Rubens Barrichello

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de son nom complet Rubens Gonçalves Barrichello

Rubens Barrichello est un pilote de Formule 1 brésilien, né le 23 Mai 1972 à Sao-Paulo (Brésil).

Sommaire

Biographie

Les débuts insouciants

Avec la maison familiale surplombant le circuit d’Interlagos, difficile pour le jeune Rubens d’échapper à son destin. Il parvient à convaincre son père de lui acheter un kart. Son ascension sera rapide. Non seulement Rubens est un jeune pilote doué, mais en plus, il bénéficie du soutien du géant brésilien de l’agro-alimentaire Arisco, qui lui permet de gravir sans traîner les échelons du sport automobile. Il enchaîne les titres de karting au Brésil, avant de partir semer la terreur dans les championnats britanniques de monoplace. Titré en G.M. Euroseries, puis en Formule 3 britannique à l’age de 19 ans, il passe par la Formule 3000, championnat alors à son apogée. Pour sa première et unique saison dans la catégorie, en 1992, le titre lui échappe au profit de Luca Badoer, mais ses performances, remarquables compte tenu de son jeune âge attirent l’œil.

L’écurie Jordan, financièrement exsangue se fait une joie d’accueillir pour la saison 1993 ce jeune pilote prometteur… et qui ne manque pas d’apporter un confortable complément budgétaire. Le talent de Rubens ne tarde pas à éclater. Dès le GP d’Europe à Donington. Tandis que Senna survole les débats sur une piste humide, Rubens est l’un des pilotes les plus rapides en course, et se mêle aux Williams FW15 de Damon Hill et Alain Prost dans la lutte pour le podium. Une panne mécanique ruinera ses efforts à quelques tours de l’arrivée. Mais l’exploit n’a échappé à personne. Le monde de la F1 découvre alors cet attachant bonhomme rondouillard, toujours souriant. C’est aussi le début d’une sincère amitié entre Rubens et Ayrton Senna. Loin de voir en lui un potentiel rival dans le cœur de leurs compatriotes, Senna joue au contraire le rôle du grand frère protecteur et prend Rubens sous son aile.

Le poids de l’héritage

Grand Prix de Saint-Marin 1994 à Imola, premiers essais du vendredi. Alors qu’il aborde une chicane rapide, Rubens perd le contrôle de sa Jordan-Hart qui décolle sur un vibreur, passe par dessus le mur de pneus, heurte les grillages, avant de retomber lourdement sur le nez puis de partir en tonneau. Les commissaires accourent, retournent sans ménagement la monoplace du jeune Pauliste et découvrent Rubens inanimé dans son cockpit. Alors qu’il venait d’effectuer un splendide début de saison, marqué par une quatrième place chez lui au Brésil et un podium au Japon à Aida, Rubens semble fauché en pleine ascension. Pendant de longues heures, la F1 retient son souffle et c’est un énorme soupir de soulagement qui accompagne les premières nouvelles de Rubens. Assommé par le choc, il souffre simplement d’une fracture du nez et du poignet. De retour dans les paddocks le lendemain, contraint au forfait, Rubens, hilare, ne se lasse pas de raconter son aventure et de montrer fièrement ses blessures de guerre. Les derniers instants d’insouciance. Roland Ratzenberger se tue le jour même, avant que Ayrton Senna ne trouve lui même la mort le lendemain pendant la course. Rubens a perdu son grand frère. La saison se poursuit dans une ambiance irréelle, ce qui n’empêche pas Rubens, parfaitement remis de ses blessures de multiplier les prestations de grande classe. Il signe notamment sa première pôle à Spa, et boucle l’année à une remarquable sixième place au championnat. Au Brésil, gavé de succès depuis tant d’années, le temps du deuil cède la place à l’envie de reconquête. Rubens est l’héritier désigné. Un statut extrêmement lourd à porter pour lui, et qu’il tentera même de réfuter.

Pourtant, le même Barrichello ne manque pas de cultiver l’ambiguïté. Comme lorsqu’il arbore les couleurs de Senna mélangées aux siennes sur son casque, ou encore lorsqu’il affirmera le plus sérieusement du monde sentir la présence de Senna à ses cotés lorsqu’il pilote. Rubens ne veut pas être l’héritier, et pourtant, il se présente bel et bien comme tel. Un jeu trouble, une recherche de personnalité qui affecte considérablement ses performances au volant. Tout au long de la saison 1995, son équipier, le baroudeur irlandais Eddie Irvine, détaché de tout problème existentiel, prend progressivement le dessus sur lui. Pire, l’Irlandais décroche même le très convoité deuxième volant Ferrari qui semblait un temps promis à Rubens. Un coup dur pour le jeune Brésilien dont la cote commence à fléchir… y compris au Brésil, où Rubens, surnommé affectueusement mais aussi avec un brin de condescendance “Rubiñho”, commence à lasser. Rarement en mesure de justifier les espoirs placés en lui, souvent en train de se plaindre, Rubens agace. Sa saison 1996 en demi-teinte chez Jordan-Peugeot n’arrange rien. Lâché par Jordan, Barrichello ne cache pas ses contacts avec le championnat CART aux Etats-Unis, signe que la F1 le boude.

La renaissance chez Stewart GP

Le salut de Rubens passe finalement par l’écurie Stewart. Jackie Stewart et son fils Paul viennent de fonder une nouvelle écurie ambitieuse, avec l’appui du géant Ford, et comptent sur Rubens pour en être le fer de lance. Au sein d’un environnement familial, au contact d’hommes de grande expérience, Rubens retrouve son équilibre et son coup de volant. Il réalise plusieurs grandes performances, comme une seconde place sous la pluie de Monaco en 1997, fait du petit bois du Danois Jan Magnussen, pourtant grand espoir du sport automobile, et suscite à nouveau la convoitise des top-teams, comme Williams, fin 1998. Le transfert avortera finalement, mais une nouvelle excellente saison en 1999 lui permet d’être embauché par Ferrari, aux cotés de Michael Schumacher.

Les années Ferrari

La première séance de qualifications de l’année 2000, en Australie, tourne au duel entre Barrichello et Schumacher derrière les McLaren. Jackie Stewart, trés attaché à Barrichello, sera surpris de voir toute l’agréssivité dont fera preuve Schumacher pour venir à bout du brésilien, pour seulement 3 centièmes de seconde. Mais Barrichello ne pourra pas longtemps rester au niveau de Schumacher qui prendra par la suite un net ascendant. La première saison en rouge de Barrichello est globalement bonne et il termine 4eme du championnat derrière Schumacher et les deux Mclaren. Un résultat logique. Au passage, Rubens remporte enfin, après plus de 100 Grand-prix disputés, sa première victoire, en Allemagne, au terme d’un scénario renversant, alors qu’il partait pourtant du fond de la grille. Profitant de l’intervention du Safety Car pour recoller aux leaders, il s’envole vers le succès en tentant le pari de rester en pneus slicks sur une piste humide. Une victoire qui fera plaisir à tout le monde tant le brésilien déborde d’émotion sur le podium.

Après une bonne saison 2000, où il prend ses marques dans l’équipe, Barrichello est plus ambitieux au début de la saison 2001. Plus dure sera la chute. Tandis que son chef de file vole de succès en succès et décroche un deuxième titre mondial consécutif, Rubens Barrichello ne remporte pas la moindre victoire. Sur une voiture plus vive que la F1-2000, l’écart avec Schumacher augmente au lieu de décroitre. Il est soit battu par Schumacher à voiture égale, soit battu par les Williams lorsque les pneus Michelin fonctionnent mieux que les Bridgestone. Il termine 3eme du championnat, derrière David Coulthard. Une déception. D’autant plus embêtant que Barrichello avait rué dans les brancards en début de saison, réclamant plus de considération de la part de son employeur. Difficile à justifier au regard de l’écart de performances le séparant du champion allemand. 2001 reste sa saison la plus délicate chez Ferrari.

Cela ne l’empeche pas de prolonger son contrat au début de la saison 2002, la plus fructueuse pour Rubens Barrichello sur le plan comptable, mais pas la plus glorieuse pour autant. Certes, il est contraint de ceder à Michael Schumacher une victoire méritée dans les derniers tours du GP d’Autriche à Zeltweg dans un final à scandale, mais en contre partie il remporte quatre victoires dont trois ne sont en fait que des cadeaux gracieusement offerts par Michael Schumacher, en Hongrie, à Monza et à Indianapolis. Cependant, en performance pure, Barrichello réalise sa saison la plus pleine. Il est régulièrement menaçant pour Schumacher en qualifications, et proche en course. Il obtient facilement le titre de vice-champion du monde.

A l’orée de la saison 2003, Barrichello est plein d’ambition. Sa bonne saison 2002 lui donne une grande confiance. Mais Ferrari est en difficulté avec ses gommes, et est bien souvent dominée par ses rivales. Dans cette situation, Schumacher est plus intraitable qu’en 2002. Barrichello fera quelques coups brillants, comme lors de sa victoire à Silverstone, remportée avec panache et agressivité, mais son manque de régularité sur une voiture difficile se fera vivement sentir. Jamais il ne fut dans la course au titre. Il termine 4eme du championnat.

Mais le brésilien est un optimiste. Satisfait de ses quelques trés bonnes performances de 2003, pendant lesquelles il semble prendre le dessus sur Schumacher, il aborde une nouvelle fois la saison suivante avec la ferme intention de déboulonner son chef de file de son piedestal. Hélas, en cette saison 2004, Schumacher ne commet aucune erreur contrairement à 2003, et semble plus motivé, constant et rapide que jamais. Barrichello ne pourra que subir une nouvelle fois l’écrasante domination de l’allemand et selon Ross Brawn, prendre un certain coup au moral. Pour la première fois depuis son arrivée chez Ferrari, Barrichello semble réellement se résigner à ne pouvoir battre Schumacher à la régulière. En fin de saison, profitant de la décompression de son chef de file qui vient de s’offrir son septième titre mondial, il signe néanmoins deux autoritaires victoires en Italie et en Chine. Rubens prolonge son contrat chez Ferrari pour 2005. Hélas, la F2004-M et la F2005 ne lui permettront pas de gagner la moindre course. En effet, la Scuderia Ferrari subit comme ses pairs les incéssants changements de règlementation et la dernière en date (un seul train de pneu pour les qualifications et la course) sera fatale à la marche triomphale de Maranello. Chaussée en Bridgestone, les Ferrari ne parviendront pas à gagner si ce n’est à Indianapolis suite au retrait des équipes Michelin. Rubens prendra néanmoins une leçon de courage et d’abnégation de la part de Schumacher et fera des courses sans éclats. Ce qui devait arriver arriva. Ferrari annonce la titularisation de Felipe Massa au côté de Michael Schumacher pour la saison 2006. Rubens prendra donc la direction de Brackley en 2006 chez BAR où il fera équipe avec Jenson Button pour un “nouveau challenge”, battre Schumacher et Ferrari.

Fiche Signalétique

  • Brésilien
  • né le 23 Mai 1972 à São Paulo (Brésil)
  • Début en GP : Afrique du Sud 1993
  • Dernier GP : Chine 2005
  • Nombre de GP disputés : 215
  • Meilleur résultat en course : victoire (9 fois)
  • Meilleur résultat en qualifications : pôle position (13 fois)
  • Nombre de points marqués : 489
  • Nombre de meilleurs tours : 15
  • Nombre de podiums : 61
  • Site Web : http://www.barrichello.com
  • marié avec Silvana, un fils (Eduardo)

Carrière en F1

  • 1993 Jordan/Hart
  • 1994 Jordan/Hart
  • 1995 Jordan/Peugeot
  • 1996 Jordan/Peugeot
  • 1997 Stewart/Ford
  • 1998 Stewart/Ford
  • 1999 Stewart/Ford
  • 2000 Ferrari
  • 2001 Ferrari
  • 2002 Ferrari
  • 2003 Ferrari
  • 2004 Ferrari
  • 2005 Ferrari
  • 2006 Honda

Palmarès

  • 1990 Champion d’Europe de Formule Opel
  • 1991 Champion d’Angleterre de F3
  • 2000 Champion du Monde de F1 des Constructeurs avec Ferrari
  • 2001 Champion du Monde de F1 des Constructeurs avec Ferrari
  • 2002 vice-champion du Monde de F1 avec 4 victoires, Champion du Monde de F1 des Constructeurs avec Ferrari
  • 2003 Champion du Monde de F1 des Constructeurs avec Ferrari
  • 2004 vice-champion du Monde de F1 avec 2 victoires, Champion du Monde de F1 des Constructeurs avec Ferrari


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