Grand Prix Historique de Pau 2004)
Tyrrell 006 (Grand Prix Historique de Pau 2004)
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Tyrrell 006 (Grand Prix Historique de Pau 2004)
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