Riccardo Patrese

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Riccardo Gabriele Patrese est un pilote de Formule 1 italien, né le 17 Avril 1954 à Padoue (Italie).

Sommaire

Biographie

Des débuts dramatiques

Ancien champion du Monde de Karting, champion d’Europe et d’Italie de Formule 3 1976, Patrese débute très jeune en Formule 1, à l’âge de 23 ans à l’occasion du Grand Prix de Monaco 1977. Il pilote alors une Shadow/Ford. D’emblée, Riccardo se fait remarquer par un joli coup de volant mais aussi par une certaine agressivité. Riccardo se taille une réputation de chien fou, voir de pilote dangereux. Au départ du Grand Prix d’Italie 1978, alors qu’il a rejoint les rangs de l’écurie Arrows, il est impliqué dans le carambolage qui coûte la vie à Ronnie Peterson. Dans la cohue d’un départ houleux (le feu vert a été allumé alors que seules les premières lignes étaient immobiles…), la présence de l’Arrows de Riccardo à ses côtés surprend James Hunt. L’Anglais fait un écart afin d’éviter l’accrochage, mais sa McLaren heurte la Lotus de Peterson. De manière assez injuste, Riccardo est pointé du doigt comme le responsable de la mort de Peterson. Et fait unique dans les annales, il est mis au ban de la Formule 1 par ses “camarades” pilotes. Le GP des USA à Watkins Glen se courra sans lui. Riccardo-le-fougueux devient Riccardo-le-maudit. Certains vont même jusqu’à penser qu’il ne fera pas de vieux os en F1…. S’ils savaient ! Après enquête des autorités sportives, Riccardo est blanchi. Mais le mal est fait. Le gentil et réservé Riccardo sera durablement marqué par ce jugement hâtif de ses pairs. Comme une cicatrice qui tarde a se refermer.

Les premiers succès

Vaille que vaille, la carrière de Riccardo se poursuit. Après Shadow, après Arrows, Patrese rejoint enfin un top team en 1982. En l’occurrence Brabham, l’écurie dirigée par Bernie Ecclestone, avec le fantasque ingénieur Gordon Murray et le nouveau champion du monde Nelson Piquet. La saison sera agitée pour Riccardo. Elle commence par la fameuse grève des pilotes à Kyalami. Drôle de casse tête pour Patrese, tiraillé entre sa solidarité envers les pilotes et entre son patron, tout puissant dirigeant de la FOCA ! Vient ensuite l’épisode de Jacarepagua. Sous la canicule brésilienne, Patrese est pris de vertiges. Il part en tête à queue et reprend la piste à contre sens ! Avant de sagement s’arrêter… La saison 1982 ne répond pas totalement aux attentes de Brabham. La mise au point du BMW Turbo accapare le team. Cela n’empêche pas Riccardo de remporter son 1er GP à Monaco avec le Ford Atmo, dans des conditions absolument rocambolesques, la victoire ne s’offrant à lui que dans les tous derniers hectomètres de la course. 1983 aurait pu être l’année Patrese. Mais marqué par une cascade d’incidents techniques, il ne peut faire mieux que d’assister impuissant au triomphe de son équipier Piquet. Nouvelle victoire en Afrique du Sud, ultime GP de la saison, mais éclipsée par le titre de Piquet. L’aventure Brabham se termine dans une certaine amertume, mais avec un palmarès riche de 2 victoires.

La traversée du désert

Patrese trouve alors refuge chez Alfa Romeo (1984 et 1985). Anonymat garanti dans une écurie à la dérive. Puis c’est le retour chez Brabham en 86 et 1987. Délaissée par Bernie Ecclestone, avec un moteur à bout de souffle, les Brabham conservent des lignes sublimes (merci Gordon Murray !) mais les performances ne suivent pas. La mort tragique de son équipier Elio De Angelis achève de saper le moral des troupes début 1986. L’Italien passe près de raccrocher son casque à ce moment-là, mais Ecclestone parvient à le convaincre de continuer.

Cela n’empêche pas Riccardo de se rappeler au bon souvenir de tous, avec un beau podium sur le délicat circuit de Mexico en 1987. L’exploit n’échappe pas à tout le monde. A Adelaïde, Riccardo est appelé par Williams pour remplacer ce bon Nigel Mansell qui a laissé quelques vertèbres sur les murs de Suzuka. Cet intérim annonce son engagement définitif pour 1988. La galère de 1988 avec le moteur Judd n’aura qu’un temps. L’association avec Renault se profile déjà à l’horizon. Après presque 12 années de F1, la carrière de Riccardo … va enfin commencer.

Les années Williams

Excellent metteur au point, Patrese est la nouvelle coqueluche de Frank Williams et de son redoutable acolyte Patrick Head. Même si le Belge Thierry Boutsen décroche deux victoires, c’est Patrese qui accroche le podium du championnat du monde 1989 derrière les intouchables McLaren d’Alain Prost et Ayrton Senna. Patrese enchante le public avec son très beau style, très fluide. L’homme aussi se révèle avec les années. Toujours affable et élégant, Riccardo, c’est la classe à l’italienne. La cicatrice de 1978 est loin. Le pilote Patrese est au sommet de son art et l’homme Patrese, plus épanoui que jamais est devenu l’un des chouchous du paddock. En 1990, il renoue avec la victoire à Imola (7 années après une piteuse sortie de route qui lui avait valu les moqueries de son public, tout acquis à la cause de Patrick Tambay, pilote Ferrari). Quelques semaines plus tard, tout le monde acclame Patrese à Silverstone à l’occasion de son 200ème départ en F1. Un record. (Il est officiellement devenu le pilote le plus assidu lorsqu’il fêta son 177ème GP au Brésil effaçant le record co-détenu par Graham Hill et Jacques Laffite).

Patrese éprouve des sentiments mitigés en 1991. Certes, après 2 années en demi teinte, le tandem Williams-Renault semble en mesure de passer la vitesse supérieure. Mais l’écurie de Grove enregistre le retour du fils prodigue, à savoir Nigel Mansell. Celui-ci exige un contrat béton de 1er pilote qui empêche Patrese de pleinement s’exprimer. Mais Patrese est intenable. Il signe deux succès de très grande classe. A Mexico après un duel musclé avec son chef de file, puis à Estoril. 1991 restera la grande saison de Riccardo Patrese. Tous les espoirs lui sont donc permis en 1992, d’autant plus que Williams a décidé de revaloriser son statut. Las… un gros crash durant les essais hivernaux semble avoir fait perdre ses moyens à Riccardo. Il semble aussi éprouver des difficultés à dompter la révolutionnaire suspension active qui équipe sa voiture. A moins tout simplement qu’à 38 ans, le poid des années commence à lui peser. Alors qu’il pouvait parfois rivaliser avec lui l’année précédente, Riccardo est inexorablement dominé par Mansell. Les écarts prenant parfois des proportions inquiétantes. Peu a peu, Riccardo est confiné dans un triste rôle de porteur d’eau. Il signe sa dernière victoire à Suzuka, alors que Mansell a déjà empoché le titre modial depuis plusieurs semaines.

Fin de carrière et record

Il quitte alors Williams pour Benetton où il ne résiste pas à la tornade Michael Schumacher (qui a déjà mis son ex-équipier Piquet à la retraite) et où ses rapports avec Flavio Briatore s’enveniment rapidement. Sa carrière s’achève alors en fin d’année sur l’incroyable chiffre de 256 GP disputés. Un record qui tient encore fin 2006 quand … Schumacher prend sa retraite après son 249ème Grand Prix.

Après le Grand Prix funeste d’Imola 1994 et le décès d’Ayrton Senna, Williams voudra le faire sortir de sa retraite mais Riccardo refusera, préférant après 17 saisons au plus haut niveau, de consacrer son temps à sa famille et à sa collection de montres. On le verra néanmoins une dernière fois au Mans en 1997.

Fiche Signalétique

  • Italien
  • né le 17 Avril 1954 à Padoue (Italie)
  • Début en GP : Monaco 1977
  • Dernier GP : Australie 1993
  • Nombre de GP disputés : 256
  • Meilleur résultat en course : victoire (6 fois)
  • Meilleur résultat en qualifications : pole position (8 fois)
  • Nombre de points marqués : 281
  • Nombre de podiums : 37
  • Nombre de meilleurs tours : 13

Carrière

Formule 1

  • 1977 Shadow/Ford
  • 1978 Arrows/Ford
  • 1979 Arrows/Ford
  • 1980 Arrows/Ford
  • 1981 Arrwos/Ford
  • 1982 Brabham/Ford, Brabham/BMW
  • 1983 Brabham/BMW
  • 1984 Alfa Romeo
  • 1985 Alfa Romeo
  • 1986 Brabham/BMW
  • 1987 Brabham/BMW, Williams/Honda
  • 1988 Williams/Judd
  • 1989 Williams/Renault
  • 1990 Williams/Renault
  • 1991 Williams/Renault
  • 1992 Williams/Renault
  • 1993 Benetton/Ford

Sport Automobile

  • 1974 Karting Monde Formule SA (Champion)
  • 1975 Formule Ford Italie
  • 1976 Formule 3 Europe (Champion), Formule 3 Italie (Champion)
  • 1977 Formule 2 (4ème), Formule 1 (19ème), Formule Pacific
  • 1978 Formule 1 (11ème), Formule Pacific
  • 1979 Formule 1 (19ème)
  • 1980 Formule 1 (9ème), WSC (3 victoires)
  • 1981 Formule 1 (11ème), WSC (1 victoire)
  • 1982 Formule 1 (10ème, 1 victoire), WSC (2 victoires)
  • 1983 Formule 1 (9ème, 1 victoire)
  • 1984 Formule 1 (13ème)
  • 1985 Formule 1 (non classé)
  • 1986 Formule 1 (15ème)
  • 1987 Formule 1 (13ème)
  • 1988 Formule 1 (11ème)
  • 1989 Formule 1 (3ème)
  • 1990 Formule 1 (7ème, 1 victoire)
  • 1991 Formule 1 (3ème, 2 victoires)
  • 1992 Formule 1 (2ème, 1 victoire)
  • 1993 Formule 1 (5ème)
  • 1994 à 1996 retraite
  • 1997 Le Mans
  • 1998 à 2004 retraite
  • 2005 GP Masters
  • 2006 GP Masters

Palmarès

Titres

Ses 3 participations aux 24 heures du Mans

Année Numéro Voiture Catégorie Copilotes Essais qualificatifs Résultat en course
1 1981 66 Lancia Beta Monte Carlo Groupe V Piercarlo Ghinzani / Hans Heyer 24ème Abandon
2 1982 50 Lancia GR6 Groupe VI Piercarlo Ghinzani / Hans Heyer 5ème Abandon
3 1997 22 Nissan R390 GT1 Aguri Suzuki / Eric van de Poele 3ème Abandon


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