Michael Schumacher

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Michael Schumacher est un pilote de Formule 1 allemand, né le 3 janvier 1969, à Hürth-Hermülheim en Allemagne. Il est considéré comme l’un des plus grands pilotes de l’histoire de la discipline reine du sport automobile.

Sommaire

1990-1991 : l’apprentissage du Sprint chez Mercedes

Naturellement rapide et doté d’un sens aigüe de la course, Michael Schumacher est incorporé dans le “Junior Team” de Mercedes en Sport-Prototypes en 1990. En alternance avec Karl Wendlinger et Heinz-Harald Frentzen, il dispute 4 courses aux côtés de Jochen Mass. Cette courte collaboration se révèle déjà fructueuse puisque le duo Mass-Schumacher se classe second à Dijon et au Nürburgring et l’emporte lors de la course de clôture à Mexico.

Pour le Championnat 1991, Mercedes décide donc de poursuivre l’expérience du Junior Team. Mais cette fois-ci, les “junior” disposeront d’une voiture pour eux seuls. Ayant lui aussi réalisé deux secondes places, Karl Wendlinger devient le co-équipier de Michael Schumacher, Jochen Mass rejoignant Jean-Louis Schlesser sur la première voiture.

Le Championnat du Monde des Voitures de Sport connait cette année là de profonds bouleversements techniques et réglementaires. Les courses passent de 480 à 430 kms, ressemblant de plus en plus à des courses de “sprint” comme en propose la Formule 1. Au niveau des moteurs, la priorité est donnée aux atmospériques tandis que les turbo sont lestés. Malgré cela, Schlesser et Mass ne jugent pas la nouvelle Sauber C291 et son V12 atmo suffisemment fiable pour entamer la saison. Ils lui préfére la viellisante mais fiable C11 turbo. Schumacher et Wendlinger se retrouvent donc seul à développer leur voiture durant tout le début de saison.

Les abandons sur casse mécanique se succédent pour le duo Schumacher-Wendlinger. Seule une seconde place à Silverstone vient tout de même récompenser leurs efforts. Michael Schumacher ne délaisse sa C291 qu’à l’occassion des 24 heures du Mans. Le pilote allemand ne cache pas son envie d’y réussir une performance. Seulement Le Mans constitue la seule vraie course d’endurance de l’année. Dans leur volonté de bien faire, Schumacher et Wendlinger vont commettre une erreur du jeunesse en attaquant trot fort. Malgrès sa fiabilité, leur C11 turbo n°31 ne va pas tenir le choc. Alors qu’ils sont en tête depuis trois heures, Wendlinger tape le rail sous le pont Dunlop et doit s’arrêter pour changer aileron et capot. Reparti 6ème, Schumacher réalise alors des runs noctures de folie pour remonter à la seconde place, s’adjugeant au passage le meilleur tour. Malheureusement la boite de vitesse ne supporte que peu de temps cette cadence et le trio Schumacher-WendlingerKreutzpointer perd ses dernières chances à 5h du matin lors d’un arrêt d’une demi-heure pour changer les pignons de la boîte.

Malgré une 5ème place finale, la prestation de Michael Schumacher n’est pas passée inaperçue. Montrant une incroyable vélocité et un vrai goût de la mise au point, il domine de plus en plus régulièrement son équipier Wendlinger. Recruté en cours de saison par les équipes de Formule 1 Jordan et Benetton, Schumacher termine tout de même son programme en Voitures de Sport. Il conclut d’ailleurs la saison et la présence en Endurance de Mercedes par une victoire. Sur le tout nouveau circuit d’Autopolis au Japon, il devance enfin les Jaguar XJR-14 dessinées par Ross Brawn et les Peugeot 905 managées par Jean Todt.

1991 : les débuts en fanfare

Michael Schumacher débute en Formule 1 au Grand Prix de Belgique 1991 dans des circonstances rocambolesques. En effet, le pilote titulaire de l’équipe Jordan, le Belge Bertrand Gachot, est emprisonné à Londres pour avoir utilisé un spray anti-agression sur un chauffeur de taxi londonien, laissant ainsi Eddie Jordan sans pilote pour seconder Andrea De Cesaris.

Willy Webber, le manager de Schumacher, saute sur l’occasion et convainc Eddie Jordan, moyennant 150 000 livres sterling, d’engager le jeune Allemand pour le GP de Spa.

Le mardi précédent la course, Michael effectue ses premiers tours sur une F1 sur le petit circuit de Silverstone, et il impressionne les cadres de l’équipe. Ceux-ci lui font signer une lettre d’intention pour le GP de Spa et les suivants.

Ses premiers tours de roues sur le circuit belge marquent les esprits. Ces premiers essais feront dire, plus tard, à Frank Williams : « Spa 1991, Vendredi matin. Essais libres : ces six mots sont restés dans la mémoire de tous. Je suis depuis à l’affût de tout nouveau talent potentiel »

Schumacher se qualifie sur la 7ème place sur la grille, égalant la meilleure qualification d’une Jordan cette saison.
Peu importe que son embrayage cède au bout de 300m de course, sa carrière est lancée.

Le plus rapide à avoir compris qu’une nouvelle comète était arrivée dans le cirque de la F1 est Flavio Briatore, patron de l’écurie Benetton. Il engage Schumacher à effet immédiat.

Schumacher se retrouve ainsi au volant de la Benetton B191 Ford pour le Grand Prix d’Italie à Monza, aux cotés du triple-champion du monde brésilien Nelson Piquet, et à la place du Brésilien Roberto Moreno, qui lui hérite du volant de la Jordan.

Il devance le Brésilien de 0.3s aux essais, et en course, il s’échappe par rapport à son coéquipier au rythme de 0.5s au tour, le tout en réussissant à ménager ses pneus pour ne pas s’arrêter de la course, contrairement aux recommandations du manufacturier Pirelli. Piquet n’en revient pas « Je ne pouvais tout simplement pas le suivre ». Le reste de la saison sera du même ordre, sauf à Adelaide où Piquet le devance en qualifications comme en course.

1992-1993 : Les années joyeuses

1992

En 1992, Piquet est remplacé par Martin Brundle aux cotés de Schumacher. Avec Schumacher, Benetton devient un acteur majeur des GP, et l’Allemand lutte régulièrement pour les premières positions derrière les intouchables Williams emmenées par Nigel Mansell, invincible jusqu’à l’obtention de son titre.

Schumacher termine troisième du championnat du monde, derrière les pilotes Williams Mansell et Patrese, et devant les pilotes McLaren Senna et Berger. Brundle, qui n’ a pas démérité, termine 6ème et permet à Benetton de récolter la troisième place au championnat du monde des constructeurs. Il sera néanmoins remercié par Briatore en fin de saison et remplacé par Riccardo Patrese. Pourtant, aussi bien Piquet que Brundle resteront les meilleurs coéquipiers que Schumacher ait eus jusqu’à ce que Barrichello rejoigne Ferrari en 2000.

Les temps forts de la saison :

-Sa première course sous la pluie, en Espagne, où il lutte en tête de la course avec Senna, qui finira par partir à la faute. Il termine deuxième derrière Mansell.

-Sa première victoire, à Spa, circuit de ses débuts et qui deviendra son royaume. Plus que de vitesse pure, il fait preuve d’une intelligence de course remarquable pour un jeune pilote, changeant ses pneus pluie en pneus slicks, après avoir remarqué que ces mêmes pneus étaient cloqués sur la voiture de Brundle. Il fera dire à Johnny Rives , journaliste à l’Équipe : “Schumacher semble être la fusion entre Jochen Rindt et Alain Prost : de l’Autrichien, il a la face lunaire et le sens inné du pilotage. De Prost, l’intelligence et la régularité”.

Résultat :

-3eme du championnat avec 53 points (1er Mansell : 108, 2eme Patrese 56)
-1 victoire (Spa)

1993

L’année 1993 n’apporte finalement rien de nouveau à la carrière du jeune Allemand. Benetton continue à progresser, mais ne peut toujours pas rivaliser avec les Williams de Prost et de Damon Hill. Schumacher semble sans cesse progresser en vitesse, mais il est moins régulier que l’année précédente, et la fiabilité de la Benetton montre quelques failles. Il termine 9 courses, 9 fois sur le podium, gagne la deuxième course de sa carrière à Estoril, devant Alain Prost qui ce jour là glane son 4ème et dernier titre.

Les points forts de la saison :

– une première partie de course flamboyante à Monaco, où il doit abandonner sur problèmes hydrauliques alors qu’il caracole en tête avec plus de 15s d’avance sur Ayrton Senna.

– Une remontée météorique à Spa, où après un contact avec Senna, il remonte de la 9ème à la deuxième place en passant notamment Senna et Prost , finissant sur les talons de Damon Hill.

– sa victoire acquise devant Alain Prost au Portugal.

Résultat:

– 4ème du championnat avec 52 points (1er Prost : 99, 2eme Senna : 73, 3eme Hill : 69)
– 1 victoire (Estoril)

1994 : Drames et polémiques

L’année 1994 aurait du être l’année Senna. Le meilleur pilote de l’époque obtenait enfin un volant dans la meilleure voiture. Rien ne semblait pouvoir arrêter ce duo. Mais les changements de réglementation, interdisant l’électronique, firent perdre une large partie de son avance à la Williams, pendant que Benetton, sous l’impulsion toujours plus grande de Ford, progressait énormément.

Et à l’ouverture de la saison, Michael Schumacher, à la surprise générale, venait à bout du Brésilien, qui partait à la faute en essayant de revenir sur Schumacher, qui l’avait passé aux stands lors des ravitaillements en essence, nouveau point du règlement. Un duel exaltant s’annonçait.
Hélas, le 1er mai 1994, Ayrton Senna trouvait la mort au 8ème tour du Grand Prix de Saint-Marin, sur le circuit d’Imola, laissant Schumacher sans adversaire à sa hauteur, Schumacher qui remportait 6 des 7 premiers Grand Prix de la saison. Cette écrasante domination n’allait pas arranger le climat délétère qui s’était installé, où les polémiques sur la conformité des Benetton venaient ajouter au malaise engendré par la disparition du grand champion brésilien. La FIA ne fit ainsi plus aucun cadeau à Schumacher, et le pénalisa à Silverstone, pour avoir dépassé Damon Hill lors du tour de formation. Une faute insignifiante et fréquente à l’époque, mais jamais sanctionnée. Suite au non respect du drapeau noir présenté à cette occasion, Schumacher fut suspendu pour 2 Grand Prix. Damon Hill, qui avait courageusement repris la place de pilote n°1 chez Williams, se rapprochait ainsi au championnat, en remportant deux victoires en l’absence de Schumacher. De retour à Jerez pour le Grand-prix d’Europe, le jeune Allemand impressionna le paddock par sa faculté à paraitre imperméable à toute sorte de pression engendrée par cette suspension. Pole, victoire et record du tour, Schumacher revenait aux affaires.
Au Grand Prix de Belgique, Schumacher s’imposait une nouvelle fois magistralement, avant d’être à nouveau disqualifié pour fond plat non conforme. La saison se finirait donc en un duel serré entre lui et Damon Hill, brillant vainqueur de l’avant dernière course de la saison à Suzuka, sous la pluie, devant Schumacher, et sur une Williams en net progrès en cette fin de saison.

Le Grand Prix d’Australie à Adélaïde tint toutes ses promesses jusqu’au 36ème tour. Schumacher était à l’attaque constante sur sa Benetton qui montrait ses limites, et Damon Hill non moins brillant suivait le rythme. Les deux pilotes étaient seuls au monde, Mansell, de retour pour épauler Hill, était à plus de 50s. Soudain Schumacher sortit large, perdit l’arrière de sa voiture, et effleura le mur et endommagea sa suspension avant. Damon Hill, n’ayant pas remarqué le choc, essaya de s’infiltrer à l’intérieur et Schumacher ferma la porte. L’accrochage entraîna l’abandon des deux pilotes. Triste fin pour une saison de tous les regrets et de toutes les amertumes.
Toutefois, l’impression générale était que le meilleur remportait le titre, et que l’on tenait en Schumacher le digne successeur de Senna.

Les temps forts de la saison

– La première course de la saison, et le duel homérique contre Senna, les deux pilotes luttant au chrono seuls sur leur planète.

– Le GP Espagne, où Schumacher termina deuxième en ayant réalisé la moitié de la course bloqué sur le cinquième rapport.

Résultat :

– Champion, 92 points (Hill 2ème : 91 points)
– 8 victoires (Brésil, Pacifique, Saint-Marin, Monaco, Canada, France, Hongrie, Europe)

1995 : La confirmation

En 1995, Benetton abandonnait le moteur Ford et héritait du V10 Renault, alors meilleur moteur du plateau et équipant avec succès l’équipe Williams depuis plusieurs années. D’aucuns pensaient que la saison serait une formalité. Toutefois, l’adaptation du moteur au châssis posa quelques problèmes et Schumacher connut un début de saison difficile. Il parvint à s’imposer au premier Grand-Prix, au Brésil, mais fut défait en Argentine et à Imola. Les choses rentrèrent dans l’ordre à partir du Grand Prix d’Espagne, et Schumacher entama sa marche triomphale vers son deuxième titre, remporté ce coup-ci sans polémique et sans discussion, glanant 9 victoires, record de victoires en une saison de Mansell égalé (avec toutefois 17 grand-prix disputés contre 16 pour le Britannique). Schumacher devint ainsi le plus jeune double-champion du monde de l’histoire et rien ne semblait pouvoir arrêter sa domination dans les années à venir. Mais, probablement conscient des réserves que l’on pouvait émettre sur la valeur de son règne en l’absence de Senna, Schumacher décida, au milieu de la saison, de signer chez Ferrari, toujours à la recherche de son premier titre pilote depuis le sacre de Jody Scheckter en 1979. Cette annonce fit l’effet d’un coup de tonnerre dans le paddock, d’aucuns n’hésitant pas à dire que Schumacher allait s’enterrer chez la Scuderia. Prost s’exclama: “Michael? Chez Ferrari? Impossible!”. Quant à Bernard Dudot, chez du département moteur chez Renault, il était dépité : “Les Ferrari terminent à un tour quand elles terminent. Avec nous Michael aurait continué à enchaîné les titres. Vraiment je ne comprends pas”. Quant à Flavio Briatore, il lançait un prophétique (et malheureux) “Nous verrons bien qui de Schumacher ou de Benetton a fait l’autre”. Jean Todt, lui, lançait : “Ferrari fait partie de l’Histoire de la course automobile. Michael sait que si il arrive à faire gagner Ferrari, il entre dans la légende”.

Les temps forts de la saison :

– le GP de Monaco, où sur une stratégie à un arrêt, il suit le rythme de Damon Hill sur une stratégie à 2arrets.

– Le GP de Belgique, dans son jardin de Spa, où parti en 16eme position, il gagne la course, livrant lors d’une averse, en pneus slicks, une bataille homérique contre Hill équipé de pneus pluie.

– le GP du Nurburgring, où distancé à mi-course de 30 secondes par Jean Alesi et avec un arrêt supplémentaire à faire, il livre un charge fantastique qui lui permet de faire la jonction et d’effectuer un dépassement aussi magistral qu’autoritaire pour aller franchir en tête le drapeau à damiers.

– le GP du Pacifique, où une quatrième place lui garantissait le titre, et où il s’impose avec un certain panache.

résultat :

– Champion avec 102 points (Hill 2eme : 69)
– 9 victoires (Brésil, Espagne, Monaco, France, Allemagne, Belgique, Europe, Pacifique, Japon)

1996-1999 : La renaissance et la montée en puissance de Ferrari

1996

Le premier contact de Schumacher avec les tifosi est tout juste poli. Il arrive à Fiorano entouré de gardes du corps, se fait insulter, et ne cherche pas, lors du premier roulage, à battre le record du tour, en dépit de la tradition qui veut que tout grand nom débarquant chez Ferrari inscrive son nom sur les tablettes du circuit. Schumacher provoque un mélange de respect et de défiance, d’espoir et de doutes. On attend beaucoup de lui, mais dans le même temps il a fait partir Berger et surtout Alesi, très cher au cœur des tifosis.

A Melbourne, les Ferrari se qualifient en deuxième ligne. Schumacher abandonne et Eddie Irvine, le coéquipier de Schumacher, termine troisième. Mais le circuit peu exigeant d’Albert-Park cache des problèmes de la Ferrari, mal née, et qui a perdu un de ses atouts de la saison précédente : un moteur 12 cylindres, qui bien que brutal, développait la plus grande puissance de la Formule 1. Il faudra désormais compter avec un V10.

Dès le GP du brésil, le tableau se noirci. Schumacher concède un tour à Damon Hill et presque autant à Alesi, qui le remplace chez Benetton sous la pluie pourtant. Il peut tout juste lutter avec la JordanPeugeot de Barrichello et les McLaren. Quant à Irvine, il est presque à deux tours du vainqueur. La Ferrari souffre d”une instabilité du train arrière. Irvine, plusieurs années plus tard, dira qu’elle est la voiture la plus désagréable et la plus difficile qu’il n’ait jamais eu à piloter, point sur lequel Schumacher sera parfaitement d’accord.

Une fois le train arrière changé, les progrès commencent à se faire sentir. Lors du 4eme GP de la saison, au Nurburgring, Schumacher deuxième termine à quelques mètres de la Williams de Jacques Villeneuve, vainqueur ici de son premier grand-prix. Au GP suivant, il termine une nouvelle fois deuxième, à 16 secondes de Hill, son rival des années Benetton, toujours sur Williams. Si Schumacher ne peut pas encore prétendre rivaliser avec les Williams, il arrive désormais à prendre le dessus sur les Benetton-Renault et surtout se détache nettement des McLaren d’Hakkinen et de Coulthard et des Jordan de Barrichello et Brundle. A Monaco, il réalise une sublime pole position, reléguant son poursuivant immédiat à plus d’une demi-seconde. Le jour de la course, la pluie est de la partie. Tout s’annonce bien pour l’Allemand, qui va pourtant faire une grossière erreur au Portier dans le premier tour, gâchant ainsi une bonne chance de victoire, la première avec Ferrari. Furieux contre lui-même, Schumacher n’a pourtant ni le temps ne le caractère pour se livrer à une introspection métaphysique, comme l’avait fait Senna en 1988, pour une faute sensiblement au même endroit. En effet, le GP suivant est le GP d’Espagne, couru dans des conditions météo dantesques. Cette course est probablement à ce jour la plus grande démonstration de brillance de la carrière de Schumacher.

Qualifié en deuxième ligne, la voiture cale presque au moment du départ. Aucune vitesse ne passe. Schumacher se retrouve débordé par 7 voitures, et parvient finalement à s’élancer. Il entame le premier virage en dixième position. Dans un nuage d’eau, Schumacher passe 4 concurrents dans ce premier tour. Il est sixième à 6 secondes de Villeneuve en tête. Irvine sort au deuxième tour : Schumacher 5eme. Lors du 3eme et 4eme tour, Schumacher, bloqué derrière Berger perd 2 secondes supplémentaires sur Villeneuve et est désormais à 8.5 secondes. Hill part dans l’herbe au tour au 4eme tour. Schumacher 4eme. Dans le même tour, il passe Berger et établit le record du tour. A la fin du 6eme tour, il est déjà dans les roues d’Alesi qui n’a pas quitté Villeneuve depuis le début. Au 8eme tour, il passe Alesi. Au 11eme il passe Villeneuve et établit un nouveau record du tour. Au 12eme tour il prend 4secondes à Villeneuve, et fait de même les 20 tours suivants, jusqu’à ce qu’à mi course, le moteur se mette à tourner sur 8 cylindres. Il termine la course sur un rythme tranquille, et franchit la ligne avec 50 secondes sur Alesi.

Malheureusement, cette première victoire avec Ferrari allait marquer le début d’une période noire, alors qu’elle avait soulevé une vague d’espoir.

Trois abandons allaient suivre, dont un dans le tour de chauffe. La tempête menaçait Ferrari. Les promesses entrevues plus tôt dans la saison, les fondations pour la saison suivante, tout cela était à marée basse. La presse transalpine se déchaînait, et Todt présenta sa démission. Schumacher alors monta en première ligne pour le défendre. Le département qualité fut restructuré, et la Ferrari retrouva de la fiabilité en Allemagne, où Schumacher termina 4eme. En Hongrie il décrocha la pôle, mais il ne vit pas le drapeau à damiers. Arriva alors Spa, et Schumacher y remporta la première victoire sur le sec, malgré du jeu dans sa direction qui faillit le contraindre à l’abandon. Schumacher avoua qu’il avait été effrayé par les risques. Il gagna à nouveau à Monza, et finit l’année en 3eme position du championnat après une troisième place au Portugal, et une deuxième place au Japon.

Temps forts de la saison :

– sa deuxième place au Nurburgring où pour la première fois Schumacher est dans l’allure pour jouer la victoire

– sa victoire d’anthologie au GP d’Espagne

– sa première victoire sur le sec à Spa et sa victoire à Monza devant les tifosis, qui a eu son importance au niveau du soutien de ces derniers.

Résultat :

– 3eme au championnat du monde 59 points (Hill champion: 97 points. Villeneuve 2eme : 78 points)

– 3 victoires (Espagne, Spa, Monza)

1997

En 1997, la restructuration de la Scuderia se poursuivait. Ross Brawn quittait Benetton et Rory Byrne remettait à plus tard ses projets de retraite pour rejoindre Michaël chez Ferrari et reformer le trio gagnant des années 1994-1995. La priorité était de trouver de la fiabilité et les objectifs affichés restaient modestes : remporter plus de victoires que l’année précédente, faire des podiums, marquer des points et regarder ensuite quelle serait la situation au championnat. Il ne s’agissait plus toutefois comme en 1996 de réaliser quelques exploits au gré des conditions météo et des opportunités à saisir, mais de véritablement trouver de la constance.

Cependant, la F310B, évolution de la F310, avait était dessinée par John Barnard et Byrne ne put qu’y apporter quelques retouches et tenter de résoudre de gros problèmes de stabilité détectés pendant les essais privés d’intersaison. « Barnard se fondait, dit Byrne, sur des principes autres que ceux que j’avais l’habitude de respecter. On m’avait appris à ne pas introduire un peu de mes conceptions en éliminant celles du prédécesseur. Cela marche rarement. Il y avait une ou deux erreurs fondamentales que nous avons été assez heureux de détecter rapidement ». La saison commençait dans le doute et les interrogations.

En Australie, il se qualifia en deuxième ligne aux cotés de David Coulthard et sa McLaren, et derrière les deux Williams, Eddie Irvine étant en 3eme ligne aux cotés d’Hakkinen. Il termina 2eme à 20 secondes de Coulthard. Au Brésil il se plaça en première ligne. Mais en course il ne fut pas dans le rythme et se fit dominer par les Williams, les Benetton et les McLaren.

Après avoir été sorti par Rubens Barrichello au départ du GP d’Argentine, Schumacher fut performant à Imola, terminant deuxième derrière Frentzen, et se plaça en deuxième place au championnat, avec 14 points, derrière Villeneuve 20 points , et devant Coulthard, Berger, Hakkinen, Frentzen et Irvine, avec 10 points.

La pluie au Grand Prix de Monaco 1997 allait permettre à Schumacher de réaliser une des plus grandes courses de sa carrière. Une demi-heure avant le départ, une averse détrempa la piste. Puis le temps revint au beau. Williams et McLaren optèrent pour une course sur le sec, et chaussèrent des pneus slicks. Schumacher opta au dernier moment pour son mulet, en réglages et pneus intermédiaires. Lors du tour de formation, la pluie reprit. Chacun sut alors si il avait ou non fait le bon choix.
Schumacher prit 6 secondes à Giancarlo Fisichella dans le premier tour, 5 secondes au suivant, 4 secondes aux tours suivants. Il termina 53 secondes devant Barrichello. « C’est pour moi la meilleure course de Schumacher, dit Nigel Stepney, le chef mécano de Schumacher. C’est un avis personnel, mais maîtriser Monaco sous la pluie correspond au top. Son succès à Barcelone en 1996 fut fantastique, mais simplement, j’aime sa victoire à Monaco ». Johnny Herbert, généralement pas avare de remarques envers l’Allemand, n’était évidemment pas d’accord : « Il a réalisé une grande performance. Toutefois je crois qu’il a été encore plus fort à Barcelone ». Il prit la tête du championnat.

Le reste de la saison continua sur ce chassé-croisé entre Schumacher et Villeneuve au championnat, sans que jamais les deux ne montent ensemble sur un podium ou ne s’affrontent directement en course. Jusqu’à ultime grand-prix de la saison, à Jerez. L’affrontement eu lieu, et se termina dans le bac à sable pour Schumacher, après qu’il ait harponné Villeneuve. Si la saison 1997 de Schumacher a atteint des sommets, elle se termine au plus bas. Disqualifié , Schumacher ne figura pas sur les tablettes du championnat. Le final du Grand-Prix d’Australie 1994 revient aux mémoires, les polémiques font rage, son image est écornée.

La fin de 1997 marque également le retrait Renault de la Formule 1, et de ses moteurs dominateurs depuis 5 ans. Cela ouvre des perspectives encourageantes pour le futur de Ferrari.

Temps forts de la saison  :

– sa victoire obtenue sous la pluie à Monaco,

– sa victoire à Spa, où comme à Monaco, parti en réglages intermédiaires, il prit 6s à ses poursuivants au premier tour , 11s au deuxième tour puis 6s aux tours suivants. Il conservera tranquillement 30s à l’arrivée après avoir compté plus d’une minute d’avance après 9 tours de course.

Résultat :

– Non classé au championnat (Villeneuve champion avec 81 points) . Officieusement 2eme avec 78 points.

– 5 victoires (Monaco, Canada, France, Belgique, Japon)

1998

Mais durant l’intersaison, la donne change. Schumacher prévient : « Il faudra se méfier des Mclaren. Elles seront très compétitives ».

Et en effet, 1998 commence sous le signe de la domination des McLaren : première ligne et doublé des Mclaren en Australie avec un tour d’avance sur Frentzen, toujours chez Williams, première ligne et doublé au Brésil, avec une minute d’avance sur Schumacher.

Cette domination écrasante provient en partie des gommes Bridgestone que chaussent les Mclaren. Les Bridgestone après quelques coup d’éclats en 97, montrent qu’ils sont supérieurs aux GoodYear de la Ferrari en ce début de saison, d’autant plus GoodYear est sur le départ et se retire de la F1 en fin de saison. Schumacher passa beaucoup de temps cette année là à mettre de la pression sur GoodYear pour obtenir de leur part une totale implication. Les premiers bénéfices furent palpable au troisième Grand Prix, en Argentine, où Schumacher put se hisser en première ligne, et remporter la victoire devant Mika Hakkinen.

Dans l’ensemble, la saison fut une confrontation entre la performance des McLaren et la fiabilité des Ferrari. Les progrès continus de chacun dans leur point faible déboucha sur un affrontement plus ou moins équilibré sur le dernier tiers de la saison, où se détachèrent Schumacher et Hakkinen. L’affrontement final de Suzuka n’eut pas lieu, Schumacher cala sur la grille, et fut victime d’une crevaison alors qu’il remontait jusqu’à la troisième place. Hakkinen remporta la victoire et le titre, et McLaren le titre constructeur. Un résultat logique et mérité au vu du déroulement de la saison. Cependant la montée en puissance de Ferrari se poursuivait.

Temps forts de la saison :

– Sa victoire en argentine, mettant fin à l’apparente invisibilité des Mclaren

– Sa victoire au Grand-prix de Hongrie, grâce à une stratégie flexible et à des séries de tours rapides qui enchantèrent tout le paddock ou presque.

Résultat :

– 2eme au championnat avec 86 points (Hakkinen champion avec 100 points)

– 6 victoires (Argentine, Canada, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Italie)

1999

En 1999, les objectifs étaient clairement établis par Luca di Montezemolo : titre pilote et titre constructeur.

Au début de saison, McLaren confirma sa domination de la saison précédente et repoussa les Ferrari à plus d’une seconde sur la grille en Australie et au Brésil. Si en Australie les McLaren furent intouchables en course, Schumacher fut toutefois dans un bon rythme au Brésil et termina sur les talons de Mika Hakkinen. Il remporta les deux courses suivantes, fut dominé en Espagne où il termina troisième, fit une grosse erreur au Canada et tapa le mur, et connut des problèmes électroniques en France. La performance était donc là pour jouer la victoire, mais cela ne se concrétisait pas au championnat. Schumacher comptait 32 points, 6 de plus seulement qu’Irvine. Hakkinen était en tête avec 40 points, dont 16 récoltés lors des deux dernières courses quand Schumacher n’en marquait que 2.

Et l’espoir de titre s’arrêta là pour Schumacher. Lors du premier tour du GP de Grande Bretagne à Silverstone, Schumacher sortit à Stowe sur un problème de freins, et percuta le mur de face. Double fracture tibia-péroné. Il ne revint qu’en fin de saison, pour l’avant-dernier grand-prix, qui avait lieu pour la première fois en Malaisie. Il impressionna le paddock en réalisant la pôle, avec 1 seconde d’avance sur Irvine et les McLaren. En course il fut dominateur et laissa la victoire à Irvine, qui avait repris le flambeau et était toujours dans la course pour le titre.

Hakkinen remporta malgré tout le titre avec sa victoire à Suzuka, et la saison 1999 pour Ferrari se conclut avec le titre constructeur et des perspectives prometteuses en vue de la saison 2000. Encore fallait-il ne pas rater le début de saison comme lors de cette saison. « L’année prochaine sera la mienne », dit Schumacher lors de la soirée célébrant le titre d’Hakkinen Tous les pilotes disent ça, dans le cas de Schumacher, ce sera vrai.

Temps forts de la saison :

– Sa victoire à Monaco

– son retour impressionnant au Grand-Prix de Malaisie

Résultat :

– 5eme du championnat avec 44 points (champion Hakkinen, 76 points)

– 2 victoires (Saint-Marin, Monaco)

2000-200X : Le règne

2000

Les premiers tests de la Ferrari F1-2000 sont encourageants. La voiture est bien née, elle est saine quoiqu’un peu vive. Après les premiers tours de roues à Fiorano, Schumacher a un léger sourire qu’on ne lui avait pas vu depuis 1995. Eddie Irvine est parti chez Jaguar et est remplacé par Rubens Barrichello.

Dès les essais du premier grand-prix, on sait que la saison se résumera à nouveau à un duel entre Schumacher et les pilotes McLaren.

Si sur les grilles, Schumacher est relégué à une demi-seconde d’Hakkinen, en course en revanche il tient le rythme du Finlandais. Mais la fiabilité de la McLaren est prise en défaut, et Schumacher s’envole au championnat. Vainqueur d’Hakkinen à Imola, après un duel de haute-volée, Schumacher confirme qu’il peut maintenant lutter d’égal à égal avec Hakkinen en performance pure, aussi bien en course qu‘en qualifications. La Ferrari a cependant un problème au niveau du train arrière, qui use excessivement les pneus. Et si cela n’a pas été trop pénalisant jusqu‘au GP de France, les GP estivaux vont souligner cette faiblesse. L’été va être difficile, d’autant plus que Schumacher ne franchit pas le premier virage en Autriche et en Allemagne. A la fin de l’été, son avance au championnat a complètement fondu, et Hakkinen, par sa victoire à Spa où il dépasse Schumacher dans les derniers tours, accentue son avance au championnat dont il en avait pris la tête en Hongrie apres une autre victoire sur Schumacher. Ferrari est en difficulté.

Le redressement est spectaculaire, Schumacher remporte une victoire capitale à Monza, où l’on peut sentir à la conférence de presse d’après-course d’où il revient. Et il enchaîne 3 autres victoires en 3 courses, remportant à Suzuka, l’avant-dernier grand-prix, et après un duel haletant avec Hakkinen, le titre tant attendu, pour Schumacher depuis 5 ans, pour la Scuderia depuis 21 ans.

Les temps forts de la saison :

– sa victoire à Imola, où il se livre avec Hakkinen à un duel de tous les instants, les deux finissant à plus de 50 secondes devant Coulthard

– la victoire obtenue sous la pluie au Grand-Prix d’Europe au Nurburgring, Hakkinen étant le seul à pouvoir suivre et à terminer dans le même tour

– sa victoire à Monza, ultime tournant de la saison

– Sa victoire décisive à Suzuka, là encore après un grand duel avec Hakkinen.

Résultat :

– champion avec 108 points (Hakkinen 2eme avec 89 points)

– 9 victoires ( Australie, Brésil, Saint-Marin, Europe, Canada, Italie, USA, Japon, Malaisie)

2001

Certains se demandaient à l’orée de la saison si la motivation de Schumacher serait intacte alors qu’il avait atteint son but en devenant champion du monde. La réponse n’allait pas tarder, Schumacher s’adjugeant victoire, pôle et meilleur tour en course à Melbourne pour l’ouverture de la saison. Les McLaren se montrèrent performantes quoiqu’un peu en retrait, mais peu fiables.

En Malaisie les Ferrari confirmèrent leur supériorité sur les McLaren, mais le principal rival de Schumacher aux essais fut son frère Ralf, sur Williams-BMW. Montée sur des gommes Michelin, et doté du moteur le plus puissant du plateau, la Williams pouvait être une sérieuse rivale. Le pluie le lendemain en course repoussa à plus loin les ambitions de Williams, et les Ferrari signèrent un retentissant doublé, après avoir fait un meilleur choix de pneus sous l’averse.

Puis la charge des Williams reprit au Brésil, où Juan Pablo Montoya, coéquipier de Ralf Schumacher chez Williams et nouveau venu en Formule 1, domina la course jusqu’à son abandon, laissant la victoire à Coulthard qui domina Schumacher sous la pluie. A Imola, Schumacher abandonna, alors que son frère partait vers sa première victoire. Si les Williams pouvaient se montrer très compétitives, comme au Canada où Ralf sortit vainqueur d’une opposition directe avec Michael, ou à Hockenheim où Montoya puis Ralf dominèrent le Grand-Prix, elles manquaient de constance et de fiabilité, si bien qu’elles ne dominèrent ou menacèrent que sporadiquement Schumacher, et celui-ci n’eut pas véritable rival au championnat. Il s’adjugeait le titre dès le GP de Hongrie et offrit à Ferrari son 3eme titre des constructeurs d’affilée.

Temps forts de la saison :

– sa victoire en Malaisie, où il remonte, après un problème aux stands, de la dixième à la première place en quelques tours et s’envole en tête en tournant 5s au tour plus vite que ses rivaux, Barrichello mis à part.

– Sa course de Suzuka, où il fait un début de course magnifique.

Résultat :

– Champion avec 123 points (Coulthard 2eme, 65 points)

– 9 victoires (Australie, Malaisie, Espagne, Monaco, Europe, France, Hongrie, Belgique, Japon)

2002

2002 l’année des records. La Ferrari F2002 s’avéra être l’arme absolue aux mains de Schumacher : 11 victoires, 144 points au championnat. Des records qui n’étaient pas près d’être battus. Et il rejoint le légendaire Fangio au palmarès des multiples champions, avec cinq titres.

Résultats :

– champion avec 144 points (Barrichello deuxième avec 77 points)

– 11 victoires (Australie, Brésil, Saint-Marin, Espagne, Autriche, Canada, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Belgique, Japon)

2003

La domination de Schumacher et de Ferrari lors de la saison 2002 est indirectement la cause d’un nouveau règlement sportif : les qualifications auront lieu sur un tour lancé unique, au lieu des 12 tours autorisés auparavant. Un nouveau système de points apparaît, récompensant les 8 premiers au lieu des 6, et mettant la victoire moins en relief au niveau comptable.

Sur la grille de départ du GP d’Australie, rien ne semble devoir changer cependant : les deux Ferrari sont en première ligne et s’envolent au rythme de 1seconde au tour dans les premieres boucles. La saison 2002 semble devoir se répéter. Cependant, après une neutralisation survenue au 20eme tour et un réflecteur latéral endommagé suite à un passage un peu trop appuyé sur un vibreur, Schumacher ne termine que quatrième. En Malaisie il percute Jarno Trulli au premier virage, et termine 6eme. Au Brésil sous la pluie, il commet une nouvelle erreur et sort alors qu’il suit Coulthard sous drapeaux jaunes. Si bien qu’au bout de 3 courses, Schumacher n’occupe que la 8me place du championnat avec 8 points, contre 24 au leader Raikkonen. Deux questions sont sur toutes les lèvres : qu’arrive t’il à Schumacher, auteur de 3 erreurs consécutives, lourdes de conséquences? Quel est le niveau de performance réel des Ferrari, intouchables sur piste humide mais qui semblent à la peine sur piste sèche?

En arrivant à Imola, Schumacher et Ferrari savent qu’ils doivent réagir immédiatement, faute de quoi l’avance de Raikkonen au championnat risque de devenir rédhibitoire. Sous des températures plus clémentes qu’en Malaisie, les Bridgestone retrouvent de la performance par rapport aux Michelin, et Schumacher s’impose, non sans avoir marqué les esprits, sa mère étant décédée durant la nuit de Samedi à Dimanche. Il s’impose encore en Espagne, en dominant le jeune espagnol Fernando Alonso sur Renault, puis en Autriche où il devance cette fois Kimi Raikkonen. Si bien que son retard au championnat est pratiquement comblé, il se retrouve à la deuxième place à deux points de Raikkonen, toujours leader.

Le GP de Monaco marque le premier véritable tournant de la saison :
– les Michelin dominent les Bridgestone de la tête et des épaules, montrant que plusieurs équipes peuvent dominer Ferrari en performance si leurs gommes leur donnent un avantage suffisant, ce qui avait été quelque peu occulté en Malaisie par l’erreur de Schumacher.
– les Williams, en difficulté avec le châssis depuis le début de la saison, deviennent extrêmement compétitives

Juan-Pablo Montoya s’impose devant Raikkonen et Schumacher. Commence alors un été prolifique pour Williams, permettant à ses deux pilotes, Ralf Schumacher d’abord puis Montoya ensuite de remporter la plupart des Grand Prix estivaux, et de se replacer au championnat. A la fin du GP de Hongrie, où Schumacher termine à une modeste 8eme place après avoir été dominé par les Renault, les Williams et les McLaren, Schumacher n’a plus qu’un point d’avance sur Montoya, et deux sur Raikkonen. Montoya fait alors figure de favori pour le titre.

Mais comme en 2000, Ferrari va redresser la barre à Monza. La canicule s’achève, les Bridgestone retrouve un peu de performance. Schumacher s’impose devant Montoya, après avoir pris la pôle. A Indianapolis, la pluie vient aider Schumacher qui s’impose devant Raikkonen. Montoya, victime d’une pénalité après une tentative de dépassement sur Rubens Barrichello, est éliminé de la course au titre avec 10 points de retard. Seul Raikkonen a encore une mince chance de ravir le titre à Schumacher au Japon.

Mais la pluie, qui l’a tant aidé à Indianapolis, va mettre Schumacher en difficulté sur ce Grand-Prix qui s’annonçait comme une formalité. Parti en 16eme position, Schumacher hésite entre une course d’attaque et une course d’attente. Dans le trafic, il provoque un contact avec Takuma Sato, et doit faire un arrêt supplémentaire. Devant, après les abandons de Montoya puis d’Alonso, Raikkonen se retrouve en deuxième position derrière Barrichello. Schumacher est 8eme. Le temps est menaçant : si il pleut, Michelin aura un avantage instantané sur quelques tours, et Barrichello pourrait perdre la tête du Grand-prix aussi bien que Schumacher pourrait perdre sa 8eme place, et par la même le titre. Heureusement, la piste reste sèche et Schumacher récolte dans la douleur le point nécessaire à son couronnement.

Il dépasse ainsi Juan-Manuel Fangio au nombre de titres, et devient le seul sextuple champion du monde de l’histoire de la Formule 1.

Temps forts de la saison :

– sa victoire capitale à Imola, dans l’émotion

– sa victoire à Monza, qui le relance au championnat et met à mal le moral de ses rivaux

– sa victoire sous la pluie à Indianapolis, qui lui assure quasiment le titre.

Résultat :

-Champion avec 93 points (Raikkonen deuxième avec 91 points)

-6 victoires (Saint-Marin, Espagne, Autriche, Canada, Italie, USA)

2004

La saison 2003 très serrée laissait beaucoup d’espoir aux adversaires de
Schumacher en vue de 2004. Ces espoirs étaient renforcés par les essais
hivernaux durant l’intersaison, où Michelin semblait devoir maintenir et
même accentuer sa domination de la saison écoulée. Le doute chez Ferrari
semblait à la hauteur de l’optimiste présent chez ses adversaires. Mais deux
semaines avant le premier Grand-prix de la saison, Barrichello pulvérisait
de près de 2 secondes le record de la piste au Mugello, Schumacher en
faisait autant à Fiorano. Les toutes nouvelles gommes Bridgestone, issues
d’un long travail d’échantillonnage durant l’intersaison, et imitant la
construction large des gommes Michelin, s’annonçaient prometteuses.

Et en effet, c’est une véritable douche froide que tout le paddock reçut
lors de la première séance d’essais libres du grand-prix d’Australie,
ouverture de la saison. Dès son premier tour lancé, Schumacher établissait
un temps de 2s inférieur au meilleur temps réalisé jusque là.
« Quand j’ai vu ça, je ne vous le cache pas, j’ai plié mes cahiers et je
suis allé boire une bière » confiera plus tard Pierre Dupasquier, chef du
département compétition Michelin.

Et cette impression va se confirmer en course, où les Ferrari écrasent la
concurrence, réalisant le doublé, Schumacher devant Barrichello, loin devant
un magnifique Fernando Alonso sur une Renault très prometteuse.

Si les grand-prix suivants voient des écarts moindres dans l’ensemble,
Schumacher reste absolument imbattable et Barrichello assure le doublé bien
souvent. Pour le suspense au championnat, ce ne sera pas pour cette année.
D’autant plus que les pilotes qui contestent la victoire aux Ferrari
alternent : Alonso en Australie, Montoya en Malaisie, Button à Imola, Trulli
en Espagne. Si bien que l’issue du championnat ne fait plus guère de doute
dès les premiers grand-prix, et après que Schumacher ait remporté 5
victoires consécutives, on commence à se demander si il est capable de
réaliser un grand chelem historique.

Las, le GP de Monaco, la sixième course de la saison, verra le premier faux
pas de Michael en 2004. Dominé en qualifications par les Renault de Trulli
et Alonso, ainsi que par la BAR de Button, Schumacher voit ses espoirs de
victoire annihilés en course par la sortie de la voiture de sécurité suite à
l’accident d’Alonso, puis abandonne suite à un accrochage étrange avec
Montoya alors que la course est encore neutralisée.

Schumacher reprend sa marche en avant dès le grand-prix suivant, si bien
qu’au soir du grand-prix de Hongrie, Schumacher compte 12 victoires en 13
courses. Jamais pilote n’avait frappé aussi fort.

Schumacher est définitivement sacré au grand-prix de Spa-Francorchamp , bien
que battu en course par Kimi Raikkonen, son meilleur rival de l’année
précédente.

Une fois titré, Schumacher semble perdre de sa concentration. Il commet
quelques erreurs en qualifications et son coéquipier Barrichello s’adjuge la
victoire à Monza et en Chine. Un peu vexé, Schumacher réalise un superbe
week-end à Suzuka, où il impressionne particulièrement sous la pluie pendant
la première séance d’essais libres.

Mais en fermeture de saison, au Brésil, Schumacher réalise à nouveau une
course moyenne, après avoir commis une nouvelle erreur pendant les essais,
et un tête à queue en course.

Au final, la saison 2004 de Schumacher aura été la saison de tous les
records : 13 victoires, 148 points, c’est encore plus fort qu’en 2002.

Cependant, la fin de saison en demi-teinte de Schumacher a ravivé les
espoirs de ses adversaires en vue de la prochaine saison. Recevront-ils une
nouvelle douche froide ? Réponse en 2005.

Temps forts de la saison :

Dans cette saison si pleine où Schumacher n’a pas levé le pied un seul
instant jusqu’à l’obtention du titre, et où il jouissait d’une voiture
dominatrice, il est difficile de mettre une course en avant en particulier.
Sa victoire en France cependant, où bloqué derrière la Renault d’Alonso en
tête de course, il fait un arrêt supplémentaire non prévu et l’emporte grâce
à une stratégie inédite en 4 arrêts et à une attaque de tous les instants,
restera certainement comme la victoire la plus marquante de la saison.

Résultat :

-Champion avec 148 points (Barrichello deuxième avec 114 points)
-13 victoires (Australie, Malaisie, Bahrein, Saint-Marin, Espagne, Europe,
Canada, USA, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Hongrie, Japon)


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